Maurice Lalonde, promotion 1948

maurice lalonde

En mai 2012, Lucienne Rioux-Morency, présidente de la Fondation et Danièle Bélanger, directrice de l’AAMSL et de la Fondation, ont rendu visite à monsieur Maurice Lalonde.

« Si un jour j’écris ma biographie, elle s’intitulera In search of an education. »
Maurice Lalonde incarne la satisfaction d’une vie accomplie. Même si le décès de sa femme en 1996, la mère de ses huit enfants, a laissé derrière lui une époque révolue,
il a trouvé la force de survivre à cette épreuve. À 82 ans, cet homme agréable a noté ses
souvenirs sur plusieurs pages manuscrites afin de préparer la rencontre avec les représentantes de son Collège.

Kingston, le 30 Mai 2012
La journée est magnifique, notre hôte est digne, bien mis, et nous fait bon accueil. Nous
sommes là pour parler du Mont-Saint-Louis, mais aussi de la vie bien remplie d’un ancien qui doit beaucoup à des parents attentifs à offrir une éducation de qualité à leurs enfants et à des frères qui ont accompli leur mission avec brio.

Les frères des Écoles chrétiennes : une communauté religieuse soucieuse d’offrir des services scolaires de qualité dans les milieux ouvriers. À Montréal, les écoles Saint-Henri, Saint-Laurent, Saint-Jacques et Sainte-Cunégonde offraient un enseignement primaire accessible à la communauté. Dans les années quarante, ce dévouement et cette attention particulière pour les enfants des familles de travailleurs démontraient déjà la modernité du projet éducatif des frères des Écoles chrétiennes.

En 1942, la famille Lalonde a fait le choix de revenir s’établir à Montréal, quittant la petite ville de Bedford dans les Cantons de l’Est, sachant que l’éducation serait ainsi plus
accessible à leur progéniture.

L’importance des bourses d’études
« Si je n’avais pas eu cette bourse, ma vie aurait été complètement différente ».
Le Mont-Saint-Louis fondé en 1888 à Montréal est le premier établissement d’enseignement secondaire bilingue de formation commerciale et
scientifique pour les garçons. Si ce collège accueillait plusieurs enfants issus de familles
aisées, des bourses d’études permettaient à des jeunes provenant de milieux plus modestes d’y accéder. Les élèves des classes de neuvième année fréquentant les écoles des frères des Écoles chrétiennes pouvaient prendre part à un concours institué chaque année leur permettant de bénéficier d’une bourse de quatre années d’études au Mont-Saint-Louis. Maurice Lalonde a eu la bonne fortune d’accéder ainsi aux études secondaires. Le jeune homme a alors poursuivi une certaine tradition familiale puisque plusieurs garçons Lalonde avaient fréquenté le Mont-Saint-Louis. Contre vents et marées, Maurice Lalonde a complété son cours scientifique, diplôme qui lui ouvrait entre autres les portes de l’École Polytechnique. Mais le choix d’une carrière militaire, une décision liée à un attrait irrésistible pour l’aviation l’amènera d’abord au Collège militaire Royal Roads à Victoria, puis au Collège militaire Royal du Canada à Kingston. Il faut dire que le Mont-Saint-Louis possédait déjà une certaine tradition militaire, la participation au corps de cadet étant obligatoire. En 1952, Maurice Lalonde se marie à Montréal avec une jeune fille de la Colombie-Britannique. Ensemble ils fonderont une famille et s’établiront dans diverses régions du pays et même en Europe. Ils vivront dix-sept déménagements et plusieurs vacances en camping, question de voir encore du paysage.

La carrière
Maurice Lalonde est ingénieur aéronautique, il a pris part à plusieurs envolées et
a fait partie du Quartier général de l’aviation à Ottawa. Son regard s’illumine lorsqu’il
nous parle de l’Arrow, l’avion qui devait devenir la plus grande réussite aéronautique
canadienne, mais qui a été sabordé par le premier ministre Diefenbaker. Il a été officier
de génie aéronautique, gérant de projet au Quartier général et assistant du général en
charge du génie aéronautique à Ottawa. Il a enseigné les mathématiques au Collège
militaire de Saint-Jean et il a été conseiller municipal (deux termes) échappant à la mairie en raison d’un déménagement. Un souvenir particulier lié au parcours professionnel? Sans hésitation, monsieur Lalonde parle d’une envolée au-dessus
du cercle polaire en 1960 alors que la surface observée était couverte de glace (ce qui n’est plus le cas présentement). Ce vol sans système radio permettant l’essai technique du nouveau système de navigation ANTAC fut effectué à la mi-août alors que le soleil et la lune ont rendez-vous. Maurice Lalonde a fait partie d’une petite équipe de pionniers dans le domaine de l’aviation canadienne. Et parallèlement à ces nombreux engagements professionnels, monsieur Lalonde a été très impliqué au sein du monde
de l’escrime : compétiteur, instructeur (maître d’arme) et responsable de l’organisation et de la gérance des compétitions d’escrime aux Jeux olympiques de Montréal en 1976.

Une retraite méritée
1984 : le début d’une retraie active, dans les Cantons de l’Est d’abord où le père de
famille avait trouvé le temps d’aménager une demeure pour les siens puis sur une ferme à Yarker près de Kingston, une terre de 125 âcres où monsieur Lalonde a finalement passé les plus belles années de sa vie auprès de sa compagne Daphnée. Ils élevaient les poulets et offraient le gîte à des amis et des connaissances. Elle jardinait, il s’occupait de la production de cidre de pomme pour le plaisir et de sirop d’érable plus sérieusement. Déclaré champion à la suite de sa participation à un championnat du monde, une
compétition qui se tenait à Toronto, Maurice Lalonde a introduit le sirop d’érable et les produits de l’érable dans la région de Kingston.

Et maintenant…
Le père, le grand-père, l’homme engagé, toujours préoccupé par les questions politiques et linguistiques trouve à bien remplir ses journées en réalisant des projets et en s’impliquant dans des causes qui lui tiennent à cœur. Il est fier d’avoir accompli un projet d’envergure pour ses descendants : Maurice’s Photo Legacy est un document
DVD présentant 3 000 images identifiées, issues d’une collection de 10 000 photos. Puis, à la suite de la maladie qui lui a enlevé sa bien-aimée beaucoup trop tôt, il s’implique activement au sein de l’organisation Death with dignity, soucieux de défendre cette
cause et de sensibiliser d’autres personnes à cet enjeu social et humain très important.

L’après-midi tire à sa fin. Nous avons le choix entre un verre de Sherry et une visite guidée de la ville dans une PT Cruiser rouge. La raison l’emporte et nous voilà partis pour le tour de Kingston, visite de la base militaire et du Fort Henry en prime.
D’autres souvenirs, d’autres anecdotes dans un décor splendide sur les rives du lac Ontario. Nous avons eu la chance de partager un très beau moment avec un ancien toujours attaché à l’institution qu’il a fréquentée il y a plus de soixante ans, un homme qui a bossé toute sa vie, fort de l’instruction et de l’éducation reçue, un don de ses parents et d’un Collège.

Le Mont-Saint-Louis
Maurice Lalonde se souvient du frère Jean et de la physique, du frère Robert et des mathématiques, du frère Roméo et de la littérature, du frère Victor et de l’anglais, du frère Gédéon, gradué de l’École des Beaux-Arts, et des cours de dessin, du frère Uzeb
responsable de la discipline et Major dans l’armée de réserve et enfin du frère David, professeur de chimie puis directeur. Le diplômé du cours scientifique est encore aujourd’hui émerveillé de la formation à laquelle il a eu droit : deux ans de philosophie et deux ans de latin, un enseignement bilingue prodigué par des hommes perfectionnistes et rigoureux sans êtres obsessifs et obtus. S’il a enseigné la trigonométrie sphérique à des élèves de première année à l’Université, Maurice Lalonde sait que c’est en 1re Sciences qu’il a abordé cette notion pour la première fois, au Mont-Saint-Louis. Enfin, si l’ouverture d’esprit caractérisait plusieurs instituteurs, pour Maurice Lalonde et sa famille, c’est chez le frère David qu’elle a pris tout son sens ; un directeur moderne et soucieux du bien-être de ses protégés.

Nous les anciens, septembre 2012

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