Bienvenue sur le nouveau blogue de l’AAMSL!

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C’est avec plaisir que nous vous accueillons dans ce cybercarnet.

Ce blogue se veut un outil de partage et de communication, un lieu où vous pourrez en apprendre davantage sur les anciens du Mont-Saint-Louis. Ainsi, nous partagerons des nouvelles au sujet de nos anciens et à l’occasion nous vous rendrons compte de ce qui se passe au Collège.

Suivez les actualités sur lesquelles nous attirerons votre attention.

Merci de vous joindre à nous!

Les Brèves Avril 2017

Colin L. Racicot, promotion 2007

Les Rénos, une nouvelle websérie parodiant des émissions de rénovations. Avec: Marie-Soleil Dion, Simon Lacroix, Virginie Ranger-Beauregard, Jeff Boudreault, Mathieu Handfield, Marie-Claude Guérin, Karl Farah. Réalisé par: Colin L. Racicot

Félix Lamarche, promotion 2005

Les terres lointaines, sortie en salle le 24 mars 2017. Le film de Félix Lamarche a remporté le prix Pierre et Yolande Perrault, présenté par Hydro-Québec – pour le Meilleur premier ou deuxième long métrage documentaire #RVCQ2017 de Québec Cinéma.

Hugo Bélanger, promotion 1990

Chine: Hugo Bélanger aux commandes « C’est le saint Graal du Cirque, qui cherche à percer le marché chinois depuis au moins 20 ans ! En s’associant au groupe chinois Fosun (qui détient 20 % des actions du Cirque), Daniel Lamarre estime avoir enfin le bon partenaire pour gagner son pari. Sa conquête débutera par la présentation du spectacle sous chapiteau Kooza le 1er octobre à Shanghai, puis à Pékin et dans cinq autres villes. Toruk, qui devait être présenté cette année, a été repoussé à la fin de 2018. Mais la pièce maîtresse du Cirque est son spectacle permanent, qui sera présenté à Hangzhou en 2018 dans un théâtre de 1800 places en construction. Le spectacle mis en scène par Hugo Bélanger (du Théâtre Tout à Trac) est déjà très avancé, nous a dit le PDG du Cirque. « Ce sera un spectacle sur le thème de l’Ouest qui rencontre la Chine, donc c’est un peu la rencontre de la culture internationale et de la culture chinoise. » La Presse+ 8 mars 2017

Avis de décès

Le 9 mars dernier, un de nos anciens a eu la délicatesse de nous informer du décès de son confrère de classe, le célèbre animateur radio Denis Grondin. Nous avons ainsi appris que Monsieur Grondin qui a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1963 à 1968 « fut un des instigateurs de la radio étudiante au MSL puis continua par la suite au Cégep du Vieux-Montréal. » L’AAMSL offre ses condoléances à la famille de Monsieur Grondin ainsi qu’à ses proches.

Regard sur le parcours d’André-Noël Chaker, promotion 1983

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Par Florence Bélanger-Morin, promotion 2011

André-Noël Chaker, diplômé en droit de l’Université Mc Gill et membre du barreau du Québec et de New York, travaille pour un cabinet d’avocats montréalais depuis peu lorsqu’il reçoit un appel du président d’une organisation internationale à la recherche d’un jeune juriste capable d’affronter l’hiver. C’était il y a près de 25 ans.

À son arrivée en Finlande, il occupera le poste de secrétaire général du conseil international des sciences du sport et de l’éducation physique (CIEPSS) et peu de temps après, il deviendra le directeur marketing de la candidature pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver de Helsinki. Il a en effet été le lobbyiste principal de ce projet qu’il décrit comme « un petit rêve » qu’il espère encore voir se réaliser. Quelques années plus tard, il sera nommé directeur des affaires juridiques du Championnat du monde d’athlétisme, Helsinki, 2005. Par la suite, il occupera un poste de directeur de la loterie nationale pendant 9 ans.

C’est à Aalto University de Helsinki qu’André-Noël Chaker a complété un diplôme de 2e cycle (MBA, Finance & IT).

Au fil des années, le Finlandais d’adoption est devenu l’orateur le plus recherché du pays. En 2012, il reçoit le prix de l’orateur de l’année, honneur qu’on lui accorde aussi en 2014 (Speaker, Moderator and Trainer of the Year 2014). Le communicateur a un talent certain pour animer une foule même en parlant affaires en finnois!

Notre ancien nous confie avoir trouvé son équilibre dans cet État d’Europe du Nord, ajoutant que ce magnifique pays lui a appris l’humilité. Il affirme d’ailleurs que la Finlande est un pays sécuritaire, respirant la paix sociale et présentant un modèle de socialisme intelligent. Dans un livre publié en 2011, André-Noël Chaker s’intéresse aux aspects économique, politique et social d’un pays qu’il connait bien. Il est question de tolérance, d’intégration, de solidarité, d’égalité et d’ouverture. The « Finnish Miracle » présente toute l’admiration d’un immigrant canadien pour ce pays et son peuple.

Helsinki, octobre 2016

L’entretien est plus ou moins formel puisqu’il se déroule au cours d’un brunch familial. À mes cotés, le plus grand orateur de la Finlande est attablé avec sa famille, une famille finnoise pure laine!

Les souvenirs se bousculent, les anecdotes s’enchainent, on passe de l’anglais au français, on parle de Saint-Laurent où il habitait (il était moniteur dans les parcs lorsqu’il était adolescent), de la musique (il était chanteur dans un groupe lorsqu’il était au secondaire), du sport qui a toujours occupé une place importante dans sa vie, des années passées au Collège.

« Sans mon passage au Mont-Saint-Louis, je ne serais pas là où je suis actuellement. »

André-Noël Chaker a été président de l’AGE en 4e et en 5e secondaire, ce qui ne l’a pas empêché de vivre pleinement sa passion pour la musique. Son père qui était plutôt conservateur voyait

évoluer son seul garçon (André-Noël a trois sœurs) en s’inquiétant de son allure de rock star. Heureusement, des enseignants du MSL ont eu de bons mots à l’endroit de leur élève, rassurant un peu le paternel.

Richard Philie, (initiation au Latin et Latin), capable de capter l’attention de ses élèves, a marqué notre ancien de façon positive. Il se souvient aussi de Michel Lepage (Histoire), dont les cours étaient toujours intéressants. Enfin, l’évocation du nom de Bruno Roy (Français), devenu président de l’Ordre des écrivains du Québec, le fait aussi sourire. C’est que l’avocat devenu écrivain et orateur composait des poèmes quelque peu provocateurs lorsqu’il était en 5e secondaire, ce qui n’empêcha pas Monsieur Roy de prédire qu’il deviendrait un jour un grand écrivain! Le maître avait vu juste… André-Noël Chaker est l’auteur de six livres et il travaille actuellement à une 7e publication.

On parle de la musique. Nous connaissons tous les deux le guitariste professionnel Martin Bachand avec lequel il a fait de la musique lorsqu’il était au Mont-Saint-Louis. Des années plus tard, alors qu’il est établi en Finlande, le mélomane a l’audace de former un autre band, les Frogs. Et cette passion pour la musique, ce talent pour le chant, il s’en sert même dans son travail. En effet, à l’occasion l’orateur original pousse quelques notes pendant un discours ou fait tout bonnement chanter son auditoire!

André-Noël Chaker est ambitieux et même si ses accomplissements sont déjà admirables, il continue à imaginer d’autres projets. Il travaille actuellement à l’écriture d’un nouveau livre qui devrait sortir en 2017. Dans « Speak or die ? », l’auteur traitera des mythes associés à l’art oratoire. Un projet de film basé sur son livre « Santa’s Dream » est également évoqué.

Il a choisi de prendre la parole, il s’exprime avec éloquence en public comme en privé, en finnois, en anglais et en français. Le juriste, l’écrivain, l’homme d’affaires, le modérateur fait partie de l’élite de son pays d’adoption, le cinquième plus vaste pays de l’Union européenne. L’homme aux multiples talents a construit autour de lui un vaste réseau d’amis et de contacts professionnels qui dépasse les frontières de la Finlande.

Nul doute que cet ancien du Mont-Saint-Louis n’a pas fini de nous surprendre!

André-Noël Chaker était modérateur à l’événement Smash (Slush side-event) dédié au sport, à la technologie et aux jeunes entreprises innovantes, qui se tenait à Helsinki en novembre 2016.

« The Smash Host 2016 is André Noël Chaker. He is a French Canadian lawyer who immigrated to Finland over 20 years ago. During these years, he has grown into a highly appreciated business and social thinker. He has been a successful executive in many industries and strongly involved in the sports and music community in Finland. André is rare bread amongst public speakers. He is one part business guru, one part Finnish anthropologist and one part brilliant stand-up comic and singer. André was voted the Speaker of the Year 2012 by the customer of Speakers Forum Finland. Smash is the world’s first meeting place where sports, passion and technology will find each other. »

Exposition « Électron libre » sur l’architecte Luc Durand, au Mont-Saint-Louis du 28 avril au 18 mai 2017

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Architecte touche-à-tout, Luc Durand a réalisé de nombreux projets significatifs au Québec et ailleurs, dans une carrière cosmopolite qui traverse le vingtième siècle, de la Suisse d’après-guerre autour de Le Corbusier, au recouvrement actuel de l’autoroute Décarie, en passant par l’Inde de Gandhi, le Pavillon du Québec à l’Expo 67 et le village olympique. Se déployant dans différents espaces du Collège Mont-Saint-Louis, l’exposition dévoile plusieurs photos et dessins, maquettes, aquarelles, meubles et sculptures dans une présentation vivante et didactique pour les élèves à qui la carrière de Luc Durand suggère un bel exemple de créativité et d’audace.

Né à Montréal en 1929, Luc Durand fait ses études au Mont-Saint-Louis de 1941 à 1949, puis entre à l’École des Beaux-Arts de Montréal et y complète la première année d’études en architecture. Il quitte alors le pays pour étudier à l’école d’architecture de l’Université de Genève. Diplômé en 1957, il ouvre son bureau à New Delhi deux années plus tard. Outre des résidences, des édifices commerciaux et industriels, Luc Durand y réalise 18 pavillons d’exposition au World Agricultural Fair de 1959 et au Indian Industries Fair de 1961, ainsi que la conception de mobilier et le design de textile. Il travaille également sur le premier plan directeur de la capitale indienne.

De retour au Québec en 1962, l’architecte dessine le Pavillon du Québec pour l’Expo 67, devenu emblème de la Révolution tranquille. En 1966, il fonde la Société pour le Renouvellement de l’Est de Montréal, pour déplacer le centre-ville vers l’est de l’île, et la Place Dupuis et la Place Frontenac voient le jour. Il est professeur agrégé à l’École d’architecture de l’Université Laval en 1968 puis son directeur l’année suivante. Plusieurs années avant la création de l’UQAM, il imagine l’Université ouvrière de l’Est, vaste campus implanté du Mont-Royal au parc Lafontaine. En 1974, avec Roger D’Astous, il construit le village olympique pour les Jeux de 1976, expérience unique d’habitation en Amérique du Nord, et icône du paysage métropolitain. Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, il participe à plusieurs concours internationaux et construit diverses résidences dans les Laurentides.

L’exposition illustre la créativité d’un bâtisseur curieux et intéressé par toutes les facettes de l’organisation spatiale. Ces projets racontent un dialogue, celui avec un savoir-faire atypique et singulier où la liberté d’action fut toujours revendiquée. L’œuvre de Luc Durand est un exemple de travail et de ténacité pour la communauté estudiantine du Collège Mont-Saint-Louis.

« Électron libre » est conçue par le réalisateur et commissaire Etienne Desrosiers, dont le film documentaire  Roger D’Astous  a obtenu un vif succès public et critique en 2016. Ce film raconte la vie et l’œuvre de l’architecte Roger D’Astous, associé de Luc Durand, et également un ancien du Mont-Saint-Louis (de 1938 à 1946).

À l’occasion de l’exposition on pourra aussi se procurer la première monographie sur Luc Durand, sous la direction de Etienne Desrosiers, avec les contributions de l’écrivaine new-yorkaise Mary N. Woods, ainsi que les intellectuels québécois Lucie K. Morisset, Luc Noppen et Philippe Côté.

Le vernissage aura lieu le mercredi 26 avril de 17 h 30 à 19 h en présence de M. Luc Durand.

 

 

 

Campagne majeure de financement 2016-2021

Le Collège Mont-Saint-Louis a entrepris récemment la construction d’un nouvel édifice à vocation scolaire et sportive. Le lancement d’une campagne majeure de financement se tiendra le 2 mai 2017.

La campagne s’articule autour de trois projets qui permettront au MSL de poursuivre sa mission en s’adaptant aux réalités nouvelles   :

  • Construction d’un édifice à vocation scolaire et sportive : un gymnase double avec gradins, une salle d’entraînement et six locaux de classe..
  • Rénovation de la palestre et développement des arts : transformation de la palestre en un lieu dédié aux arts.
  • Développement d’un fonds de soutien : création d’un fonds de dotation afin d’augmenter le nombre de bourses offertes à des familles en situation financière précaire et appui financier au service de soutien aux élèves.

La Fondation fera appel à la générosité de toute la communauté MSL afin d’appuyer le Collège dans la réalisation de projets mobilisateurs.

Pour plus d’information et pour appuyer la Fondation

Les activités régulières de la Fondation

Tournoi de golf et Vélotour : au Club de golf Rosemère, le jeudi 15 juin 2017. Claude Mailhot, promotion 1967 et Russell Miller, promotion 1981, sont les présidents d’honneur de la 18e édition du tournoi de golf.

 Vélotour MSL Dans le cadre de la 18e édition du tournoi de golf de la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis, venez participer à la 2e randonnée à vélo organisée en collaboration avec Daniel Boileau, enseignant au Collège de 1973 à 2007 et Jean-Sébastien Leroux, enseignant au Collège.

Pour une 2e année, la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis s’associe à la famille Boileau-Long pour cet événement. Une partie des profits de l’activité vélo seront remis à la Fiducie Familiale MJG Boileau/Long, une fiducie  fondée en 2011 afin d’aider trois enfants de la même famille atteints de la fibrose kystique.

Soirée-bénéfice : au Collège Mont-Saint-Louis, le jeudi 8 février 2018. Deux formules : Cocktail dînatoire et spectacle ou spectacle seulement. Une occasion pour les anciens de se revoir en appuyant la Fondation du Collège.

Construction d’un édifice à vocation scolaire et sportive au Mont-Saint-Louis

Le Mont-Saint-Louis et sa tradition sportive

Depuis sa fondation, le Mont-Saint-Louis est connu comme une maison d’enseignement qui valorise la pratique de différents sports. Dans les premières années, la maxime mens sana in corpore sano, qui signifie « un esprit sain dans un corps sain », décrivait bien le fait que l’activité physique était partie intégrante de la formation de l’élève. En effet, les récréations et les journées de congé ont souvent été l’occasion pour les élèves de pratiquer un sport ou de faire des activités physiques. De plus, de nombreux événements sportifs avaient lieu au cours d’une année scolaire. Depuis longtemps déjà nos Kodiaks se démarquent : Là où Kodiak va, Kodiak vainc!

C’est connu, le Mont-Saint-Louis offre un choix varié d’activités sportives. Maintenant affilié au RSEQ du Lac Saint-Louis, le Collège propose aux jeunes plusieurs activités sportives compétitives. En effet, plus de 400 élèves défendent chaque année les couleurs des Kodiaks en pratiquant leur sport préféré comme l’athlétisme, le badminton, le basketball, le flag-football, le football, le soccer ou le volleyball. D’autres préfèrent le sport récréatif et s’inscrivent entre autres au club plein air ou au club de ski.

MSL en forme, un programme qui fait bouger la communauté du MSL

Afin de promouvoir l’activité physique, de bouger dans un contexte non compétitif, d’adopter de meilleures habitudes de vie, de découvrir de nouvelles activités, de réduire le niveau de stress, un nouveau projet a vu le jour en 2014 : MSL en forme. Tout au long de l’année, de nouvelles activités physiques sont proposées aux élèves, aux membres du personnel et même aux parents. L’objectif est de faire découvrir aux gens de la communauté du MSL de nouvelles passions.

La construction du nouvel édifice n’a pas pour objectif d’augmenter la clientèle du Collège, mais de bien servir les 45 groupes qu’il peut héberger. Le Mont-Saint-Louis doit offrir à ses élèves des installations qui se comparent avantageusement à celles proposées dans le réseau des établissements privés.

Un gymnase double avec gradins, une salle d’entraînement et six locaux

  • Coût du projet : 11 M$
  • Début de la construction : juin 2016
  • Durée prévue des travaux : un an
  • Inauguration prévue : rentrée 2017

Le 6 mai, j’ai ma santé en tête

Le Collège Mont-Saint-Louis invite les élèves, leurs parents, leurs amis, les membres du personnel et les anciens du Collège à participer au défi sportif qui aura lieu le samedi 6 mai, au Parc des Hirondelles, à Ahuntsic. Cette activité est une initiative de deux  élèves de la 5e secondaire, Justine Frenette et Lili Grieco-St-Pierre. L’événement est organisé par ces deux élèves, la Fondation du Collège, le service du soutien aux élèves et la vie étudiante. À la demande des deux jeunes, une partie des profits liés à cette activité sera remise à la Fondation Jeunes en tête (fusion récente de la Fondation des maladies mentales et de la Fondation Québec Jeunes).

Chaque année, le service du soutien aux élèves accompagne des jeunes qui vivent des défis en santé mentale. À cet effet, la Fondation Jeunes en tête, à travers son programme Solidaires pour la vie, anime gratuitement des ateliers de prévention pour les élèves du Collège.

Les participants doivent choisir une activité et s’inscrire en faisant un don à la Fondation du Collège, qui remettra 50 % des profits à la Fondation Jeunes en tête.

Inscriptions en ligne www.msl.qc.ca

Les activités proposées sont: Course de 2 km, 5 km ou 10 km, Marche de 5 km, MSL dans le parc, Défi Kodi Cardio plein air.

Il est aussi possible de faire un don plus important  ou de faire un don sans participer pour soutenir la cause. Un reçu d’impôt sera remis par la Fondation du Collège.

La Direction de la santé publique de Montréal affirme que « la pratique régulière d’une activité physique permet de réduire les symptômes de dépression légère, peut aider à améliorer la santé mentale et peut prévenir certains troubles mentaux en agissant sur la confiance en soi et l’image de soi ». 1

Il est clair que l’activité physique réduit les symptômes d’anxiété et de dépression, qu’elle est un antidote éprouvé contre le stress et qu’elle a une influence positive sur l’humeur.

 Saviez-vous que?

50 % des problématiques de santé mentale débutent avant l’âge de 14 ans et 75 % avant l’âge de 24 ans 2

20 % des enfants et adolescents (1 sur 5) pourraient souffrir d’une maladie mentale 3

Les troubles anxieux touchent entre 10 % et 20 % des enfants et des adolescents 4

La dépression majeure touche 7 % des jeunes avant la fin de l’adolescence 5

Un million de jeunes Québécois ont été sensibilisés par la Fondation des maladies mentales et son programme « Solidaires pour la vie » depuis sa création en 1998 6

Depuis maintenant trois ans, le programme MSL en forme permet aux élèves et aux membres du personnel du Collège de bouger pour rester en forme physiquement et mentalement. La Fondation du MSL soutient les initiatives du Collège et participe à la réussite de MSL en forme, notamment en achetant des équipements de mise en forme comme les vélos de spinning.

  1. Carrière, Annie-Michèle. “Les bienfaits psychologiques de l’activité physique”, Psychologie Québec. Volume 20, numéro 4, juillet 2003, p. 15-17.
  2. Atelier de sensibilisation à la dépression chez les adolescents, Fondation des maladies mentales, 2017
  3. Hôpital Douglas, institut universitaire en santé mentale, site Internet mai 2014
  4. Hugues Simard, M.D., pédopsychiatre, et l’équipe de la clinique spécialisée des troubles anxieux du CHU Sainte- Justine, site Internet Revivre
  5. Patricia Garel, M.D., psychiatre, et François Maranda, M.D., psychiatre, CHU Sainte-Justine, site Internet Revivre
  6. Fondation des maladies mentales

LA FOUGÈRE ET L’ASTRAGALE

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Serge Bouchard

Chronique: La fougère et l’astragale, L’Inconvénient, 8 octobre 2012.

Ces derniers jours, je me suis pris les pieds dans d’anciennes amours. Nul n’échappe aux rappels de la mémoire naïve. Cela fait du bien de se remémorer, d’imaginer encore, c’est-à-dire de revisiter des lieux imaginaires que le temps ne réussit pas à effacer. Je me revois à l’âge de treize ans, en un beau mois de septembre. Je commençais mon cours classique dans un collège de Montréal, frais comme une herbe du printemps, propre comme du neuf, encore petit par rapport aux grands qui nous impressionnaient, évidemment. Je portais un veston foncé, une chemise blanche et une cravate mince, j’avais les cheveux courts, l’œil bien ouvert, la tête en orgueil, mais j’étais quand même sur mes gardes, allant au pas prudent de l’enfant qui déambule dans les corridors inconnus de son petit destin, en route vers ce qui allait devenir ma vie, pour les huit prochaines années. Ce fut une époque cruciale que ce mois de septembre de l’année 1959. Je me souviens de la beauté des jours, du taxi de mon père qui, pour la grande occasion de la rentrée, nous avait reconduit jusqu’aux portes du collège, mes deux frères et moi. Papa avait insisté pour que nous lavions la Chevrolet Delray afin que sa couleur noire fasse digne impression de limousine. Trois garçons de Pointe-aux-Trembles qui faisaient ensemble leur entrée dans un collège classique du centre-ville de Montréal, cela n’était pas ordinaire.

Il y avait d’ailleurs des entrées : d’imposantes grilles noires en fer ouvré perçaient à intervalles réguliers un beau muret de pierre. Cela donnait un petit parc séparant le collège de la rue animée. Mais surtout, cela donnait encore plus de décorum à l’univers dans lequel nous faisions nos premiers pas. Le collège Mont-Saint-Louis affichait une architecture témoignant des bâtiments institutionnels de la fin du 19e siècle. Il avait été érigé en 1875, je crois. Il impressionnait par sa façade en pierres taillées grises, ses grandes portes et ses nombreuses fenêtres en bois. Rien qu’à voir, on voyait bien que nous entrions dans un lieu sacré où tout respirait l’école, les élèves, les souvenirs des anciens, le passage du temps, le timbre de la cloche. Je me souviens des grands escaliers, assez larges pour que nous montions quatre élèves côte à côte, posant nos pieds sur des marches usées par des générations de petits culs comme nous.

Cette année-là, le premier ministre Maurice Duplessis mourut dans une cabane en bois rond, un camp de pêche au cœur des régions sauvages de Shefferville. Je n’ai jamais aimé ce nom, Shefferville, mais qui se soucie de bien nommer les trous de mines ? Qui était ce Sheffer ? S’agissait-il d’un patron de la Quebec North Shore ? Non. Nous étions encore en religion et ce Sheffer, Lionel de son prénom, était un oblat de Marie, vicaire de ces vastes parages nordiques, le pays des Montagnais. C’était au temps d’un ancien plan Nord, le paradis de l’Iron Ore, deux cennes noires la tonne de minerai de fer, le train pour Sept-Iles, une source intarissable de richesse pour le trésor public. Selon les analystes, nous vivions cette année-là les derniers instants de la Grande Noirceur. Mais nous, en ce mois de septembre 1959, nous ne savions pas cette noirceur, nous ne savions rien de cette fin d’époque, nous faisions simplement nos premiers pas dans un univers rempli de défis et de choses curieuses, nous pénétrions dans les dédales d’un collège. Ce présent nous suffisait bien. Dès le premier jour, je rencontrai le frère Martial, préfet de discipline. Tous les nouveaux devaient se présenter dans son bureau. S’appeler Martial et s’occuper de discipline, cela vous commence bien les Éléments Latins. Ce frère effrayant avait des pellicules bien visibles sur les épaules noires de sa soutane. Son regard était bleu de glace, nous en étions quittes pour vivre dans la crainte de Dieu. Puisque je ne croyais pas en Dieu, je vivais dans la crainte, tout court, ce qui m’a formidablement bien préparé à la lecture des œuvres d’Albert Camus. Cela, toutefois, est une autre histoire, ou s’agit-il toujours de la même ?

Vinrent les amis, des enfants encore. Nous allions devenir des hommes en partageant les mêmes classes pendant huit ans. Nous arrivions de partout, de tous les lieux, de tous les milieux, de Verdun, de Ville-Émard, de Pointe-aux-Trembles, d’Ahuntsic, d’Hochelaga et de Tétreaultville, de ces endroits improbables où les jésuites du collège Brébeuf n’espéraient pas récolter des âmes. Le Mont- Saint-Louis, je le sais mieux aujourd’hui, n’était pas un collège comme les autres. L’institution représentait le fleuron des Frères des écoles chrétiennes à Montréal. Les prêtres jésuites regardaient de haut ces frères vulgaires dévoués à la cause de l’éducation populaire. Au Mont-Saint-Louis, le cours classique n’était pas l’apanage des riches, des bons bourgeois et de l’assemblée des snobinards canadiens-français. Des garçons comme moi pouvaient fréquenter l’inaccessible et le mythique. Cependant, l’enseignement des frères n’était pas exactement celui des pères. Notre gymnase était immense, le sport revêtait une grande importance au sein du curriculum. En outre, dans le corridor du deuxième étage s’entassait une immense collection d’animaux sauvages empaillés, la collection complète des travaux des Jeunes Naturalistes accumulés au fil des ans. Les Frères des écoles chrétiennes avaient introduit la dimension scientifique dans leur programme, au grand dam des jésuites qui s’accrochaient aux «humanités» dans leurs définitions les plus pures. Bref, le Mont-Saint-Louis avait adopté une pédagogie qu’on pourrait qualifier de moderne. Influencés par leurs collègues américains, les frères essayaient de désempoussiérer les cadres obsolètes des communautés religieuses dominantes pour qui les Canadiens français étaient des bourgeois et des clercs s’ils étudiaient les humanités ou rien du tout s’ils étaient ouvriers. Le commerce, les sciences physiques ou les sciences de la vie, tout ce savoir n’avait aucune pertinence au vu d’une élite encore enfermée dans ses dogmes religieux.

Le frère Marie-Victorin, Conrad Kirouac de son vrai nom, avait été le champion de cette grande lutte entre les tenants d’une pédagogie ouverte et les défenseurs de la tradition classique. Il s’était battu griffes et ongles pour créer son Laboratoire de botanique à l’Université de Montréal et y était parvenu. Il écrivit une thèse de doctorat remarquable sur les fougères. Au lendemain de la crise de 1929, il allait fonder le Jardin Botanique de Montréal. Jacques Rousseau, le grand explorateur du Nord québécois, l’homme de combat, l’homme de toutes les indignations, avait été son élève, il était devenu son second. Sous l’égide de Marie-Victorin, Rousseau allait rédiger trois chapitres de la Flore Laurentienne. Dans la foulée de son maître qui avait marché la Minganie et combien de milieux naturels du Québec, Rousseau élargit le champ d’enquête et traversa à pied la forêt boréale, jusque dans la toundra. C’est lui, ce Jacques Rousseau, qui organisa la première exposition des Jeunes Naturalistes, nulle part ailleurs qu’au  Mont-Saint-Louis, en 1928. Les deux hommes furent aux sources de la création de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences.

Les libéraux de Taschereau ne tenaient pas ces pionniers en odeur de sainteté. Ou était-ce que Rousseau, Marie-Victorin et les autres ne respiraient pas assez la sacristie ? Tant et si bien que le premier ministre Alexandre Taschereau fut l’adversaire le plus féroce de la construction du Jardin Botanique de Montréal. En 1932, sous la gouverne de même Taschereau, on songea à simplement fermer l’Université de Montréal, jugée superflue et inutile. On parlait alors du coût de l’éducation et de l’incapacité des Canadiens français à se payer un vrai système. Curieusement, c’est un nouveau venu en politique, un dénommé Maurice Duplessis, qui allait devenir l’allié de Marie-Victorin et des Frères des écoles chrétiennes dans cette lutte épique contre l’establishment clérical. Le carré rouge, à l’époque, était bleu.

Décidément, le Mont-Saint-Louis tranchait. On y trouvait des laboratoires de biologie, des herbiers et, je le disais plus haut, ces impressionnantes collections d’animaux empaillés représentant le bestiaire complet de la forêt canadienne. Jacques Rousseau avait fait sa thèse sur une nouvelle plante sauvage qu’il avait lui-même découvert, l’astragale. Oui, le collège respirait la fougère et l’astragale, il s’ouvrait d’emblée sur les richesses de la terre québécoise. Marie-Victorin soutenait que nul ne pouvait vraiment se réclamer d’un pays s’il ne l’avait nommé, dit, parcouru, appris, découvert, aimé. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi, dans nos cours, on nous entretenait autant des truites mouchetées et des loups gris que d’architecture romaine ou de Scipion l’Africain. Le Mont-Saint-Louis parlait du pays et de la terre, de l’amour de ses arbres, de ses animaux, de ses oiseaux, de ses poissons, de ses moustiques, de ses mouches, de ses paysages. Dans les approches pédagogiques d’aujourd’hui, je revois l’écho de ces anciens programmes liés à la connaissance de la nature, de la géographie et de l’histoire.

Le mythe était plus grand encore : les fils d’Yvon Robert et de Maurice Richard fréquentaient notre collège. Certes Marie-Victorin avait été le champion de la Science et de l’Éducation. Il jouissait d’une grande notoriété et avait légué un riche héritage malgré son départ prématuré. En effet, il mourut tragiquement en 1944 lors d’un bête accident d’automobile au retour d’une expédition botanique dans les Cantons de l’Est. Mais en 1959, Maurice Richard au hockey et Yvon Robert à la lutte représentaient les véritables héros de la nation, les vengeurs de nos humiliations nationales, par la force et par la fougue, chacun dans sa discipline sportive. Juste ces deux noms, Robert et Richard, associés à notre collège, lui donnaient une dimension surhumaine.

En 1900, les Canadiens français ne jouaient pas au hockey. Certains cyniques diraient qu’ils ne jouaient à rien, mais ce serait exagéré. Les tournois d’hommes forts, les courses en raquettes et les marathons excitaient bien des esprits canadiens. Quant au hockey sur glace, c’était un sport nouveau. Les Anglophones de Montréal, de Kingston et de Québec le pratiquaient avec passion. Ils jouaient entre eux. Seuls les Irlandais catholiques avaient osé s’aventurer sur leurs patinoires. C’est ainsi que le Montreal Shamrock des Irlandais jouait régulièrement contre le Montreal Athletic des Anglais ; ces matchs revenaient trop souvent au goût des autorités puisqu’ils atteignaient de hauts niveaux de violence ethnique, provoquant des rixes et des émeutes qui nécessitaient l’intervention des forces de police municipales. Détail amusant : dans la police de Montréal de ce temps-là, se retrouvait une future légende du peuple, l’homme le plus fort du monde, Louis Cyr.

Or, voilà bien la surprise, le Mont-Saint-Louis fut au cœur de la naissance du hockey canadien- français. À cette époque, le collège accueillait les élèves irlandais anglophones. L’institution fut longtemps bilingue. La filière irlandaise explique pourquoi le père d’Émile Nelligan inscrivit son fils au Mont-Saint-Louis, autre source de fierté. Les petits Canadiens fréquentaient les petits Irlandais dans la même cour d’école où, fidèles aux traditions des frères, les deux groupes pratiquaient les sports ensemble. Cherchant à rendre la vie plus misérable aux Anglais, les Irlandais initièrent les Canadiens au hockey sur glace. C’est donc au Mont-Saint-Louis, sous l’influence irlandaise, que se forma la première équipe de hockey canadienne-française digne de jouer avec l’élite. En 1959, nous ressentions instinctivement tout le poids de cette histoire. Le Canadien de Montréal fêtait ses cinquante ans, Maurice Richard avait marqué cinquante buts en cinquante parties, comment ne pas courir aux jeux autant qu’à la chapelle ? Les frères attachaient une grande importance à ce genre de choses, ils avaient pris très au sérieux la devise du mens sana in corpore sano. Je crois aujourd’hui que les frères préféraient la lutte à la messe. 

 D’ailleurs, le jeune athée que j’étais n’eut jamais à souffrir de la propagande normale des frères qui, comme de raison, croyaient au Dieu des Chrétiens. Mais ils n’en faisaient manifestement pas une maladie. Nous plongions dans la philosophie avec des professeurs avant-gardistes qui nous proposaient l’étude de l’oeuvre d’Ernst Cassirer. Nous apprenions les cruautés de la langue française et nous suivions des cours de communication et d’éloquence, nous avions les meilleurs professeurs de mathématiques du Québec. Malgré tout cela, le Mont-Saint-Louis demeurait ce petit collège pour les classes populaires, une exception malheureuse en bas de la liste des collèges élitistes, dominée alors par Jean-de-Brébeuf, comme de foi et comme de raison.

De rosa en rosae en rosam, au détour des Belles Lettres, je devins un joueur de football. Je me souviens des coups, des courses, je me souviens de l’odeur de l’herbe en automne, de la terre mouillée, de nos uniformes sales, du sang sur nos chandails, de nos rires, de notre amitié, de nos chevilles douloureuses et tordues, des marques sur nos casques. Nous avons appris les gestes, la langue des combats, les regards complices, les pleurs de la défaite, les hurlements de la victoire. Ce sont ces joutes qui me firent comprendre Camus et Saint-Exupéry, et une bonne part du monde. Nous sommes le chemin que nous parcourons. Nous possédons le terrain que nous avons gagné ensemble. L’humanisme n’exclut pas la bataille, l’éducation ne nous dispense pas de l’engagement d’être humain. Les diplômes ne font pas de la magie. D’ailleurs, rien n’est pire qu’un crétin diplômé dans une grande école. Car, à la fin des cours, envers l’absurdité et contre la bêtise, il faut malgré tout créer, aimer, endurer, sourire à la vie, et si possible apprendre à sourire à la mort, aussi.  Nous sommes des combats, il faut affronter le désespoir de toutes les causes. En cela, point de passe-droit.

L’autobus de la ligne 4 passait devant le collège et nous montions à son bord tous les jours de la semaine à 15 h 50. L’ancien circuit le conduisait au terminus Pie-IX, juste en face du Jardin Botanique. Le fantôme de Marie-Victorin rôdait certainement dans l’autobus, son esprit faisait l’aller-retour entre le Mont-Saint-Louis et le Jardin. À l’époque de la fondation du Jardin Botanique, il y avait eu un débat public orageux à propos du choix du site. Marie-Victorin et Jacques Rousseau avaient opté pour des terrains vagues, au nord de la rue Sherbrooke, à l’angle du boulevard Pie-IX.  Cela fit scandale. Non seulement les créateurs du Jardin avaient subi les contrariétés d’un gouvernement libéral qui les désavouait, en même temps que toute la science canadienne-française, mais en plus, ils durent subir les foudres des snobs de Montréal qui trouvaient proprement scandaleux d’établir une pareille institution dans l’Est de la ville, parmi les ouvriers incultes. Bien sûr, ces ténors du bien public proposaient que le Jardin s’installe à Outremont ou quelque part sur la montagne, là où le peuple barbare ne risquerait pas d’abîmer les fleurs.

Au printemps de l’année 1970, j’amorçais ma maîtrise en anthropologie à l’Université Laval. Je nageais dans les univers de l’Algonquinie et, enthousiaste, j’eus la naïveté de téléphoner à Jacques Rousseau pour lui demander de l’information sur les Cris, les Naskapis et les Montagnais. Je cherchais des informations pointues à propos du lac Nichicun ; oui, j’eus le culot de m’adresser au grand maître. À ma surprise, il me répondit, plus encore il m’invita au restaurant des professeurs de l’Université Laval. Depuis quelques années, le légendaire Jacques Rousseau avait rallié le Centre des études nordiques où quelques professeurs admiraient le caractère mythique de son œuvre de vulgarisation scientifique. Car Jacques Rousseau n’avait pas que des amis. Son caractère bouillant lui jouait des tours. On ne le consultait guère et il se trouvait un peu en retrait des effervescences de la Révolution Tranquille. Mais il était là, savant et disponible, encore jeune à 65 ans. Avant de seulement réaliser ce qui m’arrivait, je me retrouvai en tête-à-tête avec le célèbre botaniste.

Coiffé d’une belle chevelure absolument blanche, sûr de lui et parlant haut, l’homme en imposait. Il exécrait les professeurs et les ronds-de-cuir, il préférait la compagnie des étudiants, il tenait le jeune Pierre Trudeau pour un fumiste, il rageait contre les technocrates, peut-être bien contre le monde entier. J’écoutais religieusement l’homme qui avait refait le voyage labradorien de Mina Benson Hubbard, l’homme qui avait traversé la péninsule de l’Ungava, celui qui avait écrit tant et tant de textes sur les Cris mistassins, sur le Nord, sur la forêt boréale, sur les plantes, l’élève et le fidèle collaborateur du frère Marie-Victorin, le découvreur de l’astragale. Jacques Rousseau respirait l’aventure, la curiosité, la passion ; c’était un libre-penseur et un rebelle. Congédié de sa fonction de directeur du Jardin Botanique, congédié par le Musée de l’Homme à Ottawa, auréolé des mystères malheureux de ces malentendus, il n’en demeurait pas moins un géant à mes yeux. Je connaissais tous ses écrits. Je savais son amour du Nord, de la nature, des Indiens et de l’histoire. En le regardant, j’imaginais la profondeur du lac Nichicun, la sacralité des monts Otish, les océans d’épinettes noires, puis l’infinie toundra, la rivière Korok, le Cratère du Nouveau-Québec. Mais, curieusement, je revoyais aussi la rue Sherbrooke, l’autobus de la ligne 4, le Jardin Botanique, je revivais tous les combats, toutes les routes, toutes les indignations de cet homme intemporel.

Rousseau mourut cet été-là, en 1970, terrassé par une crise cardiaque à 65 ans, précisément à l’âge que j’atteins cet été. Aucun media ne rapporta sa mort, personne n’évoqua son œuvre, nul ne commenta la grande valeur de sa vie, de ses voyages, de ses traversées de l’absurde. L’astragale rejoignait la fougère dans les sous-bois tranquilles de la mémoire. Il mourut juste avant la crise d’octobre, juste avant la mise en chantier des projets de la Baie-James  – le plan Nord de Robert Bourassa –,  il mourut avant les abstractions politiques précieuses du dandy Trudeau, élève des jésuites, raisonneur impénitent, canoteur de pacotille. Il y eut ceux qui ramaient, il y eut ceux qui faisaient ramer les autres. Les deux ne fréquentaient pas les mêmes écoles. Méfiez-vous de vos souvenirs d’enfance : tous les enseignements ne se ressemblaient pas.

Oui, dans ma tête, aujourd’hui encore, je refais le voyage jusqu’aux pierres grises de mon collège. Je retouche aux animaux empaillés des Jeunes Naturalistes, je reconnais les odeurs du laboratoire de biologie. Je repense à ce mois ensoleillé de septembre 1959, à mon veston foncé, ma chemise blanche, ma cravate mince. Ma mémoire olfactive invoque d’autres automnes, l’herbe des terrains de jeux, la terre jusqu’entre mes dents, les feuilles mortes, les écorces, mon casque de football qui tournoie sur le sol, juste après le choc. Ma nostalgie me conduit à l’orée des sous-bois, où je retrouve au pied de la fougère, au pied de l’astragale, les germes mêmes de la libre pensée, liberté oubliée que nous foulons sans prendre garde, déflorant tout sur notre passage, au volant de nos véhicules tout-terrain.

Serge Bouchard

Inconvénient Juillet 2012