Souvenirs du frère Gédéon

Frère Gédéon

Le frère Gédéon Désilets a enseigné pendant 28 ans au Mont-Saint-Louis (de 1940 à 1968). Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1935, il était reconnu pour son talent artistique et ses intérêts tant pour les sciences que pour les sports. Le Musée national des beaux-arts du Québec possède trois œuvres (pastel) du frère Gédéon dans sa collection permanente, réalisées entre 1925 et 1945. Nul doute que ce peintre paysagiste a eu une influence positive sur plusieurs élèves ayant fréquenté le Mont-Saint-Louis.
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 65F Gédéon oeuvre

La découverte des arts visuels
Ce fut une grande révélation pour moi de rencontrer le révérend frère Gédéon, artiste peintre et diplômé des Beaux-arts de Montréal. Selon ses conseils, je n’ai pas hésité à m’inscrire à son atelier de formation en arts visuels. (…) À certaines occasions, j’ai rencontré le frère Gédéon qui m’a hautement conseillé de poursuivre ma démarche artistique.
Claude Ferron, MSL 1941-1950
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 66

Les cours du bon frère Gédéon
Au Collège, nous avions congé le mercredi après-midi et le samedi après-midi. Le mercredi après-midi, je suivais des cours de peinture avec le frère Gédéon. Nous partions vers une heure, dans un petit camion, le plus souvent vers Ahuntsic pour repérer de beaux paysages, pour peindre les arbres, la rivière des Prairies, les vieilles maisons du boulevard Gouin. Le plus souvent nous faisions nos croquis au fusain, parfois à la gouache ou au pastel et le samedi après-midi, nous en mettions certains à la peinture à l’huile. Moments magiques! Que de belles heures ! On ne s’ennuyait pas ! Ces jours de congé bien remplis font partie de mes beaux souvenirs du collège. La joie de découvrir la gouache, le pastel, l’huile. La joie de dessiner, de peindre, de créer. Pas d’examen ! Pour le plaisir seulement. Sous la tutelle d’un maître pédagogue, apprendre à voir et à sentir la beauté.

Un jour le frère Gédéon me dit : Allez à la Galerie Morency, rue Saint-Denis, il y a un Canadien qui fait des tableaux étonnants. J’y suis allé. J’y découvre un tableau sombre, tourmenté, d’où émane une force que je ne m’explique pas. C’est le choc ! C’est la première fois qu’un tableau me parle ainsi. Il faut dire que c’est le premier tableau en galerie que je vois. Je raconte au frère Gédéon ce que j’ai vécu. La rencontre avec un grand peintre produit toujours une belle émotion. Vous avez de la chance d’avoir connu cette expérience. Déjà, en 1945, mon professeur avait découvert Marc-Aurèle Fortin, alors pratiquement inconnu et moi, à 14 ans, je venais d’entrer dans un monde merveilleux, celui de l’Art.
Jacques Laurin, MSL 1944-1950
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 67

Publicités

Regard sur le parcours de Guillaume Matton, promotion 1996

Richat2006 069

Mauritanie, Sahara occidental, Afrique de l’Ouest, 2006

Par Danièle Bélanger

Guillaume Matton est diplômé en géologie de l’UQAM et possède un doctorat en ressources minérales. Il est géologue en chef de la Mine Niobec et professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi.
Un métier passionnant
Avant même d’avoir 30 ans, son métier lui a permis de sillonner le monde. Il a en effet participé à plusieurs projets d’exploration au Canada, en Afrique de l’Ouest et en Amérique du Sud. Il se souvient notamment de séjours au Pérou, en Mauritanie, au Niger, au Mali, au Nicaragua et même dans le Grand Nord québécois.
Je veux comprendre mon environnement, ce qu’il y a autour de moi. Pour moi une roche c’est un peu comme un livre.
Les travaux de recherche de Guillaume Matton sur les complexes alcalins ont fait l’objet de plusieurs conférences internationales et publications arbitrées, notamment dans des revues scientifiques telles que Geology, Tectonophysics et Journal of African Earth Sciences. Certains de ses travaux ont bénéficié d’une forte attention médiatique. Des articles dérivés de ses recherches ont été publiés dans les revues Geotimes (2005), Natural History (2005), La Recherche (2005), Québec Science (2006), La Presse (2005) et l’Inter de l’UQAM (2006). L’émission Découverte, Radio-Canada (2006), s’est également intéressée à son sujet de thèse de doctorat « Le complexe crétacé du Richat (Mauritanie) ; un processus alcalin péri-atlantique ».
Guillaume Matton possède une bonne connaissance des gîtes métallifères et une expérience pratique dans le niobium, l’uranium, l’or, les terres rares, les métaux de base et les hydrocarbures. Au cours des dernières années, il a été responsable de différents projets en exploitation des ressources, en évaluation du potentiel minéral et en prospection minière.
Des enseignants marquants
À l’UQAM : Michel Jébrak, son directeur de thèse, et Michel Gauthier, des professeurs cultivés et de grands orateurs, des sommités dans leur domaine.
Au MSL : Jean Cholette en français et en latin : C’est d’abord avec lui que j’ai découvert le MSL. Il a été très inspirant et très dévoué pour ses élèves, Michel Lepage en histoire : un des meilleurs professeurs que j’ai eu dans ma vie. Il était tellement intéressant et captivant! La définition même de ce que devrait être un professeur, Gaston Gendron en chimie : M. Gendron était un excellent vulgarisateur scientifique. Il a su aiguiser mon intérêt pour les sciences et avait un humour inimitable dans ses cours. Qui a dit que les sciences étaient sérieuses?, Hélène Dumesnil en éducation physique et en athlétisme, Martin Lewis, l’entraîneur de basketball. Souvenirs d’éducateurs inspirants. Notre ancien sait que le secondaire correspond à une étape cruciale de la vie et que les modèles adultes rencontrés influencent les choix de plusieurs jeunes. Au Mont-Saint-Louis, il a eu de bons enseignants, des femmes et des hommes qui ont eu une influence positive sur son parcours.
Les années passées au MSL ont été particulièrement marquantes et déterminantes sur ma vie.
Bon élève et sportif, Guillaume Matton a représenté le Collège à plusieurs compétions sportives, tout en faisant partie de ligues civiles lui permettant de participer à deux reprises aux Jeux du Québec où il a d’ailleurs été médaillé : athlétisme, saut en hauteur (2e au Québec), lancer du javelot, 400m, basketball. Pas surprenant qu’il ait été nommé au Gala Méritas, en 3e, 4e et 5e secondaire, et qu’il ait remporté certains honneurs.
Le Niobium
Guillaume Matton est à son tour devenu professeur, mais aussi conférencier et formateur. La vulgarisation scientifique, il connait. Il parle du niobium (NB), un agent d’alliage qui donne des propriétés uniques aux métaux, tout simplement, rendant le sujet captivant.
Le scientifique n’hésite pas à qualifier le Niobium de minéral vert. En l’ajoutant à l’acier il lui procure deux avantages, tant au niveau économique qu’environnemental, puisqu’il permet à la fois d’augmenter sa résistance et de l’alléger. Grâce à ses propriétés exceptionnelles, on l’utilise notamment pour l’industrie automobile, aéronautique et pétrochimique et la construction de pipelines et de ponts, par exemple.
Le géologue en chef de la seule mine de Niobium au Québec (il y en a seulement trois au monde et le Brésil répond à 80 % de la demande mondiale) sait que cet élément chimique est crucial pour l’industrie de l’acier et réalise pleinement l’importance de cette exploitation. Magris Ressources est propriétaire de Niobec depuis janvier 2015. Guillaume Matton sait qu’il œuvre pour une entreprise minière responsable, soucieuse du développement durable.
La géométallurgie : Un incontournable pour l’avenir de la profession
Intéressé par le futur de sa profession et soucieux de l’avenir de la planète, Guillaume Matton milite pour une façon plus intelligente d’exploiter les ressources. La géométallurgie, est selon lui, la meilleure réponse aux enjeux environnementaux et financiers, car elle permet l’optimisation des ressources et une meilleure rentabilité.
La géométallurgie vise à briser les silos traditionnels de l’industrie et représente une approche intégrée, multidisciplinaire, reliant la géologie, l’ingénierie minière et la métallurgie. Son objectif est d’améliorer la connaissance du minerai d’un gisement en développant des méthodes pour y mesurer les paramètres importants lors du traitement métallurgique.
Guillaume Matton, spécialiste de la terre, a une vision responsable de l’avenir. Il est préoccupé par les enjeux actuels et futurs de sa profession et il sait que cet avenir passe par l’enseignement et la formation des maîtres. À l’approche de la quarantaine, ce brillant scientifique, dynamique et passionné, poursuit son voyage dans le temps.
Références
La géométallurgie : Un incontournable pour l’avenir de la profession, Guillaume Matton, géo, Ph.D., juillet 2015.
http://niobec.com/
L’AAMSL a eu le plaisir d’accueillir Guillaume Matton au Mont-Saint-Louis en janvier 2017.

guillaume

 

Nouvelles de la Fondation du Collège

Campagne majeure de financement 2016-2021
Objectif 1 250 000 $
À ce jour, la Fondation a recueilli plus de 700 000 $
La phase publique de la première campagne majeure de financement de la Fondation a commencé au cours des dernières semaines.
À cette occasion la Fondation peut compter sur l’appui de l’Association des anciens.
Au fil des ans, notre Collège a vu grandir des générations de jeunes et a influencé bien des parcours. Très souvent, pour les anciens, le temps passé au Mont-Saint-Louis évoque de beaux souvenirs et suscite une certaine reconnaissance. Plusieurs anciens témoignent d’un fort sentiment d’appartenance envers leur alma mater. Une belle mobilisation est déjà en cours. Certains anciens ont accepté de s’impliquer dans la campagne et d’autres y ont déjà contribué financièrement.
Passez le mot à toute la communauté du MSL !
Nous n’avons pas les coordonnées de tous les anciens. N’hésitez pas à transférer le courriel traitant de la campagne majeure de financement aux anciens du MSL avec lesquels vous êtes encore en contact.

Les événements-bénéfice de la Fondation
Souper spaghetti dans le cadre de l’Expo MSL, le vendredi 4 mai
Soirée-bénéfice avec le quatuor vocal QW4RTZ, le jeudi 8 février
Première formule
Cocktail dînatoire 150 $
Accueil : à compter de 18 h
M. Ronald Georges, promotion 1986, chroniqueur du blogue
Le secret est dans le vin, présentera les vins servis.
Spectacle : de 20 h à 21 h

Deuxième formule
Spectacle 50 $
Accueil : à compter de 19 h 15 (un apéro sera servi)
Accès à la salle : 19 h 45
Spectacle : de 20 h à 21 h

19e édition du tournoi de golf et 3e édition du Vélotour MSL, le jeudi 21 juin
Tournoi de golf, sous la présidence d’honneur de Claude Mailhot, promotion 1967 et Russell Miller, promotion 1981
Vélotour MSL, randonnée à vélo organisée en collaboration avec Daniel Boileau, enseignant au Collège de 1973 à 2007, Jean-Sébastien Leroux et Éric Beausoleil, enseignants au Collège.

Une partie des profits de l’activité vélo sera remise à la Fiducie Familiale MJG Boileau/Long, une fiducie fondée en 2011 afin d’aider trois enfants de la même famille atteints de la fibrose kystique.

Les campagnes de financement

Automne 2017 : reprise de la vente d’agrumes
12 décembre : distribution des coffrets-cadeaux de la vente des fêtes
10 avril : distribution huiles et vinaigres et des produits nettoyants écoresponsables

Mme Lucienne Rioux-Morency présente à Ottawa le 2 octobre 2017

Lucienne et Julie

Mme Lucienne Rioux-Morency, présidente de la Fondation du Collège, était invitée à la cérémonie d’installation de la nouvelle gouverneure générale du Canada, Julie Payette, qui se tenait sur la colline du Parlement à Ottawa en début de semaine. Mme Rioux-Morency a travaillé au Mont-Saint-Louis de 1973 à 2002 comme enseignante et directrice et elle est bénévole à la Fondation depuis 2002. Elle a notamment enseigné la chimie à Julie Payette. Sa fille, Isabelle Morency, promotion 1992, l’accompagnait lors de cet événement.
L’AAMSL a recueilli les impressions de la représentante du MSL à cette cérémonie.
Pour Mme Rioux-Morency, recevoir une telle invitation, constituait un honneur et en quelque sorte une reconnaissance pour son engagement envers le Mont-Saint-Louis et sa communauté.
Nul doute que cette invitation confirme l’importance que Mme Payette accorde au rôle des enseignants auprès des jeunes.
C’est avec enthousiasme que Mme Rioux-Morency a participé aux activités du 2 et 3 octobre. Pour elle, le temps fort de la cérémonie d’installation de Mme Payette, fut son allocution. En effet, la nouvelle gouverneure générale a abordé plusieurs thèmes importants qui lui sont chers, tels le rapprochement avec les communautés autochtones, les changements climatiques, l’importance de l’éducation et des sciences, etc. L’écoute attentive et les applaudissements chaleureux ont démontré la pertinence des propos tenus par Mme Payette. D’ailleurs, plusieurs invités ont rapidement qualifié ce discours de mémorable.
Au cours des trois événements auxquels Mme Rioux-Morency a participé, l’arrivée de Julie Payette entrainait un déplacement de la foule qui l’entourait aussitôt. Tous voulaient avoir la chance de la féliciter et de lui faire une accolade. Cette proximité avec le public a duré des heures… Mme Rioux-Morency a aussi rencontré plusieurs membres de la communauté du MSL : la famille de Julie, des anciens, des élèves actuels et leurs parents (amis de Julie).
À cette occasion, Mme Rioux-Morency, qui représentait le MSL, a remis à la nouvelle gouverneure générale, un présent de la part du Collège et un autre de la part de la Fondation et de l’AAMSL.

Lucienne

Les Brèves

Serge Bouchard
Promotion 1967
A reçu le prix littéraire du Gouverneur général pour son essai Les yeux tristes de mon camion.

Sébastien Grammond
Promotion 1986
Nommé juge à la Cour fédérale.

André Noël Chaker
Promotion 1983
A souligné le centenaire de son pays d’adoption, la Finlande. « J’ai écrit un texte en anglais. Cette pièce est un hommage à ce pays que j’aime tant. J’ai eu l’incroyable chance de pouvoir enregistrer la pièce avec un quatuor à cordes dans la salle Sibelius, considérée comme l’une des meilleures au monde. »
André Noël Chaker, La Presse, 7 novembre 2017

Agathe Tupula Kabola
Promotion 2003
A participé à la Conférence des femmes de la Francophonie, sous le thème de l’entrepreneuriat au féminin, qui se tenait à Bucarest au début de novembre.

Kalina Bertin
Promotion 2007
Son film documentaire Manic a été présenté aux RIDM en novembre dernier.

 

Discours d’installation de la gouverneure générale du Canada Son Excellence la très honorable Julie Payette

JP

Le Sénat, le lundi 2 octobre 2017
Je vous salue, vous tous ici présents qui avez pris le temps de venir voir cette passation séculaire qui date des gouverneurs de la Nouvelle-France, mais qui est aujourd’hui entièrement canadienne, et qui représente le fondement de notre démocratie.
Je transmets les chaleureuses salutations de notre souveraine, la reine Elizabeth II, à tous les Canadiens. Sa Majesté nous a accueillis, mon fils Laurier et moi, à son domaine en Écosse il y a à peine deux semaines. Elle m’a confié la responsabilité de la représenter ici au Canada en tant que gouverneure générale et j’ai accepté ce devoir avec humilité. Je sais que la tâche ne sera pas facile; j’essaierai du mieux que je pourrai de suivre les traces de mes prédécesseurs — les traces d’un grand homme, le gouverneur général David Johnston, et d’une grande femme, Madame Sharon Johnston. Je vous remercie de m’accueillir dans votre famille.
De ce passé opérationnel peu orthodoxe, que je partage d’ailleurs avec de nombreuses personnes dans cette salle, je ne m’attendais pas à cette nomination comme gouverneure générale, mais lorsqu’il s’agit de répondre à l’appel du devoir, il n’y a qu’une réponse possible. Je suis tellement privilégiée, tellement honorée, d’avoir la chance de vous représenter et de parler au nom de notre magnifique pays.
Monsieur le Premier Ministre, j’aimerais vous remercier de votre recommandation, et également de la confiance que vous m’accordez. Et si vous me le permettez, j’aimerais aussi remercier un fier jeune homme assis ici, mon fils Laurier, qui a été l’un des premiers conseillers consultés à ce sujet, et qui m’a donné la permission d’accepter ce poste. Merci Laurier, merci.
J’aurais aimé que cette salle du Sénat du Canada soit plus grande pour nous accueillir tous, pour qu’on soit tous ensemble. Parce que vous êtes vraiment venus très, très nombreux. Cependant, je peux vous assurer que nous sommes tous solidaires dans cette entreprise. Il y a beaucoup d’éminents scientifiques dans cette salle et beaucoup d’étoiles montantes, et ils vous diraient tous que nous sommes inextricablement liés au sein du même continuum espace temps et que nous sommes tous à bord du même vaisseau planétaire.
Ensemble, comme le dit si bien l’adage, nous pouvons déplacer les montagnes, n’est-ce pas? Avec nos cerveaux et notre savoir faire, et notre propension à l’altruisme, nous pouvons en effet faire beaucoup de bien. Et il est de notre devoir, dans une certaine mesure, d’aider à améliorer les vies des citoyens de nos collectivités; de réduire le fossé des inégalités ici et ailleurs dans le monde. Peut-être alors, si nous cherchons résolument à unir nos efforts, nous aurons une occasion de trouver les réponses à nos questions et nous pourrons trouver des solutions aux problèmes du monde, des problèmes graves et urgents comme le changement climatique et les migrations, la prolifération des armes nucléaires, la pauvreté, la croissance de la population, et ainsi de suite. Car les problèmes d’envergure mondiale n’ont pas de frontières; ils n’attendront pas que nous décidions d’agir, et ils nécessitent clairement notre attention.
Je suis une optimiste, mais aussi une pragmatique. D’ailleurs, on voit bien avec le succès de la station spatiale internationale qu’on peut toujours faire mieux ensemble que séparément. Le tout est plus grand que la somme de ses parties. Depuis le mois de novembre de l’an 2000, des astronautes et des cosmonautes de pays qui, souvent sur Terre, ne voient pas exactement les choses de la même manière, mais travaillent ensemble à bord de la station spatiale internationale, qui orbite autour de la terre 16 fois par jour, comme un satellite.
Cependant, la station spatiale internationale fait rarement les manchettes, parce qu’en réalité, il ne se passe vraiment rien de tragique là-haut. En fait, tout fonctionne très bien, des gens de différents pays qui travaillent ensemble pour le bien commun. Ils travaillent tous ensemble et font des compromis quand la situation l’exige. D’une certaine façon, la Station spatiale internationale, mais aussi la mégascience, nous amènent, nous obligent à penser non seulement en fonction du microcosme de la nationalité, mais en fonction de ce que nous pouvons faire pour faire avancer les choses et repousser les frontières de la science comme partenaires dans un esprit solidaire et pacifique. N’est-ce pas là une avenue prometteuse?
Des leçons qu’on pourrait ramener sur Terre peut-être plus souvent et appliquer autant que possible. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas? Mais je crois qu’ici, au Canada, nous sommes dans une position où nous pouvons plus que jamais faire une différence. Parce que nous sommes riches, riches en valeurs, ouverture, tolérance, entraide et compassion, et parce que nous avons décidé comme peuple de partager nos richesses autant que possible. Parce que nous croyons en l’égalité des chances et des opportunités pour tous.
Et j’ai été façonnée par ce pays, je crois sincèrement que ces valeurs absolument fondamentales nous unissent tous.
Mon père m’a dit que mon ancêtre, Pierre Payette, dit St-Amour, est arrivé sur ce territoire en 1665. Il était soldat au régiment de Carignan sur l’île de Montréal. Ceci me permet de saluer et d’exprimer mon admiration et mon respect énorme pour tous les hommes et les femmes qui choisissent de servir en uniforme.
Mon ancêtre Pierre Payette était donc un militaire, et est ensuite devenu agriculteur. Il s’est installé à Pointe-aux-Trembles, sur l’île de Montréal. Il a eu beaucoup d’enfants et plusieurs générations sont nées sur l’île de Montréal : mon père, mon frère, ma sœur, moi-même et Laurier, qui représente la 13e génération canadienne. Quelques années plus tard, mon autre ancêtre, François Payette, est devenu coureur des bois. J’imagine qu’il était un bon pagayeur. Il était un homme de confiance de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et un traducteur de langues amérindiennes. François Payette est parti explorer le nord-ouest du continent américain et, aujourd’hui encore en Idaho, on retrouve une ville, un comté, une rivière et même un parc national qui s’appellent Payette. Clairement, je suis fière de mes origines, mais je me suis rendu compte il y a bien longtemps que tous nos ancêtres, les miens également, avaient été guidés et accompagnés par des peuples extraordinaires. Ceux des Premières Nations qui, avec leur ingéniosité, leur générosité et leur courage, de par les montagnes à travers les forêts, le long des cours d’eau, ont ouvert le pas pour le reste d’entre nous. C’était les premiers pionniers de cette Terre, et ils le sont encore.
Les Autochtones sont des précurseurs. Ils nous ont enseigné à combattre le froid et à y survivre, et ils nous ont montré comment apprécier les dons de la nature et ce qu’est le sens de la communauté. Il est bon que nous ayons finalement décidé de prêter de nouveau attention à leurs sages conseils. Pour le bien de nos communautés et l’avenir de nos enfants.

La réconciliation doit s’accomplir pour le bien-être de nos communautés, et pour l’avenir de nos enfants. Parlons d’enfants! On a évoqué certaines choses qui m’intéressaient lorsque j’étais petite, mais je comprends et je sais à quel point j’ai eu la chance de naître dans ce pays et dans cette famille. Parce que ce sont mes parents, l’éducation, ce que j’ai vu en grandissant et les opportunités qu’on m’a données qui ont fait la différence. Quand j’étais petite, je voulais devenir astronaute, parce que je regardais les astronautes aller sur la Lune dans les missions Apollo, à la télévision. Pourtant, je ne parlais même pas la langue qu’ils parlaient. Ce n’était pas important, je voulais faire comme eux.
L’important par contre, c’est qu’on ne m’a pas découragée. Et plus tard, les Olympiques sont venus dans ma ville natale à Montréal, en 1976. J’ai alors découvert un monde bigarré, cosmopolite, avec l’exaltation de la haute performance et d’avoir la fierté de représenter son pays. Je voulais faire comme eux, je voulais voyager, je voulais devenir olympienne, mais je n’avais pas le talent. Par contre, on ne m’a jamais découragé d’essayer.
À huit ans, quand nous trouvons quelque chose d’intéressant à faire, nous en rêvons. Et puis parfois, avec l’âge, nous oublions d’entretenir nos rêves et nous oublions que nous pouvons faire des choses que d’autres pensent être impossibles. Oser rêver fait partie de notre essence.
Quelques années plus tard, à l’âge de 16 ans, j’ai eu la chance d’obtenir une bourse pour aller étudier dans un collège international en Grande-Bretagne. Heureusement, on m’a encouragée à y aller, et je suis partie avec mon anglais vacillant et mes deux valises de l’autre côté de l’océan, la tête pleine de convictions, mais pourtant avec si peu de certitude.
J’ai quitté le Canada sans le moindre souci au fond du cœur, parce qu’on m’avait donné le plus beau cadeau qui soit – l’amour inconditionnel. À mon départ, je savais que quoiqu’il arrive, même en cas d’échec, ils me reprendraient à bras ouverts. Mes parents seraient là pour moi et ils le sont encore aujourd’hui.

Ma mère Jacqueline, mon père André. Ils m’ont donné des ailes et j’en ai bien profité par la suite, je vous l’assure. Mais quand je suis revenue de tous ces voyages et ces périples, je suis revenue avec des convictions profondes : que l’éducation pour tous est la clé de toutes sociétés; que la diversité est une richesse profonde; que le sport, mens sana in corpore sano [un esprit sain dans un corps sain], peut nous mener très loin; que l’union fait la force et qu’il n’y a pas de recette magique dans la vie. C’est avec l’effort qu’on peut avancer.

Et vous savez quoi? L’effort porte ses fruits. Ce fut un périple incroyable et je crois fermement au pouvoir du travail d’équipe et à celui des rêves, et à l’absolue nécessité d’une structure de soutien. Et c’est là le socle de notre pays, le tissu social de notre nation. Je suis convaincue que rien ne nous est impossible et que nous pouvons relever tous les défis si nous sommes disposés à travailler avec les autres, à aller au-delà de nos visées personnelles, à envisager les intérêts supérieurs, et à faire le nécessaire pour assurer le bien commun. Et j’espère que ce sera exactement la voie que je suivrai durant mon mandat de gouverneure générale.
L’un des plus grands privilèges que nous recevons, nous les gens qui ont eu la chance de voir la Terre de haut et d’aller dans l’espace, c’est de pouvoir observer cette planète que nous partageons tous, nous les 7 751 000 000 d’humains sur la planète. Nous sommes tous de la race humaine, et nous partageons ce monde extraordinaire. Ce monde extraordinaire qui nous apparaît comme une bille de marbre sur le fond infini de l’espace, avec sa petite atmosphère tout autour. Les frontières sont une invention des hommes. Cette Terre, cette planète, nous nous devons de la transmettre en bon état aux générations futures. Cette considération devrait nous accompagner dans tous nos choix et dans toutes nos décisions. À voir le nombre de jeunes personnes qui sont ici, je pense que ça va bien aller.
En tant que Canadiens, nous avons encore vraiment beaucoup de travail à faire. Je crois que la voie que nous devons suivre consiste à faire confiance à la science, à croire que l’innovation et les découvertes nous sont bénéfiques, et à prendre des décisions fondées sur les données scientifiques et les faits. Nous sommes un pays nordique fort et libre, capable des plus brillants exploits. Nous devrions toujours prendre soin de ceux qui sont moins fortunés, défendre ceux qui sont sans voix, surmonter les différences, exploiter nos terres intelligemment, ouvrir nos frontières et accueillir ceux qui cherchent un refuge. Jamais, au grand jamais, nous ne devrions cesser d’être curieux, de poser des questions et d’explorer de nouveaux horizons. Nous devrions aussi nous réjouir de notre situation et célébrer qui nous sommes et ce que nous voulons devenir.
Les jeunes qui sont dans cette salle nous démontrent ici, dans le Sénat du Canada, le plus haut lieu de gouvernance de notre pays, que le Canada est entre bonnes mains.
Mes amis, visez haut, osez rêver. Le ciel offre des horizons infinis. À la vie qui nous unit.
Merci.

Discours d’installation

Le fonds de bourse René Huot se porte bien

En septembre 2013, lors de la création d’un nouveau fonds de bourse, M. René Huot, promotion 1965, a fait un don de 445 actions de BCE. En octobre 2016, un 2e don de 355 actions de BCE a été fait. Jusqu’à récemment, le fonds était ainsi constitué de 800 actions de BCE, rapportant un dividende annuel d’environ 2,87 $ chacune, soit un total autour de 2 296 $. Le 10 octobre 2017, M. Huot a communiqué avec la Fondation, précisant d’abord qu’au prix actuel de 58,62 $, la valeur du fonds de bourse portant son nom s’élevait à 46 896 $.

« Pour souligner le 60e anniversaire de mon entrée au Collège en septembre 1957, j’effectuerai dans les prochains jours un troisième don d’actions (« jamais deux sans trois »!). Il s’agira cette fois d’un don de 200 autres actions de BCE. Suite à ce don, le Fonds détiendra un total de 1 000 actions de BCE. Avec une valeur approximative de 60 $ l’action, la valeur du Fonds s’établira à près de 60 000 $ (60e anniversaire = 60 000 $) et rapportera des dividendes annuels de 2 870 $. La distribution de cette somme devra poursuivre l’objectif original du fonds, soit l’octroi de bourses à des élèves dont la famille éprouve des difficultés financières.

Comme pour mes dons antérieurs, j’espère que mon geste pourra inciter d’autres anciens du MSL à poser des gestes semblables. »

Par ce geste, M. René Huot, promotion 1965, contribue à ce que des élèves complètent leur parcours au MSL, malgré une situation financière plus précaire de la famille.

Les membres du conseil d’administration de la Fondation remercient M. Huot de sa grande générosité. Les membres du conseil de l’AAMSL saluent l’engagement d’un de ses membres auprès du Mont-Saint-Louis.