Regard sur le parcours d’Olivier Marchand, promotion 1947

Noit Poésie 2

Par Danièle Bélanger

Le poète Olivier Marchand est un homme brillant et cultivé, s’exprimant avec éloquence.

Notre ancien affirme avec chaleur qu’il a eu de bons parents. Son père qui n’avait pas eu la chance de faire de longues études, mais qui avait une immense volonté d’apprendre, a initié son fils à la musique et à la littérature en l’amenant au concert et en lui permettant de consulter les livres de sa bibliothèque.

Jeune homme réservé, Olivier Marchand écrivait son journal. Au Mont-Saint-Louis qu’il a fréquenté de 1940 à 1947, il a rédigé plusieurs textes et poèmes, dont certains ont été publiés dans la revue MSL. Si son premier contact avec la littérature s’est fait à la maison où des livres de Victor Hugo étaient notamment accessibles, les frères des Écoles chrétiennes ont permis au jeune homme de découvrir tout un univers littéraire et poétique. Dans ses archives personnelles, nous retrouvons le Programme de littérature française de Première scientifique pour l’année 1946-1947. À l’étude, les symbolistes : Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Claudel, Péguy et Valéry et les prosateurs contemporains : Bourget, Bazin, Bordeaux, Bernanos, Ghéon, Saint Exupéry, Duhamel et Mauriac.

La vie religieuse occupait une place importante au Mont-Saint-Louis. Notre ancien se souvient : « on se retrouvait souvent à la chapelle où l’on avait plaisir à s’égosiller dans divers cantiques… Il fallait aussi aller à confesse; l’aumônier, l’abbé Beaudin, était sévère; c’était péché de lire des ouvrages à l’index, du Zola, du Renan et même du Victor Hugo, l’auteur préféré de mon père… je subissais ces contraintes sans révolte, comme la plupart de mes condisciples… »

Aujourd’hui, notre ancien témoigne de l’excellence de l’encadrement qu’il a reçu au Mont-Saint-Louis, qui lui a permis de devenir ce qu’il est et il se souvient des cours de littérature, française et anglaise, qui lui ont été donnés. Étudier le « Hamlet » de Shakespeare dans le Québec de l’époque n’était pas si commun… Enfin pour lui, l’apprentissage de la langue anglaise aura été plus qu’utile, ce fut la grande source de son gagne-pain.

1947 est une année charnière; il rencontre Gaston Miron, dans les mois qui ont suivi son passage au MSL. Le jeune homme cherchait alors à mieux ordonner sa vie et l’Ordre de Bon Temps, un mouvement issu de la Jeunesse étudiante catholique, l’a aidé à avancer. Puis il y eut le scoutisme avec le Clan Saint-Jacques.

En 1950, il rencontre Mathilde Ganzini, qui deviendra son épouse en 1953, la même année que la publication de Deux Sangs en collaboration avec Miron. Marchand et Miron ont des affinités et ils se lient rapidement d’amitié. Ils publient ensemble un premier recueil de poésie en fondant les Éditions de l’Hexagone avec Mathilde Ganzini, Gilles Carle, Louis Portugais et Jean-Claude Rinfret. Deux Sangs compte 27 poèmes d’Olivier Marchand et 17 poèmes de Gaston Miron.

Dans le livre Jeunesse et poésie. Christine Tellier s’intéresse aux six membres fondateurs de l’Hexagone. Elle écrit : « Nous allons débuter par l’histoire d’Olivier Marchand, qui joua un rôle de catalyseur dans la création du réseau à l’origine de l’Hexagone ». En effet, c’est notre ancien qui a invité Miron à se joindre à l’Ordre de bon temps, permettant la rencontre avec les quatre autres membres fondateurs de la future maison d’édition. Aujourd’hui, Olivier Marchand n’a que de bons mots pour son ami Gaston Miron qui a eu un grand renom.

De son aveu même, Marchand n’est pas un finissant modèle du Mont-Saint-Louis. Il ajoute candidement qu’il a eu une carrière un peu chaotique. Écrivant de la poésie depuis l’adolescence, il aura finalement gagné sa vie comme traducteur et rédacteur. Le fin lettré, l’homme à l’intelligence pétillante a néanmoins plus de 70 années d’écriture derrière lui…

Ses publications : Deux Sangs (1953), Crier que je vis (1958), Silex 2 (1960), Par détresse et tendresse, précédé de Deux Sangs et Crier que je vis; poèmes, 1953-1965 (1970).

Olivier Marchand et sa femme Mathilde Ganzini ont eu quatre enfants. Les heureux souvenirs de la vie à deux et de la vie de famille sont nombreux. La famille Marchand a aussi accueilli et assisté deux jeunes filles d’origine étrangère qui ont vécu un certain temps sous son toit et ont tissé de profonds liens d’amitié avec le clan Marchand. Le couple Marchand-Ganzini a vécu une trentaine d’années dans les Laurentides, au bord d’un lac, profitant de ce très bel environnement pour faire plusieurs activités en plein air.

Octobre 2017, l’AAMSL remet à Olivier Marchand quelques-uns des textes qu’il a signés, il y a plus de 70 ans alors qu’il fréquentait le Mont-Saint-Louis. Le lendemain, il a la délicatesse d’écrire : « Que de retours en arrière à la lecture de la revue MSL dont j’avais complètement perdu souvenir… Émotivement, cela représente quelque chose… En somme, le Mont-Saint-Louis fut un lieu très formateur où régnait une belle discipline dans un cadre unique au cœur de la ville… Pour des centaines, des milliers de jeunes gens, le bâtiment de la rue Sherbrooke fut un lieu privilégié, permettant de réaliser le meilleur… Vivere! »

Épilogue heureux

Le poète confie à l’AAMSL le recueil de poèmes Par détresse et tendresse. Sur la page de garde, une dédicace :

Dédicace Par Détresse et tendresse

Dedicace MSL (2)

Rencontre avec un poète
Le 18 octobre 2017, j’ai eu la chance de passer un moment avec un homme à l’esprit vif qui excelle dans l’art de la conversation. L’AAMSL a enfin renoué avec un homme de lettres qui a joué un rôle important dans le développement du monde de l’édition de la poésie au Québec. Monsieur Olivier Marchand appartient pour toujours à la communauté des anciens du MSL.
DB

Olivier Marchand Le Devoir

© François Pesant, Le Devoir

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Hommage aux frères des Écoles chrétiennes du Mont-Saint-Louis

Conventum 1967-2017

Le 16 novembre 2017, une ancienne et 21 anciens de la promotion 1967 se sont réunis au Mont-Saint-Louis auprès de 2 de leurs anciens enseignants, afin de souligner le 50e anniversaire de leur passage au MSL.

Photo groupe

Chers camarades et frères enseignants,
Nous sommes ici réunis à ce conventum parce que nous voulons souligner le 50e anniversaire d’un jalon important dans notre vie, celui d’avoir décroché notre baccalauréat ès arts. Ce fameux B.A. fut le diplôme couronnant notre cours dit classique. La culture que nous y avons acquise durant ces 9 années des Éléments Français à Philo II est le fruit de l’enseignement de frères des Écoles chrétiennes, pour la plupart, et des professeurs laïcs.
Je veux souligner ici l’appréciation que j’ai de cette institution qu’est le MSL, dirigée à cette époque par ces frères, et leur rendre un hommage par quelques anecdotes.
J’ai commencé mes Éléments Français en 1957, à peine 3 mois après mon arrivée au Canada. Je connaissais peu la langue française puisqu’au Luxembourg, où je suis né, je ne l’ai apprise que durant quelques années de mon cours primaire. Après avoir passé l’examen d’admission écrit au collège, j’ai dû passer une entrevue avec le directeur des études qui semblait étonné que je n’aie pas su répondre à certaines questions. En me questionnant, il se rendit compte que je connaissais les réponses, mais je n’avais pas compris la question à cause de ma faiblesse en langue française. Je ne m’étais pas aperçu de cela sur le moment, mais ce fut la première de plusieurs chances que les frères m’accordèrent durant mes études pour m’encourager à aller de l’avant et de développer mes talents.
À la fin des années cinquante, notre Alma Mater avait une clientèle composée en très grande partie de pensionnaires et le reste d’externes. Cela permettait à des jeunes de l’extérieur de Montréal de suivre leur cours classique ou scientifique. Parmi ceux qui avaient commencé le pensionnat, tous eurent l’occasion d’y rester jusqu’à la fin de leurs études, même si en dernier (1967) il ne restait que quelques individus dans cette situation, vu que le collège avait diminué le nombre de pensionnaires, et en conséquence fait augmenter le nombre total d’élèves à plus de 1 200, en installant des salles de classe dans les anciens dortoirs du 4e étage.
La clientèle du collège comprenait un bon nombre de jeunes dont les familles n’étaient pas financièrement fortunées. En adaptant un précepte de Jean-Baptiste de Lasalle, un programme de dons, de prêts et de bourses leur permettait de suivre leurs études dans une institution de qualité. On n’a jamais eu à déplorer des attitudes hautaines de la part des riches envers ceux qui ne l’étaient pas. Les frères ne l’auraient pas toléré.
Un autre exemple personnel de chance qu’on m’a accordé. J’aimais tellement la Versification que je l’ai répétée 2 fois… Nous sommes quelques-uns dans ce cas ici présent. On se souvient qu’à l’époque, si on échouait dans une matière avec moins de 60 %, et d’autant plus à l’examen de reprise, on devait reprendre l’année complète dans toutes les matières. Dans mon cas, la chimie fut un blocage mental complet. Je crois que l’année suivante, j’ai « réussi » l’examen de fin d’année avec la note de passage, sans plus. Probablement que quelqu’un s’est dit qu’ils ont assez vu Scholer en Versification. Bien sûr que dans les autres matières, je réussis nettement mieux que la première fois, au point que je figurais enfin parmi les meilleurs de la classe. Malgré le fait d’avoir doublé une année, je n’ai jamais été dénigré par les frères, ce que j’ai grandement apprécié.
Un de nos camarades a également connu une chance que le frère Gilbert lui a accordée. Ayant déjà demandé son admission en médecine à l’université, il lui manquait cependant 3 % à l’examen final de physique, ce qui allait le faire refuser à ses études supérieures, malgré ses très bons résultats dans les autres matières. Son avenir en dépendait. Il alla donc parlementer avec le Frère Gilbert en lui expliquant son cas. Ce dernier vérifia son examen et lui accorda quelques points de pourcentage par-ci par-là aux différentes questions de l’examen, et notre camarade a pu étudier la médecine et y faire carrière.
Vous vous souvenez du 144e régiment de cadets que formait le MSL ? J’aimais la milice, et je m’étais inscrit dans l’armée de réserve à 18 ans au Régiment de Maisonneuve. Ayant connu la rigueur de l’armée, j’en parlai au frère Ubald qui me mit en charge d’un peloton de la milice de notre Collège, et en fin d’année commandant du régiment au complet. Il m’a donné ma chance de faire mes preuves.
En philo II, j’avais proposé une vaste enquête à tous les élèves du Collège. Parmi les buts visés, il y avait celui que nous ayons tous une carte d’identité officielle avec le nom, la photo, etc. Les frères furent d’accord avec l’idée de cette enquête-sondage. Ils firent imprimer les 1 200 questionnaires, les distribuèrent, les firent compléter, et firent compiler les résultats. Cette tâche me revint à moi et ma petite amie. Que de soirées et de fins de semaine passées à cela !!!
En plus des chances que les frères nous offraient, souvenez-vous des possibilités sportives et culturelles qui nous étaient offertes.
Qui n’a pas participé à différents sports durant l’heure du dîner, comme le ballon-chasseur, le hockey cosom ou le ping-pong ? Grâce à des installations sportives à la fine pointe du progrès dans un gymnase tout neuf, qui n’a pas joué aux quilles, soulevé des poids et haltères, tiré à la carabine, fait de la boxe, joué au basketball, fait de la gymnastique au sol ou sur appareils comme le cheval d’arçons, barre fixe ou parallèle, aux anneaux, etc. ? Qui ne se souvient pas de la glorieuse équipe de football, les Kodiaks ? Le talent de certains joueurs les a mis sur la piste de leur vie professionnelle.
D’autres de nos camarades préféraient plutôt les activités culturelles. Vous souvenez-vous de la musique classique qu’on jouait à la discothèque durant l’heure du midi ? Certains camarades ont fait carrière dans le domaine de l’opéra, de même qu’au théâtre. D’autres ont pratiqué la musique instrumentale avec l’harmonie du Collège, dirigée par Me Agostini. Certains ont commencé leur carrière politique en présidant l’association des étudiants, l’AGEMSL. Mais je ne crois pas qu’ils aient appris le communisme au Collège.
Certains camarades ont apprécié la convivialité ou le dévouement de certains frères. Par exemple, le frère Henri qui s’occupait de la salle de tir à la carabine calibre 22. Après que les tireurs aient complété leurs cibles, plusieurs allaient jouer au Yum avec lui. Ou bien le frère Marcel Éthier qui enseignait les mathématiques et la géométrie, ayant fait subir des examens à 6 groupes de 30 élèves, remettait les 180 copies corrigées dès le lendemain. Ouf ! Ou bien le frère Gaétan qui donnait des « tickets de vitesse » à ceux qui dévalaient les escaliers trop rapidement avant le dîner, et qui devaient expier leur faute en apprenant par cœur certains vers des « Essais » de Montaigne sur « la Tête bien faite » . Ou bien le frère Alexandre qui savait compléter un dessin avec une craie dans chaque main.
Je vous fais part d’une anecdote personnelle démontrant l’esprit ouvert ou avant-gardiste des frères. À l’âge de 17 ou 18 ans, je participais tous les samedis matin aux activités du Cercle Philippe Hébert, sous la direction du frère Gédéon Désilets, afin d’apprendre le dessin et la peinture. À chaque séance, nous devions faire des croquis au fusain d’un modèle vivant, en trois minutes, ou 10 ou 15, en alternant des poses. Au début de mon apprentissage, le modèle vivant était un élève du Collège en tenue de basketball. Puis ce pouvait être une femme, habillée. Puis ce fut une femme en maillot de bain. Puis en bikini, puis en monokini, et puis sans kini du tout. Je crois que si tous les élèves du Collège avaient su cela, on aurait manqué de place à l’atelier du samedi matin. Cependant, lors de l’exposition de nos œuvres à la fin de l’année scolaire, nous devions dessiner un semblant de bikini par-dessus les croquis de nudité, afin de ne pas choquer certains esprits rétrogrades.
Voici un autre exemple où les frères s’adaptaient aux changements de la société. Étant un organisme religieux, nous devions tous au grand complet assister à la messe du vendredi dans la magnifique chapelle de style rococo, juste avant le dîner. Puis, au début des années soixante, c’était seulement pour le premier vendredi du mois. Plus tard, après que la chapelle ait été modernisée, assistaient à la messe ceux qui voulaient bien, alors que les autres étaient en période d’étude dans la grande salle au-dessus de la chapelle.
Vers la fin de nos études, nous avions de moins en moins de frères qui nous enseignaient. Plusieurs laïcs nous montraient la littérature française comme Yves Dubé et Robert Bannout , Serge Monosiet en Physique, Drouilly en littérature française, latin et chimie, Nelson Landry et Drewski en Chimie, Jacques Lucques en géographie, Marc Lavallée en bio, etc. Nous avons même eu une femme qui nous enseignait en sociologie. Et puis, lors de la rentrée de vacances en septembre 65, voilà que les magnifiques et imposantes balustrades bordant les escaliers avaient été recouvertes de contreplaqué. Et pour cause, l’arrivée des filles en Belles-Lettres, Rhétorique et Philo. Lorsque j’ai demandé à un frère la raison du contreplaqué, il m’a répondu par l’évidence : il y avait des filles, et en montant les escaliers, un garçon en contrebas aurait pu se tromper en regardant vers le ciel… Et puis le Collège a fait ses débuts d’agence matrimoniale, puisque certains garçons (ici présents) ont fini par marier des demoiselles rencontrées au Mont Saint Louis, et vivent encore avec elles.
Une anecdote dont un de nos camarades m’a fait part, faite à l’occasion de la bienvenue aux filles par le directeur frère Alarie : « grâce à votre présence, vous allez peupler le Collège ».
Il ne pensait pas si bien dire…
Je crois que la raison pour laquelle nous sommes présents ici à ce conventum, c’est parce que nous avons vécu des expériences heureuses dans ce Collège dirigé par les frères des Écoles chrétiennes. Dans une autre province, des élèves d’un pensionnat ont connu des choses sordides, qui ont terni la réputation des frères. Mais au Mont-Saint-Louis, nous n’avons jamais entendu parler de ces choses. Je voulais par cette allocution contribuer à redorer le blason des frères, qui ont consacré leur vie à bien enseigner aux élèves qui leur étaient confiés. Moi je leur en suis très reconnaissant et sûrement vous également. Que cette allocution soit un hommage en leur honneur !
Ronald Scholer
Élève au MSL de 1957 à 1967
Diplômé du Baccalauréat-ès-Arts

 

Vie étudiante au MSL

Nuit de la poésie 

2e édition – Ce qu’ils ne peuvent pas nous prendre
Le 15 février 2018, les élèves du cours de littérature de la 5e secondaire et ceux de l’activité Midis Poésie, accompagnés par les enseignantes Marie-Ève Leblanc et Marie-Claude MacKay, nous ont fait vivre des moments précieux lors de cette belle soirée de poésie.

Tour à tour, les élèves ont récité les poèmes qu’ils avaient composés et rendu hommage à d’autres poètes. Bravo aux élèves et aux enseignantes pour cette soirée riche en émotions!

L’invité d’honneur de la soirée était le poète Olivier Marchand, promotion 1947. Avant de le présenter, Mme Leblanc a lu un de ses poèmes.

Les ponts des cris

Tu cries
que te sert
ton âme est en route malgré tout
là où est le soleil
là où les yeux mordent à la juste violence

tu cries
et tu as tout à bout de bras
la seule femme à la perte d’amour
les seuls enfants en muraille
des compagnons à voix crue

tu cries exact
devant le jeune trône qui se lève
le tien apprêté pour les gouffres

mais tes cris sont des ponts

Olivier Marchand, Crier que je vis, Les Éditions de l’Hexagone, 1958

M. Marchand a prononcé quelques mots avant d’offrir un de ses poèmes aux spectateurs.

« Me retrouver ici parmi vous, c’est revivre des dizaines d’années après ce qui fut l’essence de mon univers quotidien.
Je suis un produit quelque peu atypique du MSL première manière mais n’est-ce pas le propre d’une institution d’enseignement d’ouvrir toutes grandes le plus de portes possibles.
Inscrit dans un cours scientifique, c’est dans les matières littéraires que j’allais tirer le meilleur de moi-même. Le MSL était ouvert au bilinguisme; J’y ai étudié Shakespeare. Nous avions des manuels en langue anglaise.
On m’a appris à utiliser la machine à écrire; au sortir du Collège, je pouvais lire et écrire en anglais, ce qui m’a bien servi, par la suite, car je suis devenu rédacteur-traducteur de dépêches au journal La Presse ainsi que dans une agence, la Presse canadienne.
En filigrane, je devins poète, à mon insu, en tâtonnant.
Je peux témoigner ici de tout ce que m’a apporté mon passage au Mont-Saint-Louis. C’est un grand privilège de pouvoir passer ses années d’adolescence dans un milieu où tout est ordonné à l’étude, à la réflexion, à l’effort d’apprendre. »

un poème sur les vagues
faisant mille tours
pour arriver à toi
en étincelles
en voluptés d’écumes
crachant sa brume canadienne
au travers du soleil divin
avec les chants des oiseaux
les vents grogneurs
les bises soupirantes

un poème sur les vagues du temps
offrant sa nullité
aux assauts des violents
brisant le silence méchant
ordonnant l’impitoyable
créant l’harmonie souveraine
dans ses ressacs fragiles

un poème sur les vagues atlantiques à force
luttant son vouloir
à perte de rêve
emportant le miracle de vivre
boudeur et fugace

un poème pour que se fige un instant
le beau et douloureux appel qu’on lance
en espérant être immortel et bon
en dépit de tout
malgré le dépit
et le troublant esclavage de vivre

Poème d’Olivier Marchand publié dans l’anthologie Sur les récifs, Publications Verlamer, recueil collectif sous la direction d’Hugo Dufort, 2004.

Semaine des arts

Le MSL a connu une magnifique semaine artistique qui s’est tenue du 26 février au 2 mars 2018. Félicitations à tous nos élèves si talentueux, et merci aux enseignants d’arts dévoués et passionnés!

 

Inauguration de l’aile Sault-au-Récollet

Le jeudi 16 novembre 2017, le MSL inaugurait son nouvel édifice dans le cadre d’un 5 à 7 festif.

Madame Sylvie Drolet, la directrice générale du Collège a salué la présence de gens qui ont rendu possible cette belle réalisation :

  • Les administrateurs du Collège, d’hier et d’aujourd’hui, que l’on ne saurait trop remercier de leur bonne gouvernance, de leur ouverture, et de leur soutien
  • L’équipe de direction qui a travaillé aux côtés de mon prédécesseur, Monsieur Lacroix, et celle qui dirige avec moi ce bel établissement
  • Le personnel, dont la compétence, la passion et l’engagement font le Mont-Saint-Louis
  • Les représentants des parents, indispensables partenaires et contributeurs
  • La Fondation et l’Association des anciens dont la contribution à ce projet est inestimable
  • Les fournisseurs et les partenaires d’affaires qui soutiennent notre mission
  • Les donateurs, qui ont généreusement choisi de soutenir le MSL dans son développement

Elle a aussi remercié tous les artisans du projet.

Après la Maison Saint-Joseph, bâtiment patrimonial, l’aile Henri-Bourassa et l’aile Papineau, l’aile Sault-au Récollet fait maintenant partie du MSL.

Nouvelles de la Fondation

Campagne majeure de financement 2016-2021
• Nouvel édifice à vocation scolaire et sportive
• Développement des arts
• Développement d’un fonds de bourse
Objectif 1 250 000 $
Le 2 mai 2017, à l’occasion du lancement de la première campagne majeure de financement de la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis, la présidente de la Fondation, entourée d’administrateurs et de donateurs a dévoilé le montant amassé, soit 671 700 $.
En date du début avril 2018, la somme de 800 000 $ a été recueillie.
Les deux nouveaux programmes de don intéressent nos anciens!
500 donateurs de 500 $
En guise de reconnaissance, ces contributeurs reçoivent une reproduction d’aquarelle signée de l’artiste Stéphane J. Bourrelle, promotion 1981.
Mon empreinte au MSL
En guise de reconnaissance, les donateurs verront leur nom inscrit sur un mur de l’aile Sault-au-Récollet.
Plusieurs anciens ont accepté de contribuer à cette première campagne majeure de financement, notamment en participant à un de ces nouveaux programmes de don (don unique ou don sur 5 ans). Ces réponses positives sont l’occasion de belles rencontres. Certains anciens passent au Collège pour prendre possession de leur reproduction d’aquarelle ou communiquent avec la directrice de la Fondation et de l’AAMSL et reprennent ainsi contact avec le MSL.

Fonds de bourse 1966

1966

À la suite du 50e anniversaire de leur passage au Mont-Saint-Louis qu’ils ont souligné avec nous en mai 2016, ces anciens ont souhaité créer le fonds de bourse promotion 1966. C’est Jacques A Laurin, membre du conseil d’administration de l’AAMSL, qui a initié cette démarche et rapidement ses confrères Marc Beauchamp et Jean-Luc Malo se sont joints à lui.
Le fonds de bourse promotion 1966 comporte la somme de 36 320 $. Nos anciens poursuivent leurs démarches afin de bonifier la somme déjà amassée.
Jusqu’à récemment, la Fondation accordait des bourses partielles à des familles dont l’enfant fréquentait déjà le Collège (à la suite d’une séparation, d’une perte d’emploi, d’une maladie ou d’un décès).
Puisque la campagne majeure de financement permet d’augmenter le fonds de bourse général de la Fondation, en 2018-2019, un nouvel élève dont la famille ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour l’inscrire au Collège sera accueilli en bénéficiant d’une bourse provenant du fonds de bourse promotion 1966. Cette entente devant normalement être reconduite jusqu’à la fin du secondaire.
La Fondation remercie l’initiative de ses anciens qui permettront à un élève d’accéder au Collège Mont-Saint-Louis à la rentrée 2018.

Histoire humaine Richard Marcil, promotion 1980

R Marcil

Le « Cardigan Érable »

Les finissants de la promotion 1980 ont sans doute encore à leur mémoire notre Printemps érable à nous. Eh oui, notre cher Collège n’a pas été à l’abri de mouvements de protestation! Il faut toutefois remonter à 1977 pour retracer les sources du « Cardigan Érable ».
Durant l’année scolaire 76-77, la direction opte pour un changement du costume obligatoire. On troque alors les vestons verts (1re et 2e secondaires) et bleus (3e, 4e et 5e secondaire) pour le cardigan offert en cinq couleurs différentes, selon les niveaux (vert, bourgogne, bleu pâle, gris et bleu foncé). Mais dès son introduction, au début de l’année scolaire 77-78, le malaise est palpable. Les coupes sont mal ajustées et, par surcroît, la direction en oblige le port constant, à l’intérieur des murs du Collège.
Malgré certaines protestations, le Collège signe et persiste dans le choix de cet encombrement vestimentaire pour l’année scolaire 79-80, notre dernière. Il n’en fallait pas plus pour que les conseils de classe se réunissent et discutent plus sérieusement de la question. On décide alors de passer au vote dans chacune des classes qui composent la 5e secondaire. Le résultat est majoritaire : nous déclenchons une grève! Non pas pour abolir le costume, mais pour en restreindre le port, dans la cafétéria, les salles de classe et la salle de jeux.
Pendant trois jours, les cours qui se donnaient n’étaient suivis que par quelques dizaines d’élèves, à qui nous avions laissé le libre choix de suivre le mouvement ou non. Entassés dans la salle de jeux, quelques 150 d’entre nous occupions notre temps à jouer au ping-pong, au mississippi ou à « chiller », comme le disent nos jeunes aujourd’hui.
Les pressions de la direction sont entretemps constantes et certains commencent à craindre la mise en application des représailles annoncées. Devant l’effritement du mouvement, les conseillers de classe délèguent des représentants pour une ultime discussion avec la direction. Un argument de poids est soulevé : la chaleur déjà intense dans certains locaux, combinée à l’inconfort du cardigan, crée un problème de concentration. La direction voit d’un bon œil notre argumentation et permet dès lors que nous puissions retirer notre étau. Nous avions gagné notre bataille!

Les brèves, avril 2018

Audrée Archambault
Promotion 2004
Sortie de son 1er roman, Sarah-Lou, détective (très) privée
Les Éditions de la Bagnole

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Yannick Nézet-Séguin
Promotion 1992
Nommé personnalité de la semaine La Presse (18 février) avec François Girard

Bernard St-Onge
Promotion 1980
Sortie d’un 4e livre, Attendre après son psy : et autres courts récits
Éditions l’Hybride