Nelligan de retour au MSL 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis

par Danièle Bélanger, promotion 1981

 

Spectacle présenté au Collège Mont-Saint-Louis le 8 novembre 2018, une idée de Guy St-Onge, d’après l’oeuvre de Daniel Mativat

Les prémices de la présentation de ce spectacle remontent à 2013. Dès cette année-là, il a été question de regrouper des talents issus de la communauté des anciens du Mont-Saint-Louis afin de faire un spectacle. Si le projet ne s’est pas concrétisé pour le 125e anniversaire du Collège, c’est en 2018 qu’il a finalement vu le jour afin de souligner le 130e anniversaire.

La rencontre avec Ghislain Arsenault a été déterminante dans la réalisation du projet. Il a suggéré la tenue d’une première réunion de production à laquelle François Arbour a participé. C’est à la suite de cette rencontre que les représentantes du Collège, Lucienne Rioux- Morency, Dominique Delhaes et moi, avons compris qu’il y aurait un spectacle au Collège en 2018.

D’autres personnes se sont rapidement jointes à cette équipe de production : Anne-Marie Beaudette, Stéphane Bourrelle, Louis-Martin Gignac, Patrick-Franke-Sirois, Suzanne Léveillé et Dominic Lorange. Cette incursion dans le monde du spectacle nous aura permis à Lucienne, Dominique et moi de faire la connaissance de bien beaux êtres humains. Rencontres dynamiques, chaque réunion ouverte à de nouveaux invités fut l’occasion de faire avancer le projet et de tisser des liens avec nos anciens. À la suite d’une de ces rencontres, Dominic Lorange a bien exprimé ce que plusieurs d’entre nous ont ressenti au cours des derniers mois : « formidable réunion, pleine d’échanges constructifs où foisonnaient les idées ».

Ainsi, des artistes issus de notre communauté ont accepté de participer à ce projet de spectacle par passion, par amour de leur métier et du MSL…

La prestation du 8 novembre dernier, une mise en lecture, a rassemblé de beaux talents, comédiens, chanteurs, musiciens, gens de communication, gens de lettres, qui ont participé à un événement unique.

Si la vie de Nelligan est sombre, Daniel Mativat ne l’a pas dramatisée. Il a choisi de présenter un destin. Son œuvre nous permet de connaitre le talent indéniable d’un jeune homme qui voulait exprimer ses émotions, et de découvrir son imaginaire. C’est l’histoire d’un être différent, sensible, qui nous partage sa douleur de vivre en exprimant son désarroi.

Nelligan de retour au MSL, fut une humble tentative de présenter à notre façon une partie de l’œuvre du jeune poète.

Présentation des artisans et les artistes
Plusieurs anciens élèves du Collège ont généreusement accepté de participer à ce très beau spectacle et nous les remercions chaleureusement.
Nos lecteurs
Simon Chalifoux 2005, Katherine Adams 1981, Nabi-Alexandre Chartier 1999, Philippe Robert 1997, Émilie Sigouin 2004, Marie-Ève Trudel 1997, Antoine Therrien 1996, Olivier Marchand 1947
Nos chanteurs
Anne-Marie Beaudette 1997, Dominic Lorange 1992
Nos musiciens
Jérémie Gates 2011, Louis-Solem Pérot 2013, Ariane Racicot 2014
Nos Nelligan
Jules Beausoleil, Louis-Martin Gignac 2017

Simon Bachand 1986, artiste peintre, s’est laissé inspirer par ce très beau spectacle.

Conception, choix des textes, mise en lecture : Anne-Marie Beaudette, Danièle Bélanger, Suzanne Léveillé, Dominic Lorange
Réalisation scénique : François Arbour, Danièle Bélanger, Stéphane Bourrelle, Dominique Delhaes, Suzanne Léveillé, Gabriel Pelland
Collaborateurs à la production
Lucienne Rioux Morency, présidente de la Fondation
Consultant production : Ghislain Arsenault 1978
Design graphique : Stéphane Bourrelle 1981 et Nathalie Nassif 2NSB
Régie son : François Arbour 1983
Régie éclairage : Gabriel Pelland, 4e secondaire
Production des vidéos : Patrick Francke-Sirois 2007 Casadel Films
Projection vidéo : Lucas Azar, 5e secondaire
Technicienne de scène : Laurélie Ménard , 4e secondaire
Responsable photo : Colin Dumouchel, 5e secondaire
Responsable de la mise en lecture et coachnig d’acteur : Suzanne Léveillé
Coordination de l’événement : Danièle Bélanger et Dominique Delhaes

Émile Nelligan ou l’abyme du rêve de Daniel Mativat

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Yannick Nézet-Séguin, promotion 1992

Le Collège Mont-Saint-Louis a mené, en 130 ans d’existence, des milliers d’élèves vers la réussite et le dépassement de soi. C’est tout un honneur d’y avoir étudié !

Yannick Nézet-Séguin.jpg

À l’intérieur d’une éducation de haute qualité et à la fine pointe des changements sociétaux multiples, le Mont-Saint-Louis a su réserver une place au rêve. C’est l’éducation, très certainement, mais aussi le rêve, qui propulsent les jeunes vers la réalisation de leurs idéaux !

Pour ma part, 25 années de rêve se sont écoulées depuis l’étude du Vaisseau d’or de Nelligan, en passant par le Vaisseau fantôme de Wagner… durant lesquelles je suis chaque jour reconnaissant au Collège Mont-Saint-Louis et à mes professeurs formidables.

Félicitations et merci à tous !

Yannick Nézet-Séguin, C.C; O.M; D.H.C.

Music Director, The Philadelphia Orchestra

Music Director, The Metropolitan Opera of New York

Directeur artistique et Chef principal, Orchestre Métropolitain de Montréal

Honorary Conductor, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Honorary Membre, Chamber Orchestra of Europe

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Olivier Marchand, promotion 1947

C’est à titre de poète que me voilà associé à cet événement Nelligan.  Ce qui n’est pas mince affaire, puis-je dire.  Mais le Mont-Saint-Louis, en 130 ans, n’est pas là pour s’en étonner.  Déjà, il avait accueilli Nelligan.  Pourquoi pas Olivier Marchand?  Pourtant, la vocation du collège était plutôt scientifique et commerciale, quand j’y suis entré, mais le gros bataillon de Frères était en mesure de ne rien négliger sur le plan de la culture générale.Olivier Marchand 2

La bibliothèque du collège était un lieu privilégié et les cours de littérature occupaient une place importante.   Donc, tout en maniant l’algèbre et les cornues, j’ai pu, rue Sherbrooke, donner libre cours à mes élans poétiques et la revue MSL était là pour diffuser mes écrits.

Et j’étais peut-être stimulé par les mânes d’Émile et autres grands esprits hantant les corridors du vieux collège.  Si bien, qu’en 2013, dans le bel ouvrage résumant les 125 ans d’histoire du MSL, j’eus droit à une place de choix, au détriment de Nelligan.  Mais, cinq ans après, l’équilibre est rétabli. Nelligan est célébré comme il se doit en tant qu’Ancien.

À mon arrivée au Mont-Saint-Louis, en 1940, le collège avait à peine plus de 50 ans mais, à mes yeux de 12 ans, il paraissait déjà bien vénérable.

Partout, des escaliers monumentaux aux marches creusées par les pas impatients de centaines de jeunes gens.

Les vieux murs avaient quelque chose de rassurant, prenant exemple, si l’on peut dire, sur nos maîtres si dévoués.

C’est là, rue Sherbrooke, au coeur d’un quartier qui n’a pas tellement changé que j’ai écoulé sept années.

Nelligan vécut comme moi dans ce quartier et j’ai été habité, comme lui, de phantasmes que les bons frères surent contenir en me faisant réfléchir par l’étude de la philosophie et des grandes oeuvres de la littérature mondiale.

Aujourd’hui, pour bien des raisons, je suis honoré de m’associer à ce moment de la vie d’une grande institution d’enseignement, en compagnie d’un grand poète que je salue bien bas…

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Les brèves décembre 2018

Jade-Mariuka Robitaille, promotion 2007

A remporté le prix de la Meilleure Actrice Catégorie Horreur pour Terreur 404 au Rio WebFest au Brésil.

Olivier Arbour-Masse, promotion 2002

Fait partie des 20 personnes nommées pour les gestes les plus inspirants des prix MAMMOUTH 2018 de Télé-Québec.
Partager des solutions pour moins consommer
« Portant sur l’importance de consommer moins, la vidéo d’Olivier a tellement bien expliqué le concept de décroissance qu’elle a été vue et partagée plus de 3 millions de fois. »

Martin Sara 1986 et Éric Sara 1991

Sont copropriétaires de Schwartz’s dont c’était le 90e anniversaire récemment

Martin est vice-président administration et Éric est vice-président finances

Joseph Hillel, promotion 1980

Sortie de son documentaire Rêveuses de villes présenté dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal

Pierre Pichette, promotion 1980

Est président et fondateur de l’entreprise Sel et Caramel 
Ses produits sont disponibles en ligne www.seletcaramel.com

130e anniversaire du Mont-Saint-Louis Mot de la directrice générale

par Sylvie Drolet, directrice générale du Collège Mont-Saint-Louis

Le Collège Mont-Saint-Louis fête cette année ses 130 ans. Cette longévité enviable s’explique d’abord par le fort sentiment d’appartenance de ceux qui y œuvrent et des enfants qui y deviennent de jeunes adultes reconnaissants.

Cet anniversaire est l’occasion de rappeler que le jour où les frères des Écoles chrétiennes ont mis un terme à leur mission éducative, dans la foulée des changements sociaux qui ont bouleversé le Québec des années 1960, des parents et des éducateurs ont permis à l’institution de survivre en la transformant en une association coopérative dynamique, dont nous soulignerons bientôt les cinquante ans.

Du collège pour garçons de la rue Sherbrooke, dirigé par les religieux, à l’école mixte du boulevard Henri-Bourassa, laïque et établie selon un modèle coopératif, le Mont-Saint-Louis, comme le monde qui l’entoure, a bien changé. Révolution sociale et pédagogique, ouverture sur le monde, inclusion et interculturalité, les enjeux ne sont plus tout à fait les mêmes. Pourtant, la mission poursuivie demeure : former la jeunesse, former une belle jeunesse.

En tant qu’éducateurs, nous avons le privilège de côtoyer des jeunes qui interrogent, qui résistent, qui s’expriment, qui nous étonnent et nous surpassent. Ce faisant, ils nous obligent à nous réinventer, pour qu’entre nous qui vieillissons et eux qui ont toujours le même âge, l’héritage se transmette encore et toujours.

Ce soir, nous évoquons la mémoire et la poésie d’un de ces anciens élèves, que la contrainte et la conformité ont fait souffrir, une âme passionnée et tourmentée qui s’exprimait à contre-courant.

Ce soir, Nelligan est de retour au MSL. Prêtons l’oreille à sa poésie. Laissons son âme parler à la nôtre. Sans résister. En laissant au cœur le soin de trouver le sens.

Bonne soirée et longue vie au Mont-Saint-Louis !

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Hommage à Nelligan (1971) de Jean-Paul Lemieux

Lemieux Nelligan

Le peintre Jean-Paul Lemieux (1904-1990) a fréquenté le Mont-Saint-Louis en 1917-1918. Le poète Émile Nelligan (1879-1941) a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1890 à 1893.

Hugo Bélanger, promotion 1990

En 1989, le Mont-Saint-Louis célébrait son 100e anniversaire. J’étais à l’époque en quatrième secondaire et j’ai eu la chance de participer au spectacle commémoratif. Ce fut pour moi un moment important dans ma vie. C’est lors de cette soirée que j’ai eu la piqûre définitive pour l’art vivant. J’ai décidé d’en faire mon métier. Parce qu’on ne quitte jamais complètement le MSL, j’ai décidé à ma sortie de l’école de théâtre de redonner ce que j’avais reçu en animant la troupe de théâtre du Collège pendant sept ans.

Hugo Bélanger 2

Ces sept années furent autant, sinon plus marquantes que mes années d’étudiant. J’ai eu à ce moment-là une nouvelle piqûre déterminante dans ma vie : j’ai découvert la mise en scène. Et plus encore, j’ai décidé de créer la troupe de théâtre étudiante que j’ai toujours rêvé d’avoir. Un endroit où tout le monde était inclus et accepté. Une véritable famille où le timide et le rejeté avaient autant leur place que l’extraverti et l’élève populaire. Une troupe où on s’amusait énormément, mais où on travaillait fort et où on ne se contentait pas que du minimum. Rigueur et plaisir étaient au cœur de cette troupe. Et un fort sentiment de fierté et d’appartenance habitait chacun des élèves à un point tel que les anciens de la troupe revenaient nous voir, et ce, même s’ils avaient quitté le Collège depuis plusieurs années. Ces sept années furent des années marquantes pour ces élèves autant que pour moi. Elles m’ont donné le goût de reproduire professionnellement la même expérience humaine et riche que j’avais vécue alors.

Ces années au MSL ont façonné l’artiste et le créateur que je suis devenu, mais, d’abord et avant tout, elles m’ont rendu un meilleur humain. Un de mes anciens élèves -l’un de mes plus « tannants »-  m’a écrit un jour « merci pour l’homme que je suis devenu ». Merci au Collège Mont-Saint-Louis pour les hommes et les femmes que nous sommes devenus.

Joyeux 130e anniversaire!

Hugo Bélanger

Metteur en scène depuis plus de 20 ans pour le théâtre, le cirque et l’opéra, Hugo Bélanger a créé des spectacles qui ont été acclamés autant sur nos plus grandes scènes telles que le Théâtre du Nouveau Monde, le Théâtre Jean-Duceppe et la salle Wilfrid Pelletier, que sur des scènes étrangères en Amérique, en Asie et au Moyen-Orient. Il fera en 2019 la mise en scène du premier spectacle permanent du Cirque du Soleil en Chine.

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

100e assemblée annuelle de l’AAMSL Salutation et lecture de la directrice générale

Sherbrooke

Jean Di Zazzo 1956, Jean Delisle 1949, Daniel Gaudry 1969, Yvan Bordeleau 1963, Olivier Marchand 1947

11 septembre 2018

J’ai souhaité, en venant vous saluer ce soir, rappeler la création de l’Association des anciens, il y a un siècle de cela. Pour ce faire, j’ai plongé dans l’album Un demi-siècle au Mont-Saint-Louis, publié en 1939, à l’occasion du 50e anniversaire du Collège. Ce livre, comme il ne s’en fait plus, constitue un formidable témoignage de la vie au Collège à la fin du 19e siècle et au début du 20e.

À titre de directrice du Collège, ayant le défaut de n’en être pas issue, j’ai eu envie de vous faire cadeau de quelques extraits de cet album qui relatent la création de votre association. Les mots et le ton appartiennent souvent au passé, mais l’émotion et la fierté sont les mêmes. Je vous laisse en juger par vous-mêmes

[Extraits tirés de l’album Un demi-siècle au Mont-Saint-Louis, publié en 1939, pour le 50e anniversaire du Collège]

Les débuts

De tout temps, les anciens se firent une joie de revenir fréquemment à l’Alma Mater. Mais le collège dut attendre jusqu’en 1919 la fondation d’une Amicale ou « Association des anciens Élèves » (A.A.E.).

C’est que le frère Symphorien, directeur de 1893 à 1914, s’opposa toujours à la réalisation d’un projet qui était dans l’air depuis assez longtemps. Vers 1913, lorsque le Mont-Saint-Louis eut vingt-cinq ans, les demandes se firent plus pressantes, mais le frère Symphorien demeura inflexible. Pourquoi? D’abord, sans doute, parce qu’il n’aimait guère les innovations; et puis, peut-être, comme certains supérieurs que nous avons connus, parce qu’il craignait qu’on fît trop de différence entre ceux qui « en » seraient – et les autres.

Cependant, la volonté des anciens s’affirmait, et quelques-uns prirent l’habitude de se réunir hors du collège.

[…]

Telles furent les origines lointaines de notre belle Amicale. C’est en 1919, comme on sait, sous le directorat du frère Joseph, que le projet devait aboutir. Au cours des vacances de cette année-là, les réunions se firent plus nombreuses, plus actives, et l’on discuta sur les moyens à prendre pour former d’abord un noyau autour duquel les autres viendraient se grouper. Le 28 septembre, on ébauchait les règlements de la société, et l’on chargeait un Comité provisoire d’organiser l’assemblée plénière de novembre.

[…]

Les efforts des organisateurs portèrent leurs fruits, car l’assemblée convoquée pour le 30 novembre 1919 – date historique – dépassa en ampleur les prévisions les plus optimistes.

On estime à près de 850 le nombre des anciens qui avaient répondu à l’appel de l’Alma Mater.

[…]

Le jour de l’assemblée

Le frère Joseph s’adressa aux anciens dans les termes suivants :

« Votre présence ici, ce soir, réalise un de mes plus chers désirs : réunir les anciens élèves du pensionnat. Votre empressement à répondre à notre appel nous fait croire que vous éprouviez, vous aussi, le besoin de vous revoir. Je souhaite à tous, au nom de tous les Frères et des élèves du Mont-Saint-Louis, la plus cordiale bienvenue… Quelle joie intense, quelle fierté j’ai ressenties à la lecture des 650 réponses à nos lettres! Nous n’ignorions pas que vous occupiez des positions sociales plus qu’avantageuses. Dans toutes les classes de la société : le sacerdoce, la vie religieuse, le barreau, la médecine, l’industrie, le génie civil, le commerce, etc. nous vous trouvons aux premières … Vous êtes plus que jamais du Mont-Saint-Louis, en ce moment où vous vous groupez pour établir les bases d’une association qui vous tiendra plus unis. »

Puis le frère Symphorien, le directeur peu ouvert aux innovations dont il était question plus haut, prit la parole :

[…]

« On juge l’arbre par ses fruits […]. En voyant cette belle réunion d’anciens, je puis dire sans forfanterie que le Mont-Saint-Louis est un bon arbre. Vous êtes dans des carrières différentes, mais chacun de vous se distingue dans celle qu’il a embrassée. Un lien commun vous unit : vous êtes tous des catholiques pratiquants, de bons et honorables citoyens. »

[…]

Si ma mémoire n’est pas assez heureuse pour retenir les noms de tous les élèves du Mont-Saint-Louis, mon cœur est assez grand pour les contenir tous. Une réunion comme celle-ci laisse des souvenirs que le temps ne saurait effacer; et, comme l’a dit le poète Musset :

Un souvenir heureux est peut-être, sur terre, plus vrai que le bonheur. »

Ces paroles émouvantes du vieux chef qui avait façonné tant de générations d’élèves, furent accueillies par des applaudissements prolongés; on entonna même le sempiternel refrain : « Il a gagné ses épaulettes… »

[…]

La plupart des journaux firent écho à cette réunion mémorable.

Le Devoir, entre autres, insistait sur son caractère intime et familial : « Comme il faisait bon pour les anciens, de revoir leurs vieux professeurs, et d’échanger d’affectueuses poignées de mains avec des camarades qu’ils n’avaient pas rencontrés depuis longtemps! »

« Dimanche soir, imprimait la Patrie, les anciens n’ont cessé de gravir la pente qui mène à leur Alma Mater, de sorte que, vers sept heures, la séance put s’ouvrir…

[…]

L’œuvre accomplie

Il avait été décidé que les anciens se retrouveraient à l’Alma Mater le premier dimanche de chaque mois, pour y assister à la messe, y prendre le déjeuner et écouter des causeries données le plus souvent par l’un d’entre eux.

[…]

À partir de février 1921, les conférences n’eurent plus lieu le dimanche, mais à des jours variables. […]

Avec le temps, les présences se firent moins nombreuses, tant il est vrai que « tout passe, tout lasse ».

Bien que l’attrait de la nouveauté eût disparu, l’assemblée générale du dimanche 2 mai 1920 rappela par son ampleur celle de novembre 1919.

Au cours de l’année 1919-20, un comité spécial avait eu pour mission de codifier les divers règlements par lesquels sera régie notre Amicale. Une fois ces dispositions approuvées, l’Association fut incorporée sous les noms de Association des Anciens Élèves du Mont-Saint-Louis; en anglais : The M.S.L. Old Boys’ Union.

La nouvelle Société déclarait nettement avoir pour objet : 1. De maintenir et d’étendre les relations amicales et sociales entre les anciens élèves du Mont-Saint-Louis; 2. D’entretenir et de fortifier en eux les principes de foi catholique et d’honneur qu’ils reçurent au collège; 3. D’aider soit ses membres, soit d’autres personnes, à poursuivre leurs études; 4. De procurer à ses membres, la récréation et l’instruction de l’esprit ainsi que le délassement du corps; 5. D’aider les élèves à leur sortie du collège; 6. De promouvoir les intérêts respectifs de ses membres; 7. De travailler au recrutement du collège et de stimuler chez les élèves l’ardeur au travail par la fondation de bourses et le don de prix.

[…]

Les anciens ont été les premiers à bénéficier des avantages de l’Association. Elle a d’abord renoué entre eux les liens d’une camaraderie plus ou moins vieille. […] Depuis 1919, les « conventums », – célébrés après cinq, dix ou vingt ans – se sont faits de plus en plus nombreux, au point d’être devenus aujourd’hui monnaie courante.

Grâce à nos assemblées, grâce surtout à nos revues, les anciens lancés dans les professions libérales, dans l’industrie, le commerce ou la finance se font mieux connaître, et leurs cartes d’affaires les désignent aux encouragements des camarades. […]

En leur remettant sans cesse sous les yeux les enseignements passés et les exemples toujours vivants de leurs maîtres, l’Association engage les anciens à garder intact le patrimoine spirituel du collège. Mais elle ne pense pas qu’aux vivants : les disparus ont leur part aux souvenirs et aux suffrages de leurs confrères. […]

Et c’est grâce à l’Association, il faut le répéter, qu’appartiennent l’idée et la réalisation de la plaque de bronze où brillent les noms de nos morts à la Guerre.

[…]

Le Mont-Saint-Louis compte déjà un nombre considérable d’anciens qui se sont distingués dans toutes les carrières. […]

Mais les pères de famille ne peuvent rendre à leur vieux collège de plus éloquent témoignage qu’en lui confiant l’éducation de leur fils. C’est ce qu’un très grand nombre ont fait jusqu’ici.

[…]

Aussi, que les timides et les hésitants se rassurent! En venant grossir les rangs de notre Amicale, ils ne feront pas que verser une cotisation à bon escient, ils serviront leur propre cause, puisque le bien de la ruche est également le bien de l’abeille!

Que dire de plus? C’est une grande richesse pour le Mont-Saint-Louis de pouvoir compter sur une communauté d’anciens aussi dynamique et engagée que la vôtre… que la nôtre. Merci!

Longue vie à l’AAMSL!

Sylvie Drolet, directrice générale du Collège Mont-Saint-Louis

DG Président VP

Gabriel Marchesseault 2001, vice-président, Sylvie Drolet, directrice générale, Louis Nolin 2000, président