Vie étudiante au MSL

Nuit de la poésie 

2e édition – Ce qu’ils ne peuvent pas nous prendre
Le 15 février 2018, les élèves du cours de littérature de la 5e secondaire et ceux de l’activité Midis Poésie, accompagnés par les enseignantes Marie-Ève Leblanc et Marie-Claude MacKay, nous ont fait vivre des moments précieux lors de cette belle soirée de poésie.

Tour à tour, les élèves ont récité les poèmes qu’ils avaient composés et rendu hommage à d’autres poètes. Bravo aux élèves et aux enseignantes pour cette soirée riche en émotions!

L’invité d’honneur de la soirée était le poète Olivier Marchand, promotion 1947. Avant de le présenter, Mme Leblanc a lu un de ses poèmes.

Les ponts des cris

Tu cries
que te sert
ton âme est en route malgré tout
là où est le soleil
là où les yeux mordent à la juste violence

tu cries
et tu as tout à bout de bras
la seule femme à la perte d’amour
les seuls enfants en muraille
des compagnons à voix crue

tu cries exact
devant le jeune trône qui se lève
le tien apprêté pour les gouffres

mais tes cris sont des ponts

Olivier Marchand, Crier que je vis, Les Éditions de l’Hexagone, 1958

M. Marchand a prononcé quelques mots avant d’offrir un de ses poèmes aux spectateurs.

« Me retrouver ici parmi vous, c’est revivre des dizaines d’années après ce qui fut l’essence de mon univers quotidien.
Je suis un produit quelque peu atypique du MSL première manière mais n’est-ce pas le propre d’une institution d’enseignement d’ouvrir toutes grandes le plus de portes possibles.
Inscrit dans un cours scientifique, c’est dans les matières littéraires que j’allais tirer le meilleur de moi-même. Le MSL était ouvert au bilinguisme; J’y ai étudié Shakespeare. Nous avions des manuels en langue anglaise.
On m’a appris à utiliser la machine à écrire; au sortir du Collège, je pouvais lire et écrire en anglais, ce qui m’a bien servi, par la suite, car je suis devenu rédacteur-traducteur de dépêches au journal La Presse ainsi que dans une agence, la Presse canadienne.
En filigrane, je devins poète, à mon insu, en tâtonnant.
Je peux témoigner ici de tout ce que m’a apporté mon passage au Mont-Saint-Louis. C’est un grand privilège de pouvoir passer ses années d’adolescence dans un milieu où tout est ordonné à l’étude, à la réflexion, à l’effort d’apprendre. »

un poème sur les vagues
faisant mille tours
pour arriver à toi
en étincelles
en voluptés d’écumes
crachant sa brume canadienne
au travers du soleil divin
avec les chants des oiseaux
les vents grogneurs
les bises soupirantes

un poème sur les vagues du temps
offrant sa nullité
aux assauts des violents
brisant le silence méchant
ordonnant l’impitoyable
créant l’harmonie souveraine
dans ses ressacs fragiles

un poème sur les vagues atlantiques à force
luttant son vouloir
à perte de rêve
emportant le miracle de vivre
boudeur et fugace

un poème pour que se fige un instant
le beau et douloureux appel qu’on lance
en espérant être immortel et bon
en dépit de tout
malgré le dépit
et le troublant esclavage de vivre

Poème d’Olivier Marchand publié dans l’anthologie Sur les récifs, Publications Verlamer, recueil collectif sous la direction d’Hugo Dufort, 2004.

Semaine des arts

Le MSL a connu une magnifique semaine artistique qui s’est tenue du 26 février au 2 mars 2018. Félicitations à tous nos élèves si talentueux, et merci aux enseignants d’arts dévoués et passionnés!

 

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