Décès de Tony Heffernan : Témoignage de Jean-Pierre Cuerrier

Plouffe HeffernanCuerrier Gauvreau
Tony Heffernan, Robert Gauvreau, Pierre Plouffe et Jean-Pierre Cuerrier

Personnellement, j’ai d’abord côtoyé Tony Heffernan pendant mes 8 années au Collège MSL; il m’a souvent aidé, à sa façon, du point de vue conditions physique et psychologique, à me préparer aux saisons de basketball. On ne disait pas non à ses entraînements, même si ça bouillait intérieurement. Une anecdote: après une pratique intense de basketball orientée sur de la contre-attaque rapide et de la course, avec coach Jean-Guy Bédard, j’étais seul dans le gymnase pour décompresser et effectuer quelques lancers, Tony y est entré et a exigé de moi des « ciel et enfer »s, au point de dégueuler; il m’a dit alors: « Tu vois, tu n’es pas en forme! » Je lui ai mentionné: « Est-ce que ça aurait changé quelque chose de vous dire le genre de pratique qui a précédé? »; sa réponse, de son franglais habituel: « Non! Mais continue de bien travailler! Je sais maintenant que tu peux en donner plus! À demain, mon ami! »

Au Collège, comme responsable de la Société Sportive en 1968-1969, je me suis retrouvé à le côtoyer également sous un autre angle. Celui d’une personne de principes, qui défendait les valeurs d’équité entre les équipes sportives et qui voyait chez les jeunes adolescents de l’art brut à peaufiner et des personnes destinées à bâtir une société future solide et non malléable à tout vent. À l’Université de Sherbrooke, il a continué la promotion de ces valeurs, entre autres face à des équipes universitaires qui dérogeaient subtilement aux règles du « fairplay » et qui faisaient en sorte que les rencontres sportives devenaient inégales. Autres temps, autres moeurs! 

De retour des mes études doctorales, j’ai eu Tony comme étudiant dans certains de mes cours universitaires. Il était vu comme l’adulte qui retourne sur les bancs d’école, mais qui a un « je ne sais quoi » qui fait réaliser que toute bonne chose a ses obstacles et que bien que la perfection n’existe pas, il est primordial d’y tendre. Il a sûrement aidé plusieurs jeunes adultes qui se cherchaient face à leur nouveau statut d’étudiant universitaire. C’était par contre un autre monde pour lui et ce ne fut pas de tout repos; il n’est pas facile pour un passionné, opiniâtre, et quelque fois entêté, d’évoluer dans un milieu si changeant des années 70’s.

Nous sommes devenus des amis, et non plus en relation joueur-coach ou professeur-élève. Des discussions animées sur l’éducation autour d’une bière ou d’un café, des sorties de jogging LSD (Long Slow Distance), des services rendus de part et d’autres (trouver un appartement pour lui et Betty à leur retour de l’ouest du pays, l’engager dans mes projets de recherche), et des rencontres festives (un peu plus tranquilles avec le temps) durant ses visites à Sherbrooke ou à Montréal, sans oublier les tournois de golf ensembles.

Avec les années, je le voyais encore plus réflexif qu’avant, se questionnant sur son passé et son présent. Nous avons souvent discuté sur les bienfaits de la méditation pour lui. Loin d’être toujours en accord, jamais il y a eu jugement, et toujours beaucoup de respect. Nos deux appels téléphoniques, le mois avant son décès, resteront gravés longtemps dans ma mémoire: confinement quelque peu difficile pour lui, mais aucune plainte formelle, quelques mots sur son amie Rose et ses anciens Kodiaks, échange d’anecdotes qui nous ont bien fait rire, toujours de bons mots pour ma conjointe, et un « Je t’aime » bien senti avant de raccrocher.

Homme passionné, homme contesté, homme bon, homme d’influence.

Il a laissé sa marque et influencé de nombreux jeunes. Il m’a déjà dit: « Je sais que je n’ai pas la vérité, mais je fonce. À chacun d’en retirer les leçons qui en feront leur vie ».

Merci, collègues, amis(es), d’avoir pris le temps de me lire.

Jean-Pierre Cuerrier, Ph.D.

Promotion 1969, MSL

Professeur titulaire à la retraite, Université de Sherbrooke

 

Adieu « Coach »!

 

Par Marcel Desroches, promotion 1970

Tout le monde l’appelait Tony, il s’appelait Anthony Heffernan. À 86 ans, il nous a quittés non sans laisser une trace indélébile dans nos cœurs.

Grand, solide, irlandais d’origine, il a dirigé, dans les années soixante, d’une main de fer l’équipe de football des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis pendant presque une décennie. Avant son arrivée au Collège, il avait fait ses classes et ses preuves avec des équipes de football de Montréal-Nord, il prenait le soin de souligner qu’à l’époque le titre même d’enseignant en éducation physique n’existait pas.

Ensuite, à l’université de Sherbrooke il entraîne plusieurs équipes sportives, football, hockey, etc. Autres temps, autres mœurs : Il doit compléter ses études pour avoir le droit de continuer à entraîner des équipes sportives dans le milieu éducatif québécois. À Sherbrooke, il suit certains cours donnés par un de ses anciens joueurs, Jean-Pierre Cuerrier.  Il complète ses études à l’Université d’Ottawa où il insiste pour passer ses examens en français même s’il a le droit de les faire en anglais. Il m’a dit que ses notes en souffraient, mais qu’il n’était pas question de faire autrement, suite logique, car au Collège il insistait pour qu’on s’adresse à lui en français.

Lorsqu’il était à Ottawa, Il a dirigé un club de hockey pour jeunes. Il a eu maille à partir avec certains parents, car Tony donnait du temps de glace à chacun, avait une discipline stricte qui visait l’esprit d’équipe et non le vedettariat. À son retour à Montréal vers 1980, ses papiers officiels n’ouvrant pas toutes les portes, il était, à ses heures, peintre en bâtiment. Il a participé en 1982 à la mise sur pied de l’équipe de football Georges Vanier de Montréal avec l’aide de Luc Laurent un ancien des Kodiaks qu’il appelait affectueusement Kid. Puis il a laissé sa marque à titre d’éducateur au Centre de Jeunesse Shawbridge de 1985 à 1995, date où il a pris sa retraite. Son nom demeure gravé dans la mémoire de beaucoup de jeunes qu’il a aidés tout comme celui de ses confrères messieurs Sheldon Segal et Michel Métayer et bien entendu celui de Betty Davis sa compagne qui est décédée depuis et qu’on surnommait « The Mum of all the Kids ». Il a touché à tout, mais son cœur était à l’enseignement, à la transmission du savoir et il me disait toujours : « Ce qui est intéressant dans la vie c’est que je suis en apprentissage permanent. »

Je peux témoigner qu’il a changé avec le temps. Il était devenu presqu’un ascète où sa seule boisson était de l’eau chaude, où l’entraînement quotidien consistait à gravir les marches de sa Tour de (17) étages à répétition à pied et à faire de la méditation plus de quatre heures par jour. Il s’en voulait même de nous avoir fait tant souffrir lors de nos pratiques de football. Cela m’amène à l’essentiel : ces pratiques de football qu’il rendait plus difficiles que les parties et où il était impitoyable, où nous avons tant appris sur nous-mêmes. Sa philosophie se résumait à ceci, quand l’autre équipe sera épuisée, nous on commencera à peine à l’être. IL nous parlait constamment de fierté, il a même créé un « pride room » pour méditer avant nos parties. Le dénominateur commun à ses actions est l’amour qu’il portait à ses joueurs.  Il a toujours cru que la façon la plus efficace d’aider quelqu’un à traverser une épreuve était de lui dire qu’on l’aime.

Tony était de façon naturelle un bon enseignant et un bon pédagogue. Il a su garnir notre coffre d’outils. Il a eu dans ses rangs des Serge Bouchard, Claude Mailhot, Gilles Duceppe, Pierre Plouffe, Marc Simard, tous des champions à leur manière. Et combien d’autres comme moi Marcel Desroches qui ai utilisé ses enseignements tout au long de ma vie.


 

Comme je connaissais bien l’homme, on m’a suggéré d‘écrire un texte à sa mémoire. Je ne suis pas écrivain et pendant que j’étais à « moucher »  mes pieux de cèdres, voici comment ce texte est venu à moi.

Tout comme les Anciens, Tony avait l’œil. Il savait qu’on était fait de bon bois. Il devinait nos forces et aussi nos faiblesses. Il élaguait l’arbre, lisait la ligne du bois. Il nous obligeait à pousser droit et à bien vieillir. Pareil au choix d’un bon et solide pieu de cèdre, pour être sûr qu’on ne brise pas quand on nous masse sur la tête, il a fallu « moucher » l’extrémité la plus large avec une « plane », à contre sens du piquet. Ainsi aucun coup de masse ne pouvait nous fendre ou nous faire éclater. Il nous a préparés à faire face avec dignité. Il a tout notre respect.

J’ai mouché mes pieux en pensant à lui. Ça sentait la bonne odeur de cèdre dans l’atelier et je dois dire que je mouchais aussi mon nez, car cela fait du bien de pleurer un ami.

Quand quelqu’un disparaît à tout jamais et que sa marque reste indélébile dans le cœur de ses proches, alors se révèle encore avec plus d’éclat la vraie valeur de l’homme. Tony n’était pas seulement notre Coach, il était notre Coach de vie.

Il m’aurait dit : « Continue de méditer » Ce que je ferai en essayant d’honorer ses enseignements. Je me souviendrai toujours de sa phrase culte bien dite en français, mais avec une petite tournure anglophone qui faisait son charme : « Donne tout mon amour à ta famille! »

Adieu Coach, adieu Tony et merci pour tout.

Marcel, Kodiak 77


Quelques rappels de la carrière professionnelle bien remplie de Tony :

Entraîneur de football, hockey, basketball, volleyball…

Éducateur au Centre de jeunesse Shawbridge (entre 1985 et 1995)

2007 Intronisé au Hall de la renommée de L’Université de Sherbrooke

Coach à vie des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis

Homme intègre et lumineux pour Betty, Rose, John & Holly, Theresa, Jim, Alain, …

Marcel Desroches, promotion 1970 – 30 avril 2020

Merci à Yvan Bordeleau

L’AAMSL salue l’importante contribution de monsieur Yvan Bordeleau, promotion 1963, au renouveau du bulletin Nous les anciens.

Au cours des 12 dernières années, cet homme politique titulaire d’un doctorat en psychologie industrielle et organisationnelle, a veillé à la bonne marche de la publication du bulletin des anciens élèves du Mont-Saint-Louis. Au fil des années, il a consciencieusement piloté la sortie de nombreuses publications, toujours soucieux de maintenir le lien entre le MSL de la rue Sherbrooke et celui du boulevard Henri-Bourassa.

Si nous avons une belle histoire dont le point de départ se situe au centre-ville de Montréal, il fallait qu’un ancien, ayant profité de l’enseignement des frères des Écoles chrétiennes, nous rappelle ne pas l’oublier.

Lorsque je suis arrivée en poste en décembre 2010, je ne mesurais pas encore l’importance de l’héritage de ces 80 années d’enseignement des frères des Écoles chrétiennes au Mont-Saint-Louis. Yvan a su attirer mon attention et celle de nombreux autres anciens élèves sur l’importance de la reconnaissance de notre patrimoine.

Comme il l’exprime bien, au cours des dernières années, nous avons eu la chance de pouvoir compter sur la présence et l’ouverture d’esprit de directeurs généraux intéressés à cette histoire. Quant à Michel Hétu, promotion 1972, et Louis Nolin, promotion 2000 (fils de Pierre Claude Nolin, promotion 1970 et petit-fils de Jean-Claude Nolin, promotion 1944), ils ont, comme présidents de l’AAMSL, soutenu la publication et la diffusion de ce bulletin en contribuant ainsi à maintenir des liens entre les membres de notre communauté.

Cette amicale collaboration me manquera. Yvan Bordeleau nous laisse un précieux legs, un outil de communication d’une grande valeur. Merci!

Danièle Bélanger, promotion 1981

29 Janvier 2008, un jour mémorable pour moi…

Yvan Bordeleau, promotion 1963

Y Bordeleau

Quelques mois après le début de ma retraite, j’apprends que l’assemblée générale des membres de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis aura lieu quelques jours plus tard au Collège sur le boulevard Henri-Bourassa. Comme ancien du Mont-Saint-Louis de la rue Sherbrooke, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de passer devant le « nouveau » collège sans trop m’y identifier… mais, à tout hasard, je décide alors d’y assister par curiosité !  En entrant dans le collège, je suis surpris, avec une certaine émotion, de voir que ce hall fait place à de quelques vitrines mettant en évidence de nombreux souvenirs de « l’ancien » collège et de plusieurs anciens  du MSL. Je perçois alors que pour la direction, les responsables de l’Association des anciens et les professeurs, le Collège Mont-Saint-Louis a alors une histoire unique de plus de 125 ans.

Se tient ensuite l’assemblée générale qui fait alors état des rubriques et bilans habituels pour ensuite élire un nouvel exécutif. On m’invite alors à y participer et je décide d’accepter cette invitation probablement influencé par l’attachement que j’ai quelques heures auparavant pu observer entre le Mont-Saint-Louis du boulevard Henri-Bourassa et celui de la rue Sherbrooke. Au moment de la réunion des membres du conseil d’administration, c’est l’heure du partage des responsabilités entre les membres du nouvel exécutif. Je manifeste alors mon intérêt pour prendre en charge la publication de la revue des anciens du collège pour apprendre alors que, depuis quelques années, notre revue n’a pas été publiée. Je conviens à ce moment de revenir à la prochaine réunion avec une proposition plus précise.

Je propose donc de publier, trois fois par année, une revue sans prétention de huit pages mais de le faire de façon très régulière afin de rétablir le lien avec tous les anciens du Collège  que ce soit ceux de la rue Sherbrooke ou du boulevard Henri-Bourassa. Je favorise évidemment de concevoir cet outil de communication en mettant en évidence que c’est toujours la poursuite de l’histoire du même Mont-Saint-Louis qui s’est déroulée sur deux sites différents. Notre revue devait donc être le reflet de la vie des anciens MSL, représentatifs des deux phases de la vie de notre institution qui a débuté en 1888 et qui se poursuit maintenant depuis plus de  132 ans.

Depuis le début de cette aventure, nous avons effectivement publié, à trois reprises chaque année, sans interruption si ce n’est un seul écart (décembre 2019)  à cette politique pour des raisons hors de notre contrôle. C’est donc plus de 36 numéros de notre revue « Les anciens… » qui permis de maintenir le contact avec tous nos anciens collègues, de revitaliser notre réseau et de manifester notre fierté d’être des anciens du Mont-Saint-Louis. Nous y avons traité de l’âme et de l’histoire de notre Collège,  du succès de certains anciens, de nouvelles de la vie étudiante, des projets de développement, de la disparition inévitable de nos anciens collègues, etc. En plus de la publication de notre revue, signalons que les exécutifs successifs de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis ont misé simultanément sur diverses activités pour consolider l’esprit MSL et nous pensons ici à la nomination annuelle au Panthéon d’un ancien qui s’est particulièrement  illustré dans sa carrière et aux retrouvailles organisées en mai de chaque année. J’ajouterais également que j’ai eu le grand privilège d’avoir été à l’origine de ce projet qui fut accepté par la direction et d’avoir  pu investir beaucoup d’efforts dans la rédaction du livre publié à l’occasion du 125e anniversaire du Collège Mont-Saint-Louis. Ce fut un ouvrage de collaboration exceptionnel avec de nombreux anciens et membres du corps professoral du collège.

Après de long cheminement de 2007 à 2020, je pense que le moment est venu pour moi de passer le flambeau à une autre personne qui saura poursuivre la publication de notre revue afin de maintenir le lien avec tous les anciens, de les tenir informer concernant les nouvelles concernant les anciens et la vie du collège mais certainement aussi de faire évoluer la revue dans le cadre des développements technologiques importants et de l’essor des médias sociaux.

Bien modestement, je reconnais que, depuis 13 années, la publication de notre revue n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de nombreuses personnes, notamment les directeurs André Lacroix et Sylvie Drolet, les présidents de notre Association Michel Hétu et Louis Nolin. Un grand merci également à celle avec qui j’ai eu le plaisir de travailler étroitement depuis près de 10 années, Danièle Bélanger, ainsi qu’à tous les anciens du collège qui y ont contribué à l’occasion en prenant la plume. Merci à tous et longue vie à « Nous les anciens… »

 

 

Vie étudiante Mai 2020

MSL à la maison

Par Sylvie Drolet, Directrice générale

Après un arrêt de deux semaines pour prendre conscience de la situation et donner à chacun le temps d’apprivoiser son nouveau quotidien, le MSL s’est doté d’une plateforme en ligne pour poursuivre, le mieux possible dans les circonstances, ses activités scolaires et parascolaires. MSL à la maison est né de cet effort de notre communauté éducative pour poursuivre sa mission en tenant compte des enjeux de l’heure. Grâce à son équipe-école dévouée, le MSL s’est invité chez les jeunes pour enseigner, soutenir, divertir, susciter l’engagement et entretenir l’appartenance. Il a tendu la main aux familles pour accompagner des adolescents privés d’un milieu de vie, dont ils ne soupçonnaient peut-être pas toute l’importance.

Il va sans dire que, malgré ce riche déploiement, nous aspirons tous à nous retrouver dans l’enceinte réconfortante et inspirante de notre Collège. C’est lorsque nous sommes tous ensemble dans ses murs que le MSL trouve son essence et donne tout son sens à notre engagement.

La vie étudiante en temps de pandémie – Le MSL ferme, mais la vie continue

Par Dominique Delhaes, Directrice de la vie étudiante et des affaires corporatives

On ne s’était jamais demandé à quoi ressemblerait la vie de notre communauté si le Collège fermait pendant des mois alors que le MSL, jusqu’à il y a quelques années, ne fermait que rarement lors des pires tempêtes de neige.

Eh bien, il faut croire que la vie peut toujours nous surprendre! Le 12 mars dernier, nous apprenions que la plupart des écoles du Québec devaient fermer leurs portes pour une durée indéterminée.

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de la vie étudiante s’est mobilisée pour assurer le bien-être des élèves.

Dans un premier temps, les membres de la vie étudiante se sont mis en mode écoute pour bien comprendre ce que ressentaient les jeunes et pour leur permettre de s’exprimer.

C’est un mélange d’émotions, allant de la déception à l’anxiété, qui les habitaient, sans compter la tristesse de ne plus pouvoir se retrouver entre amis.
La fin abrupte de toutes les activités, bien souvent une source de motivation chez les élèves, a eu un impact important sur bon nombre d’entre eux.

Ce constat nous a permis de nous réinventer pour répondre différemment aux besoins de nos élèves.

La technologie aidant, comme les réseaux sociaux, le site Internet, les visioconférences, nous avons pu rester en contact avec les jeunes. On peut maintenant affirmer qu’il existe un MSL hors les murs.

Ainsi, depuis le 30 mars, nous proposons chaque semaine des activités aussi diversifiées que possible pour plaire à une vaste majorité d’élèves. Nous souhaitons que les élèves puissent maintenir cet équilibre vie scolaire – vie étudiante, même confinés à la maison.

Un aperçu de nos programmations hebdomadaires
Activités artistiques
• Un enseignant d’arts plastiques a créé la galerie virtuelle des élèves MSL où nos artistes ont pu déposer leur(s) œuvre(s). https://mslartgalerie.blogspot.com/
• Chaque semaine, nous avons présenté les numéros artistiques d’anciens élèves du MSL.
• Des adultes et des élèves ont offert des ateliers de couture.
• Un concours photo a été organisé en 3e secondaire. Les élèves ont soumis 300 photos dont 59 ont été retenues pour ce concours.
• Une invitation à soumettre leur chanson préférée pour former une liste Spotify a été lancée aux élèves.
• Plusieurs ateliers de collimage ou des projets à faire à la maison ont été proposés.
Activités culturelles
• Les élèves ont pu faire la visite virtuelle de musées, dont celle de Frida Khalo.
• Nous avons souligné plusieurs journées thématiques, comme les journées internationales du thé, de la danse, du coloriage, de même que la journée Star Wars.
• Nous avons profité de notre plateforme en ligne du journal Mon impression pour publier des articles fort intéressants de nos jeunes journalistes, dont des contes rédigés par les élèves de la 3e secondaire. À lire sur monimpression.ca
• Trois journées ont été dédiées à la francophonie. Les élèves ont été invités à participer à la dictée virale lue par des artistes du Québec et à #lireenchœur : la librairie s’invite à domicile, de même qu’à des jeux en lien avec la langue française.
• Le 22 avril, le MSL a célébré le jour de la Terre, en proposant des activités à saveur environnementale.
• Les élèves ont pu tester leurs compétences culinaires en préparant plusieurs recettes.

Activités d’engagement
• Chaque semaine, les jeunes ont eu droit à la capsule, La minute philosophique, de même qu’à des suggestions de bénévolat dans leur entourage.
• Une collecte de denrées non périssables au profit du SNAC a connu un grand succès.
• Plusieurs rencontres en mode visioconférence ont eu lieu avec les conseils de classe et différents comités d’élèves pour prendre de leurs nouvelles, mais aussi pour les impliquer dans le choix de certaines activités. Un moment d’échanges qu’ils ont beaucoup apprécié.
• Des activités pour les aînés ont été organisées. Entre autres, le projet Sous les balcons où les élèves du groupe La Quête ont chanté aux Jardins Millen. Ils ont aussi préparé de courtes vidéos pour divertir les aînés de la résidence Berthiaume-du-Tremblay.
• Une élève a préparé des entrevues sur le confinement avec des membres du personnel.

Activités sportives
• Nous souhaitions que les élèves continuent à bouger pour leur santé physique et mentale. De nombreuses activités sportives comme Bring Sally up, Fillactive, les entraînements de la FAC, Tournée quARTier à vélo, et bien d’autres leur ont permis de rester actifs.
• Le défi sportif du vendredi après-midi, entre des membres du personnel et des élèves, était un incontournable. En direct sur Instagram, cela permettait à un grand nombre d’élèves d’y participer ou d’encourager leurs pairs. Une belle occasion de rire un bon coup!
• Défi Bouge-toi l’cube : 129 participants ont bougé à vélo, à pied et à la course pour atteindre un objectif de 12 000 km. Les élèves ont même organisé le Tour de l’Île MSL le 7 juin.

Pour relaxer, s’amuser et rire tout en apprenant
• Plusieurs moyens pour relaxer et pour se recentrer sur les choses vraiment importantes ont été suggérés aux élèves : des capsules sur le rire, la musique, le yoga et comment lâcher prise.
• Nous avons aussi proposé des jeux comme Choses inutiles à savoir, Histoire dont vous êtes le héros, une capsule de mime, du bingo et des jeux questionnaires.

Ces temps exceptionnels, que nous ne souhaitons pas revivre, nous ont tout de même permis de constater que l’être humain peut s’adapter, mais aussi à quel point il peut faire preuve d’une grande ouverture et d’une créativité pour se réinventer.

Bravo et merci à toute l’équipe de la vie étudiante et à tous ceux qui collaboré à ses programmations hebdomadaires!

Citations d’élèves 
En quarantaine, le temps est long, mais c’est un bon moment pour reconnecter avec soi-même et reprendre des loisirs que je n’avais pas le temps de faire en temps normal. Élève 5e secondaire

Ma famille et moi aidons nos grands-parents en faisant leurs courses. Ils nous en sont très reconnaissants, ça leur permet de rester loin de ce virus. Élève 1re secondaire

Malheureusement, cette période de confinement n’apporte pas seulement de la joie. Pendant que nous nous reposons dans nos maisons, des milliers de gens héroïques vont travailler pour sauver des vies. Élève de 1re secondaire

Ça me permet de faire des choses que je n’avais pas pris le temps de faire avant. Par exemple, j’ai appris différentes sortes de nœuds et comment coudre. Élève de 3e secondaire

Triste anniversaire

Le Mont-Saint-Louis se souvient et tient à rendre hommage aux victimes de la tragédie routière survenue le 24 mars 1975.

Sylvie Rousseau, Jean-Marc Leduc et Benoit Lefebvre ont perdu la vie alors qu’ils étaient élèves du Mont-Saint-Louis et le Collège tient à honorer leur mémoire. Quarante-cinq ans plus tard, plusieurs de leurs consœurs et confrères de classe, des enseignants et des membres de la direction se souviennent de ces jeunes disparus.

Le 24 mars 1975 restera pour toujours un jour sombre de l’histoire du Collège Mont-Saint-Louis.

Au printemps 2020, dans un contexte social particulièrement difficile, la grande communauté du MSL apporte son soutien affectueux à tous ceux et celles qui ont été touchés de près ou de loin par ce drame survenu il y a 45 ans.

« La vie communautaire de l’école s’est particulièrement manifestée lors de l’accident tragique du 24 mars 1975 alors que 3 élèves ont perdu la vie et qu’un autre est devenu paralysé. Qui de ceux et celles qui furent témoins de cette tragédie, ne se souvient pas de ces célébrations au cours desquelles les élèves, professeurs et d’autres membres du personnel de l’école ont vibré ensemble à une même peine et ont prié dans une même espérance. C’était tellement dense qu’en 3 jours une chorale d’élèves s’est formée pour assurer une musique combien simple, mais réconfortante, dans une célébration qui commémorait la vie des disparus. »

Pierre Labossière, prêtre au Mont-Saint-Louis de 1969 à 1991 Extrait du livre : Collège Mont-Saint-Louis 1888-2013, 125 ans d’histoire, Témoignages d’hier et d’aujourd’hui. Initiateur du projet et rédacteur : Yvan Bordeleau, Responsable du projet et rédactrice : Danièle Bélanger, Conception graphique et photo de couverture : Jean-Louis Desrosiers

 

Le MSL, deux édifices mais les mêmes souvenirs

De la rue Sherbrooke…

L’architecture monumentale du bâtiment évoquait à mes yeux l’importance de l’institution qu’il abritait. Les marches vermoulues des escaliers et les rampes patinées par des régiments d’étudiants nous donnaient aux classes du 5e étage logées sous le toit en mansarde, mais j’ai encore en mémoire les « cabinets de curiosité », laboratoires des niveaux inférieurs, la cafétéria que nous partagions avec les étudiants du cegep du vieux Montréal, le tunnel qui menait au fabuleux gymnase et ses vitrines qui regorgeaient de trophées nous rappelant les exploits des Kodiaks et des équipes sportives qui ont bâti la réputation du Collège. Guy Tremblay, promotion 1973

Nous avons si souvent parcouru ces corridors alors que les classes étaient remplies du sourire et du travail des élèves! Parfois, nous avons dû le faire dans le calme effarant des vacances…et il est arrivé que, le soir, quand le silence peuple le pensionnat, nous y sommes passés hantés par le souvenir de ceux qui ont défilé dans ces larges avenues, riant à la vie, enivrés d’espérance, et qui ne sont plus!  Frère Robert

… au boulevard Henri-Bourassa

Le MSL vient tout juste d’emménager dans son nouvel édifice et tout le monde (personnel et élèves) doit en même temps prendre possession des lieux et donner une nouvelle vie à toutes ces classes, ces couloirs, ces bureaux et bien sûr cette immense cour extérieure. Au cinquième étage, ce sont les quartiers privés des frères. Ils sont encore plusieurs à résider au collège et à y enseigner. C’est la « cohabitation » avec les professeurs laïcs. C’est aussi l’époque d’une vraie « vieille partie » au MSL. Celle où les planchers et les escaliers de bois craquent et souffrent de partout. On y retrouve les locaux des parascolaires, des cours de dactylographie et pourquoi pas, le gymnase… Pour moi, tout ça et bien d’autres choses font de ces années la petite révolution tranquille du MSL. Mais au-delà des lieux, le MSL me rappelle que le collège a d’abord été un milieu de vie façonné au quotidien par toutes ces personnes qui, à travers leurs apprentissages, y ont appris à se connaître et à se développer. Stéphane Masson, promotion 1975

De génération en génération, une belle histoire humaine constituée de la continuation des mêmes souvenirs, rêves, projets et espoirs ! Longue vie au Collège Mont-Saint-Louis. Yvan Bordelean, promotion 1963

Extraits tirés du livre : Collège Mont-Saint-Louis 1888-2013, 125 ans d’histoire, Témoignages d’hier et d’aujourd’hui. Initiateur du projet et rédacteur : Yvan Bordeleau, Responsable du projet et rédactrice : Danièle Bélanger, Conception graphique et photo de couverture : Jean-Louis Desrosiers

Nouvelles de la Fondation Mai 2020

Habituellement dans cette édition du bulletin Nous les anciens, la Fondation du Collège annonce ses activités printanières et donne un aperçu de celles de l’automne. Avril 2020 : les activités de la Fondation sont annulées ou reportées à une date ultérieure. Nous nous apprêtions à tenir la 21e édition du tournoi de golf au Club de golf Les Quatre Domaines et à souligner avec enthousiasme la 5e édition du Vélotour MSL. Or la situation exceptionnelle que nous vivons a tout chamboulé pour le Collège et pour la Fondation.

Toutefois, la campagne majeure de financement 2016-2021 est en cours et nous comptons toujours sur l’appui des membres de notre communauté. Nous savons que plusieurs anciens sont sensibles au volet fonds de soutien de la campagne majeure de financement. Par le fonds de bourse, la Fondation vient en aide à des élèves dont la famille éprouve des difficultés financières. Cet aspect de la mission de la Fondation du Collège existe surtout grâce à la générosité de plusieurs anciens élèves.

Mon empreinte au MSL – don de 500 $ – En guise de reconnaissance, nous inscrirons votre nom sur un mur de l’aile Sault-au-Récollet

500 donateurs à 500 $ – En guise de reconnaissance, ces contributeurs recevront une reproduction d’aquarelle signée de l’artiste Stéphane J. Bourrelle, promotion 1981

Au cours des prochaines semaines, le conseil d’administration de la Fondation collaborera avec la direction du Collège afin de préciser les activités de financements à venir et de planifier si possible certains événements-bénéfices. L’année scolaire 2020-2021 sera différente, nous le savons, mais nous tenterons de trouver des moyens pour continuer à soutenir les élèves qui fréquentent le MSL.

Les Brèves Mai 2020

Patrick Francke-Sirois 2007 : Sortie du film Ressac CASADEL Films

Audrée Archambault 2004 : Sortie de CSI Ruelle verte T.1: Rouges tomates !, Les Éditions de la Bagnole

Émilie Choquet 2004 : Sortie du livre Un espace entre les mains, Boréal

Olivier Chiasson 2003 : Sortie du livre Le prof nomade: Folies d’Indonésie par Antoine Gervais

Maude Nepveu-Villeneuve 2002 : Remporte un Prix des libraires du Québec pour la jeunesse pour son album Simone sous les ronces, éditions FonFon

Valérie Lefebvre-Faucher 1996 : Sortie du livre Procès-verbal, Écosociété

Hubert Villeneuve 1995 : Sortie du livre Teaching Anticommunism: Fred Schwarz and American Postwar Conservatism, Éditions universitaires McGill-Queen’s

Pierre-Yves Villeneuve 1994 : Sortie du livre Gamer le livre Tome 8, Les Malins

Pierre Even 1981 : Producteur du film Maria Chapdelaine