100e assemblée annuelle de l’AAMSL Salutation et lecture de la directrice générale

Sherbrooke

Jean Di Zazzo 1956, Jean Delisle 1949, Daniel Gaudry 1969, Yvan Bordeleau 1963, Olivier Marchand 1947

11 septembre 2018

J’ai souhaité, en venant vous saluer ce soir, rappeler la création de l’Association des anciens, il y a un siècle de cela. Pour ce faire, j’ai plongé dans l’album Un demi-siècle au Mont-Saint-Louis, publié en 1939, à l’occasion du 50e anniversaire du Collège. Ce livre, comme il ne s’en fait plus, constitue un formidable témoignage de la vie au Collège à la fin du 19e siècle et au début du 20e.

À titre de directrice du Collège, ayant le défaut de n’en être pas issue, j’ai eu envie de vous faire cadeau de quelques extraits de cet album qui relatent la création de votre association. Les mots et le ton appartiennent souvent au passé, mais l’émotion et la fierté sont les mêmes. Je vous laisse en juger par vous-mêmes

[Extraits tirés de l’album Un demi-siècle au Mont-Saint-Louis, publié en 1939, pour le 50e anniversaire du Collège]

Les débuts

De tout temps, les anciens se firent une joie de revenir fréquemment à l’Alma Mater. Mais le collège dut attendre jusqu’en 1919 la fondation d’une Amicale ou « Association des anciens Élèves » (A.A.E.).

C’est que le frère Symphorien, directeur de 1893 à 1914, s’opposa toujours à la réalisation d’un projet qui était dans l’air depuis assez longtemps. Vers 1913, lorsque le Mont-Saint-Louis eut vingt-cinq ans, les demandes se firent plus pressantes, mais le frère Symphorien demeura inflexible. Pourquoi? D’abord, sans doute, parce qu’il n’aimait guère les innovations; et puis, peut-être, comme certains supérieurs que nous avons connus, parce qu’il craignait qu’on fît trop de différence entre ceux qui « en » seraient – et les autres.

Cependant, la volonté des anciens s’affirmait, et quelques-uns prirent l’habitude de se réunir hors du collège.

[…]

Telles furent les origines lointaines de notre belle Amicale. C’est en 1919, comme on sait, sous le directorat du frère Joseph, que le projet devait aboutir. Au cours des vacances de cette année-là, les réunions se firent plus nombreuses, plus actives, et l’on discuta sur les moyens à prendre pour former d’abord un noyau autour duquel les autres viendraient se grouper. Le 28 septembre, on ébauchait les règlements de la société, et l’on chargeait un Comité provisoire d’organiser l’assemblée plénière de novembre.

[…]

Les efforts des organisateurs portèrent leurs fruits, car l’assemblée convoquée pour le 30 novembre 1919 – date historique – dépassa en ampleur les prévisions les plus optimistes.

On estime à près de 850 le nombre des anciens qui avaient répondu à l’appel de l’Alma Mater.

[…]

Le jour de l’assemblée

Le frère Joseph s’adressa aux anciens dans les termes suivants :

« Votre présence ici, ce soir, réalise un de mes plus chers désirs : réunir les anciens élèves du pensionnat. Votre empressement à répondre à notre appel nous fait croire que vous éprouviez, vous aussi, le besoin de vous revoir. Je souhaite à tous, au nom de tous les Frères et des élèves du Mont-Saint-Louis, la plus cordiale bienvenue… Quelle joie intense, quelle fierté j’ai ressenties à la lecture des 650 réponses à nos lettres! Nous n’ignorions pas que vous occupiez des positions sociales plus qu’avantageuses. Dans toutes les classes de la société : le sacerdoce, la vie religieuse, le barreau, la médecine, l’industrie, le génie civil, le commerce, etc. nous vous trouvons aux premières … Vous êtes plus que jamais du Mont-Saint-Louis, en ce moment où vous vous groupez pour établir les bases d’une association qui vous tiendra plus unis. »

Puis le frère Symphorien, le directeur peu ouvert aux innovations dont il était question plus haut, prit la parole :

[…]

« On juge l’arbre par ses fruits […]. En voyant cette belle réunion d’anciens, je puis dire sans forfanterie que le Mont-Saint-Louis est un bon arbre. Vous êtes dans des carrières différentes, mais chacun de vous se distingue dans celle qu’il a embrassée. Un lien commun vous unit : vous êtes tous des catholiques pratiquants, de bons et honorables citoyens. »

[…]

Si ma mémoire n’est pas assez heureuse pour retenir les noms de tous les élèves du Mont-Saint-Louis, mon cœur est assez grand pour les contenir tous. Une réunion comme celle-ci laisse des souvenirs que le temps ne saurait effacer; et, comme l’a dit le poète Musset :

Un souvenir heureux est peut-être, sur terre, plus vrai que le bonheur. »

Ces paroles émouvantes du vieux chef qui avait façonné tant de générations d’élèves, furent accueillies par des applaudissements prolongés; on entonna même le sempiternel refrain : « Il a gagné ses épaulettes… »

[…]

La plupart des journaux firent écho à cette réunion mémorable.

Le Devoir, entre autres, insistait sur son caractère intime et familial : « Comme il faisait bon pour les anciens, de revoir leurs vieux professeurs, et d’échanger d’affectueuses poignées de mains avec des camarades qu’ils n’avaient pas rencontrés depuis longtemps! »

« Dimanche soir, imprimait la Patrie, les anciens n’ont cessé de gravir la pente qui mène à leur Alma Mater, de sorte que, vers sept heures, la séance put s’ouvrir…

[…]

L’œuvre accomplie

Il avait été décidé que les anciens se retrouveraient à l’Alma Mater le premier dimanche de chaque mois, pour y assister à la messe, y prendre le déjeuner et écouter des causeries données le plus souvent par l’un d’entre eux.

[…]

À partir de février 1921, les conférences n’eurent plus lieu le dimanche, mais à des jours variables. […]

Avec le temps, les présences se firent moins nombreuses, tant il est vrai que « tout passe, tout lasse ».

Bien que l’attrait de la nouveauté eût disparu, l’assemblée générale du dimanche 2 mai 1920 rappela par son ampleur celle de novembre 1919.

Au cours de l’année 1919-20, un comité spécial avait eu pour mission de codifier les divers règlements par lesquels sera régie notre Amicale. Une fois ces dispositions approuvées, l’Association fut incorporée sous les noms de Association des Anciens Élèves du Mont-Saint-Louis; en anglais : The M.S.L. Old Boys’ Union.

La nouvelle Société déclarait nettement avoir pour objet : 1. De maintenir et d’étendre les relations amicales et sociales entre les anciens élèves du Mont-Saint-Louis; 2. D’entretenir et de fortifier en eux les principes de foi catholique et d’honneur qu’ils reçurent au collège; 3. D’aider soit ses membres, soit d’autres personnes, à poursuivre leurs études; 4. De procurer à ses membres, la récréation et l’instruction de l’esprit ainsi que le délassement du corps; 5. D’aider les élèves à leur sortie du collège; 6. De promouvoir les intérêts respectifs de ses membres; 7. De travailler au recrutement du collège et de stimuler chez les élèves l’ardeur au travail par la fondation de bourses et le don de prix.

[…]

Les anciens ont été les premiers à bénéficier des avantages de l’Association. Elle a d’abord renoué entre eux les liens d’une camaraderie plus ou moins vieille. […] Depuis 1919, les « conventums », – célébrés après cinq, dix ou vingt ans – se sont faits de plus en plus nombreux, au point d’être devenus aujourd’hui monnaie courante.

Grâce à nos assemblées, grâce surtout à nos revues, les anciens lancés dans les professions libérales, dans l’industrie, le commerce ou la finance se font mieux connaître, et leurs cartes d’affaires les désignent aux encouragements des camarades. […]

En leur remettant sans cesse sous les yeux les enseignements passés et les exemples toujours vivants de leurs maîtres, l’Association engage les anciens à garder intact le patrimoine spirituel du collège. Mais elle ne pense pas qu’aux vivants : les disparus ont leur part aux souvenirs et aux suffrages de leurs confrères. […]

Et c’est grâce à l’Association, il faut le répéter, qu’appartiennent l’idée et la réalisation de la plaque de bronze où brillent les noms de nos morts à la Guerre.

[…]

Le Mont-Saint-Louis compte déjà un nombre considérable d’anciens qui se sont distingués dans toutes les carrières. […]

Mais les pères de famille ne peuvent rendre à leur vieux collège de plus éloquent témoignage qu’en lui confiant l’éducation de leur fils. C’est ce qu’un très grand nombre ont fait jusqu’ici.

[…]

Aussi, que les timides et les hésitants se rassurent! En venant grossir les rangs de notre Amicale, ils ne feront pas que verser une cotisation à bon escient, ils serviront leur propre cause, puisque le bien de la ruche est également le bien de l’abeille!

Que dire de plus? C’est une grande richesse pour le Mont-Saint-Louis de pouvoir compter sur une communauté d’anciens aussi dynamique et engagée que la vôtre… que la nôtre. Merci!

Longue vie à l’AAMSL!

Sylvie Drolet, directrice générale du Collège Mont-Saint-Louis

DG Président VP

Gabriel Marchesseault 2001, vice-président, Sylvie Drolet, directrice générale, Louis Nolin 2000, président

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Mot de la présidente de la Fondation

Chers anciens,

Je me permets de partager avec vous quelques informations concernant la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis.

Comme vous le savez certainement, la Fondation recueille des fonds pour deux raisons : contribuer aux réalisations mises de l’avant par le Collège afin d’offrir aux élèves des installations de qualité et permettre à certains jeunes dont la famille éprouve des difficultés financières de poursuivre leur parcours au Collège en bénéficiant d’une bourse d’étude.

La Fondation du Collège Mont-Saint-Louis est une corporation sans but lucratif. Elle possède son statut d’organisme de bienfaisance depuis le 1er janvier 1992 (numéro d’enregistrement : 898217849RR0001). Sa mission est de contribuer à l’amélioration des infrastructures du Collège et d’aider financièrement certaines familles par l’entremise de bourses d’études.

La Fondation remet ainsi des reçus aux fins de l’impôt pour les dons reçus. Un crédit d’impôt de l’ordre de 15 % (fédéral) et 20 % (provincial) sur le premier 200 $ et de 29 % (fédéral) et 24 % (provincial) sur la partie supérieure à 200 $.

Le montant versé sous forme de bourse aux élèves depuis septembre 2018 est de 23 000 $. Les besoins sont grands, car la Fondation reçoit de plus en plus de demande d’aide financière.

Les dons peuvent être faits à un moment donné ou étalés en plusieurs versements (hebdomadaire, mensuel). Ainsi, par exemple, un don de 10 $ par semaine pendant 52 semaines apportera la somme de 520 $ à la Fondation et un crédit d’impôt d’environ 240 $ pour le donateur. L’entièreté de la somme sera remise par la Fondation à une famille éprouvant des difficultés financières.

Il n’y a pas de petit don. Si votre situation financière vous le permet n’hésitez pas à aider des élèves à poursuivre leurs études au Mont-Saint-Louis en contribuant au fonds de bourse de la Fondation.

Lucienne Rioux-Morency, présidente de la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis

Juin 2019

20e anniversaire du Tournoi de golf de la Fondation du Collège Mont-Saint-Louis

Sous la présidence d’honneur de Claude Mailhot, promotion 1967 et Russell Miller, promotion 1981

Plus de détails à venir sur la nouvelle page Facebook de la Fondation

130e anniversaire du Mont-Saint-Louis 1888-2018

Dans le but de marquer le 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis, le Collège, la Fondation du Collège et l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis présentent Nelligan de retour au MSL, une soirée poétique et musicale.

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Jeudi 8 novembre 2018 à 20 h au Collège Mont-Saint-Louis

Première formule Cocktail dînatoire et spectacle 95 $ Accueil à compter de 17 h 30

Deuxième formule Spectacle seulement 50 $ Accueil à compter de 19 h 15


Un apéro sera offert – Service de bar sur place

Nombre de places limité – Places non réservées


Émile Nelligan (1879-1941) a composé toute son œuvre poétique entre le printemps 1896 et l’été 1899. Il a notamment fréquenté le Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke. Quelque 125 ans plus tard, des artistes issus de notre communauté interpréteront des œuvres qui l’ont inspiré ou tirées de ses poèmes; ils liront aussi quelques-uns de ses poèmes.

Voici un texte qui évoque un moment important de la vie du poète :

Cela se passe le 26 mai 1899.

L’historique Château Ramezay brille de tous ses feux sous un ciel étoilé. Il ouvre ses salons, ce soir, à une assistance nombreuse et distinguée. C’est la quatrième séance publique de l’École Littéraire de Montréal : les poètes de la jeune génération s’expriment.

La soirée se déroule normalement. L’orateur qui laisse la tribune reçoit beaucoup d’applaudissements. Un jeune homme qui n’a pas vingt ans se lève. Le silence se fait. Tous les regards se tournent sur lui. Tel un jeune dieu, il s’avance lentement.

Un poète le vit ainsi : «Une vraie physionomie d’esthète! Une tête d’Apollon rêveur et tourmenté, ou la pâleur accentuait le trait net, taillé comme au ciseau dans un marbre. Des yeux très noirs, très intelligents, ou rutilait l’enthousiasme, et des cheveux, oh! Des cheveux à faire rêver, dressant superbement leur broussaille d’ébène, capricieuse et massive, avec des airs de crinière et d’auréole.»

Il lit Le Talisman, puis Rêve d’artiste : Sa voix est grave et trainante, avec un léger accent anglais, qui n’est pas dépourvu de charme, note un autre observateur et qui ajoute : Sa bouche sur laquelle se dessine un sourire doucement triste, ne semble avoir été formée que pour réciter des vers.

Le geste est ample et solennel. La voix de l’adolescent porte en ses murs vieux de près de deux siècles. Il clame maintenant d’une voix passionnée :

La Romance du Vin

C’est le triomphe!

Les applaudissements, mus par l’émotion et l’admiration, prennent la fureur d’une ovation. Le délire, quoi! Ses amis le portent sur leurs épaules jusque chez lui, près du Carré Saint-Louis.

J’ai vu ce soir Nelligan en pleine gloire, dira son ami, le poète Louis Dantin…

Cet extrait provient du livre de Réal Bertrand (1980), Célébrités canadiennes.

Gilles Duceppe, promotion 1968, nommé au Panthéon des anciens du Mont-Saint-Louis

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Gilles Duceppe est l’aîné d’une famille de sept enfants. Né en juillet 1947, il a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Il est le fils de l’acteur Jean Duceppe et d’Hélène Rowley. Après des études classiques au Collège Mont-Saint-Louis, où il se démarque en étant président de l’Association générale des étudiants (de 1966 à 1968), il étudie en science politique à l’Université de Montréal. En 1967, il se distingue comme membre fondateur du Cégep du Vieux Montréal et l’année suivante, il est vice-président de l’Union générale des étudiants du Québec.

En 1970, il devient directeur du journal Le Quartier latin. Il milite par la suite dans les quartiers défavorisés de Montréal. Il fut également cadre responsable du secteur est de Montréal à la Compagnie des jeunes Canadiens avant d’être, en 1976, organisateur communautaire et syndical. De 1981 à 1990, il travaille comme organisateur et négociateur à la CSN.

En 1990, il devient le premier député souverainiste élu à Ottawa. Il sera successivement porte-parole du Bloc Québécois dans plusieurs dossiers (1990-1993), whip en chef, leader parlementaire et chef par intérim de l’opposition officielle (1993-1996). Élu chef en 1997, il sera chef de l’opposition officielle. Sous sa direction, le Bloc remportera la majorité des sièges au Québec lors des élections de 1997, 2000, 2004, 2006 et 2008.

Chef du Bloc québécois de 1997 à 2011, il a dirigé une forte délégation de députés à la Chambre des communes. Ce grand défenseur des intérêts du Québec a été un parlementaire rigoureux et performant. Il a contribué à faire avancer le Québec sur des sujets importants, tels le déséquilibre fiscal, le transfert des compétences en matière de main-d’œuvre, le supplément de revenu garanti pour les aînés, la loi antigang et la reconnaissance de la nation québécoise.

Il se retire de la vie politique en 2011, reprenant temporairement la direction du Bloc Québécois lors de l’élection fédérale de 2015. Il devient par la suite chroniqueur, commentateur et analyste politique.

Engagé socialement, Gilles Duceppe est président du C.A. de la Compagnie Jean-Duceppe depuis 2012. Il a été membre du C.A. de Juripop et du Festival de films Fantasia (2012-2015) et coprésident de la Commission nationale d’examen de l’assurance-emploi (2013).

Gilles Duceppe est Chevalier de l’Ordre de la Pléiade (2000) et Officier de l’Ordre national du Québec (2016).

La communauté du Mont-Saint-Louis rend hommage à un homme de convictions, inspirant le respect par la richesse de son parcours et de sa personnalité.

Regards croisés sur Athanase David et Ernest Cormier

David Cormier

Par Sylvie Drolet, directrice générale du Collège Mont-Saint-Louis

Le 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis nous semblait un moment opportun pour honorer deux anciens, qui ont connu les débuts de l’histoire du Collège et qui ont fortement marqué la société québécoise.

 Le MSL

Les deux hommes dont il s’agit, puisque le Mont-Saint-Louis n’avait pas encore à l’époque le privilège d’accueillir des femmes, sont nés à la fin du XIXe siècle et se sont suivis sur les bancs du Collège. Le premier, Athanase David, est devenu avocat et homme politique, tandis que le second, Ernest Cormier, a étudié le génie civil, avant de devenir architecte.

Le jeune Athanase a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1891 à 1895, alors que son confrère Ernest y était de 1895 à 1902. On les retrouve d’ailleurs tous les deux en premiers communiants, très sérieux, sur des photos du livre souvenir du demi-siècle du Collège.

Nous aimons à penser que l’élève David a assisté, ébahi, à la séance de… lanterne magique proposée aux élèves à la rentrée scolaire de 1891 et qu’une œuvre du jeune Cormier a fait partie des travaux des élèves du Collège récompensés à l’Exposition universelle de Paris en 1900.

 La Première Guerre mondiale

Nos deux anciens ont connu les temps troublés du début du siècle dernier.

Admis au Barreau du Québec en 1905, brillant orateur, Athanase pratique le droit pendant une dizaine d’années au sein de différents cabinets montréalais, avant d’entreprendre une carrière politique. En 1914, il est président de l’Association du jeune Barreau de Montréal. Pendant la Première Guerre mondiale, Athanase David est député libéral de Terrebonne. À titre de secrétaire de la province de Québec, il intervient jusqu’en 1936 dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des affaires sociales et de la culture.

Diplômé de l’école polytechnique de Montréal, Ernest Cormier poursuit ses études à l’École des beaux-arts de Paris. Récipiendaire d’une bourse, Cormier passe le début de la première guerre à Rome, où il s’imprègne des trésors de l’architecture gréco-romaine, de la Renaissance et du Baroque italien. De retour à Paris en 1917, il travaille pour une firme d’ingénieurs et obtient le diplôme d’architecte du gouvernement français.

Le service public

Nos deux amis ont consacré leur vie au service public.

Comme député, Athanase David fait de l’éducation une de ses priorités. Il a d’ailleurs prononcé une conférence sur ce thème en décembre 1920, devant la très jeune Association des anciens du Mont-Saint-Louis, qui venait de souligner sa première année d’existence. Il sert au sein des cabinets de Gouin et de Taschereau, assurant la mise en œuvre d’importantes mesures sociales et culturelles, qui ont marqué les débuts de l’intervention de l’État en éducation et en santé. En 1940, il devient sénateur et le demeure jusqu’à son décès.

De retour à Montréal en 1918, Ernest Cormier se fait rapidement un nom. Architecte et ingénieur de talent, sa sensibilité et ses intérêts le portent vers la commande publique. Au début des années 1920, il conçoit avec Jean-Omer Marchand l’École des Beaux-Arts de Montréal. Puis, il collabore à la conception de l’annexe au palais de justice de Montréal. En 1925, il devient l’architecte de l’Université de Montréal et dessine le plan de son nouveau campus et de son pavillon principal. À la fin des années 1930, il dessine le bâtiment de la Cour suprême du Canada, à Ottawa. En 1947, il conçoit les portes d’entrée du siège de l’Organisation des Nations unies à New York. Dix ans plus tard, il entame l’un de ses derniers grands projets, le Grand Séminaire de Québec, aujourd’hui intégré à l’Université Laval.

 La culture

Nos deux confrères ont fait beaucoup pour la culture au Québec.

Nous devons à Athanase David la fondation d’importantes institutions culturelles comme les Archives nationales, le Musée national des beaux-arts du Québec, l’École des beaux-arts de Montréal et de Québec et la Commission des monuments historiques. Il fait adopter en 1922 une loi qui instaure des concours littéraire et scientifique, destinés à soutenir le travail des écrivains et des chercheurs. Ces concours donnent accès à des prix, appelés à l’époque les Prix David, devenus aujourd’hui les Prix du Québec.

Pendant plus de trente ans, Ernest Cormier œuvre comme professeur à l’école Polytechnique et à l’école des Beaux-Arts, soucieux de transmettre son savoir. Doté de nombreux talents, il se consacre aussi à l’aquarelle et à la reliure. C’est un artiste. Sa maison, qu’il a dessinée et fait construire, a été classée monument historique par le Gouvernement québécois en 1974. Elle est aujourd’hui considérée comme un chef-d’œuvre de l’Art déco.

Les honneurs

Nos deux illustres anciens ont eu droit à plusieurs honneurs.

Athanase David est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1923, puis officier et commandeur. En 1944, le village de Saint-Jean-Baptiste-de-Bélisle, dans les Laurentides, est renommé Val-David en son honneur et en celui de son père, Laurent-Oliver David, avocat, journaliste et homme politique. En 1968, le Prix du Québec, en littérature, devient le prix Athanase-David.

En 1929, Ernest Cormier est reçu compagnon de l’Institut royal des architectes britanniques. En 1942, il reçoit un doctorat honoris causa de l’Université de Montréal, puis reçoit l’Ordre du mérite de l’École polytechnique. Parmi de nombreuses médailles, on compte celle d’officier de l’Ordre du Canada en 1974. En 2014, le Gouvernement du Québec crée, dans le cadre des fameux Prix du Québec, le prix Ernest-Cormier, pour honorer l’ensemble d’une œuvre dans les domaines de l’architecture et du design.

L’AAMSL a accueilli Athanase David et Ernest Cormier au Panthéon des anciens, deux hommes au parcours inspirant, deux anciens auxquels le Mont-Saint-Louis est fier de rendre hommage.

100e assemblée annuelle de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis

Le mardi 11 septembre 2018 à 19 h au Collège Mont-Saint-Louis

À ce sujet, quelques mots issus de l’Album jubilaire publié en 1939 :

De tout temps, les anciens se firent une joie de revenir fréquemment à l’Alma Mater.

30 novembre 1919 – date historique – fondation d’une Amicale ou « Association ses anciens élèves » : On estime à près de 850 le nombre des anciens qui avaient répondu à l’appel de l’Alma Mater. La salle de récréation des Moyens était remplie, et l’on pouvait lire sur tous les visages la joie de se retrouver en famille.

À la fin de cette rencontre le frère Symphorien dira quelques mots aux anciens : Une réunion comme celle-ci laisse des souvenirs que le temps de saurait effacer; et, comme l’a dit le poète Musset :

« Un souvenir heureux est peut-être, sur terre,

Plus vrai que le bonheur. »

 Un demi-siècle au M.-S.-L. 1888-1938

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Conventum 1963

 

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par Yvan Bordeleau, promotion 1963

À l’occasion des retrouvailles MSL 2018, une présence remarquée fut celle de la promotion 1963 puisque 14 anciens MSL s’étaient réunis pour souligner le 55e anniversaire de leur promotion : Yvan Bordeleau, Ronald Bouchard, Pierre Boulianne,  Gilles Cadieux, Aubert Dancose, André Deschambault, Pierre Desjardins, Pierre Girard, André Gravel, Jean Grothé, André Hébert, Michel Hotte, Michel Lippé et Gilles Murray. S’étaient excusés de ne pouvoir être présents : Paul-André Bolduc, Gérard Douville, Serge Gouin, Claude Saint-Laurent et Jean Turcotte. Ce fut une rencontre très agréable consacrée au partage de nos souvenirs, de nos cheminements professionnels… de même que de nos états de santé.  Ce fut également l’occasion d’avoir une pensée pour nos anciens collègues décédés : Claude Beauchamp, André F. Legault, Daniel Chaussé et Michel David. Soulignons que Gilles Murray en a profité pour déposer, dans les archives du Collège, quelques objets de mémoire reliés à son passage au Mont-Saint-Louis. Tous ont souhaité pouvoir se rencontrer à nouveau autour d’un bon repas… À suivre.