Regard sur le parcours de Jean-Pierre Davidts

Jean-Pierre Davidts, promotion 1970

Conteur et romancier, Jean-Pierre Davidts écrit depuis une trentaine d’années. Il a fait paraître au-delà de quarante titres en plus d’avoir publié dans différentes revues littéraires. Même si ses récits comportent souvent une touche d’humour, l’auteur ne prend pas la plume à la légère et son style imagé, très visuel, n’enlève rien à la qualité de l’écriture. Nul doute que Jean-Pierre Davidts est animé par la justesse des mots, mais il précise que ce qui l’intéresse par-dessus tout c’est « la mécanique du texte, l’ingéniosité de la construction, la beauté de la formule, la curiosité de l’intrigue. »

En 1987, son conte Griffedor et le dragon remporte le premier prix du concours d’écriture du Salon du livre de l’Outaouais. En 1995, il gagne le prix de la relève en littérature jeunesse Monique-Corriveau pour Contes du chat gris. En 2005, son livre Le Baiser de la sangsue est finaliste pour le Prix du Gouverneur général dans la catégorie littérature jeunesse de langue française. Jean-Pierre Davidts est aussi l’auteur de la série Les Mésaventures du roi Léon, qui comprend 17 titres, et il a publié sept tomes de la saga fantastique Les Sept larmes d’Obéron. Son livre Le Petit Prince retrouvé, paru en 1997, a connu un grand succès. Depuis 2008, l’auteur, qui a aussi publié un ou deux polars dans des collections adultes et jeunesse, collabore à l’occasion avec Soulières Éditeur. D’ailleurs, un nouveau Léon sortira à la fin de l’année alors qu’un autre est en chantier.

À propos de ces reconnaissances, l’écrivain confie : « Un lecteur qui me fait part avec enthousiasme du plaisir qu’il a ressenti en parcourant les pages d’un de mes opus me comble plus que tout honneur qu’on pourrait récolter, même si je ne suis pas insensible à de telles palmes. Peut-être parce que je m’enflamme moi-même rapidement au fil de certaines lectures et que j’adore partager cette passion. »

Si, dans ses récits, Davidts met parfois en évidence des aspects cocasses et insolites de la réalité, on perçoit aussi ce sens de l’humour chez l’homme à l’aspect calme et réfléchi. Le scientifique à l’apparence sérieuse, l’écrivain à l’allure réservée ne boude pas son plaisir en répondant à quelques questions.

Quel est le lien entre votre métier de traducteur et votre travail d’auteur ? La plume (ou l’encre, selon l’angle où on se place). Un mot sur le processus d’écriture, le vôtre : Je n’en ai aucun, dommage. Un mot sur l’importance de la littérature, de la lecture, pour vous, pour les jeunes notamment : L’évasion (et Dieu sait qu’on en a besoin de nos jours). On dit que votre amour des animaux imprègne votre œuvre… : J’ai cinq chats et je passe mon temps à leur ouvrir la porte. Ça résume bien la situation. Vous êtes probablement plus connu comme auteur jeunesse, qu’est-ce qui vous a amené là ? : Mon refus de vieillir (malheureusement, le corps ne suit pas).

La famille Davidts est arrivée au Québec en 1961. Originaire de Belgique, le couple s’est installé dans les Basses-Laurentides avec ses trois garçons. Jean-Pierre, l’aîné, inscrit en classe de 6e à l’école Jacques-Labrie, se distingue rapidement par ses aptitudes supérieures à la moyenne. C’est le père de famille, soucieux du parcours scolaire de ses enfants, qui fera la démarche nécessaire pour inscrire son fils au Mont-Saint-Louis. Le jeune de douze ans fera son entrée au collège  en septembre 1962 en Éléments latin (8e) plutôt qu’en Éléments français (7e). Ses frères Robert et Jacques le fréquenteront eux aussi par la suite. Le trajet pour se rendre au Mont-Saint-Louis durait deux heures et le garçon a intégré à son horaire ces quatre heures de transport quotidien.

Cinquante ans plus tard, plongeant dans le passé, Jean-Pierre Davidts évoque les noms de quelques enseignants. Le frère Ménard (Isidore de son véritable prénom) en versification, qui lui a fait aimer le français, le frère Alfred en anglais, madame Chlumecky, en littérature également, et Alexandre Feimer, qui lui a enseigné la physique. Notre ancien se souvient avoir joué dans la pièce Les deux sourds de Jules Moinaux, présentée dans l’amphithéâtre du collège sous la supervision de Vallon Legendre, un professeur de diction aussi responsable de la troupe de théâtre. Enfin, il se rappelle une expérience de physique ayant pour objectif de mesurer l’accélération et décrit avec amusement une utilisation originale que son partenaire de laboratoire et lui avaient imaginée, provoquant l’intervention du frère Herménégilde, le préfet de discipline.

Davidts a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1962 à 1970. Au cours de ces années, le jeune homme s’est lié d’amitié avec des camarades de classe ayant des intérêts semblables aux siens. C’est ainsi que le midi, ils se retrouvaient notamment pour jouer aux cartes. Jean-Pierre Davidts a beaucoup lu et écrit pendant cette période, indépendamment des exigences scolaires. Il fréquentait la librairie Tranquille, située sur la rue Sainte-Catherine non loin du Mont-Saint-Louis. À l’époque, ses écrits se résumaient à de simples pensées couchées sur le papier, sans objectif précis. Ces années de collège, il les a vécues au moment où la jeunesse étudiante était en ébullition. Le grand mouvement social issu de la France prenait place, c’était une époque de manifestations, la mixité s’invitait dans les institutions collégiales. À Montréal, c’était le moment de l’Expo 67 et de la construction du métro. Ces impressions d’une ville en effervescence et de changements de mentalités côtoient les souvenirs de ce passage au MSL. 

Après l’obtention du baccalauréat ès arts au Mont-Saint-Louis (1970), le jeune homme a fait des demandes d’admission à la faculté de médecine, à la faculté des sciences et à l’École polytechnique de l’Université de Montréal. Accepté dans les trois, il choisit de poursuivre ses études en sciences et complète un baccalauréat en microbiologie. Son parcours universitaire se termine par une maîtrise en traduction aux HEC, dans le cadre d’un programme spécial de bourses fédérales en compagnie d’autres scientifiques. Happé par la vie, il n’en rédige toutefois pas le mémoire de thèse.

De 1975 à 1984, le jeune homme travaille comme traducteur puis réviseur pour le Secrétariat d’État, à Ottawa. Ces premières années sur le marché du travail évoquent aussi de très beaux souvenirs. Davidts parle d’un milieu dynamique et stimulant, et se souvient qu’il était entouré de collègues brillants. Entre-temps, le traducteur commence à s’intéresser plus sérieusement au processus de création et en 1982 il participe à un atelier d’écriture sous la direction d’Élisabeth Vonarburg à la suite duquel il publie une première nouvelle dans la revue Solaris.

Jean-Pierre Davidts, qui a développé une expertise en traduction scientifique, travaille maintenant à son compte. Il vit dans les Laurentides depuis une dizaine d’années avec Patricia, son épouse, et se consacre à la traduction, comptant parmi ses clients le Conseil national de recherches du Canada, et, accessoirement, à la rédaction. Son fils de quarante ans, Nicolas, lui a donné deux petits-fils, Anthony et William, âgés respectivement de trois ans et de sept mois.  

Au Mont-Saint-Louis, notre ancien a profité de l’enseignement de professeurs qualifiés et passionnés. L’influence de certains a sans doute contribué à façonner l’esprit d’un homme talentueux tant dans le domaine des sciences que des lettres. Animé par son amour de la lecture et sa curiosité, Jean-Pierre Davidts semble avoir une profusion d’idées qui l’inspireront peut-être à poursuivre son œuvre. Espérons que sa volonté d’écriture perdurera et qu’il continuera à nous divertir de son imaginaire en jouant avec les mots pour assembler d’autres histoires.

Par Danièle Bélanger

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