Merci aux artistes qui ont participé au spectacle du 8 novembre 2018

 

Louis-Martin Gignac

Louis-Martin Gignac, 18 ans, ancien MSL promotion 2017. Étudiant au cégep de Saint-Laurent en littérature, il est impliqué dans de nombreux projets (troupe de théâtre de Saint-Laurent, Cégep en spectacle, équipe d’improvisation, etc.).

 

Anne-Marie Beaudette

Reconnue pour la finesse de ses interprétations et sa connaissance du répertoire baroque français, la soprano québécoise Anne-Marie Beaudette poursuit sa carrière entre la France et le Québec depuis bientôt dix ans. Elle collabore avec plusieurs ensembles dont le Poème harmonique, Les Paladins, les Cris de Paris, le Concert Spirituel et l’Ensemble Pygmalion. Elle a chanté sur les scènes de l’Opéra-Comique de Paris, des opéras d’Avignon, Reims, Metz et à l’Opéra Royal du Château de Versailles. Elle défend le répertoire français avec le Centre de musique baroque de Versailles et avec l’ensemble Les Monts du Reuil, exhumant les opéras comiques de Duny, Philidor, Méhul et Grétry. Récemment, elle était soliste dans l’Oratorio de Noël de Bach avec le Studio de musique ancienne de Montréal et l’ensemble Caprice. Cette saison elle sera soliste avec le Studio de musique ancienne de Montréal dans la série des Cantates de Bach à la salle Bourgie et avec le Chœur de Laval sous la direction de Dany Wiseman.

Dominic Lorange

Dominic a été formé en théâtre, en chant et en danse à l’école supérieure de théâtre musical. Apprécié pour sa polyvalence et pour son jeu nuancé, il poursuit une carrière diversifiée en français et en anglais qui lui a permis de se produire autant à l’opéra, au théâtre qu’à la télévision, que ce soit sur des scènes locales ou internationales, en plus de prêter sa voix à des projets de doublage et de narration. Il faisait notamment partie de la création de l’opéra « Another Brick in the Wall » présenté en première mondiale à Montréal où il tenait le rôle du « Teacher ».

Jérémie Gates

Jérémie Gates a reçu un diplôme du Collège Mont-Saint-Louis en 2011. À la suite de sa graduation, il a continué ses études au CÉGEP Vanier en musique. Jérémie termine présentement une maîtrise en interprétation classique à l’Université McGill sous la direction de Julia Gavrilova. Il a aussi travaillé sous les pianistes Jean Marchand, Micheal McMahon, Ronan O’Hara et André Laplante.

Louis-Solem Pérot

Louis-Solem a grandi à Montréal dans un univers musical. Ses parents, Olivier Pérot, luthier, et Martine Rocheleau-Léger, professeure de violon, ont voulu donner à leur fils une éducation musicale dès son plus jeune âge. C’est à Québec qu’il découvre les possibilités de collaborations interdisciplinaires ainsi que la scène pop-rock émergentes  qui l’intéresse tout de suite. Il termine cette année son baccalauréat au Conservatoire de Musique de Québec dans la classe de Blair Lofgren. Le jeune musicien est rédacteur pour un blogue, il participe à des enregistrements en studio et il a aussi signé des arrangements de cordes sur différents projets.

Au Conservatoire, il est membre actif de la Classe de création dirigée par le compositeur Yannick Plamondon et siège au conseil étudiant de son école. L’art fait partie intégrante de sa vie et c’est pour lui une façon de rassembler, d’émouvoir et de partager.

Ariane Racicot

Ariane Racicot, ancienne élève du MSL, est d’abord formée en piano classique depuis l’âge de 6 ans. Elle change d’orientation pour le jazz à 16 ans et étudie aux côtés de Lorraine Desmarais au Cégep st- Laurent. Présentement, elle poursuit ses études en interprétation jazz à l’Université de Montréal.

Katherine Adams

Comédienne multidisciplinaire, Katherine Adams prête sa voix à de nombreux projets. Au cours des dernières années, elle a joué dans Les Tuches,  on l’a vue apparaître dans les 6 dernières saisons d’Unité 9 et elle a assuré la mise en scène des trophées francophones du cinéma à Beyrouth au côté de Costa Gavras. Productrice et auteure, elle a également agi à titre de directeur artistique auprès d’organisations nationales et internationales telles : La Conférence du millénaire, les Nations Unies, le comité olympique canadien, le Cirque du Soleil, Lune Rouge et plusieurs autres. Détentrice d’une maîtrise en art dramatique et avocate, Katherine a travaillé aux communications et aux relations publiques de la Cour Pénale Internationale et de ONE DROP. Avec son mari, le comédien Laurent Imbault, elle a fondé les Acteurs Associés, le premier regroupement d’acteurs autonomes au Québec, ainsi que Global Goodness, le premier média canadien consacré aux nouvelles positives.

Nabi-Alexandre Chartier

Son sourire et son afro emblématique ont marqué une génération. Gagnant de la première édition du concours VJ recherché, les Québécois l’accueillent quotidiennement dans leurs salons à l’émission Plus sur Commande diffusée sur les ondes de MusiquePlus. Depuis 2012, il travaille comme réalisateur, journaliste, et chroniqueur à plusieurs émissions d’ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE, dont La Faites du bruit et Culture Club. Il est également collaborateur à l’émission l’Heure est grave diffusée à Télé Québec.

Philippe Robert

Diplômé de l’École nationale de théâtre du Canada en 2006, Philippe a joué dans une trentaine de productions théâtrales, dont D’Artagnan et les Trois Mousquetaires (Théâtre Denise-Pelletier), PIG (Abat-Jour Théâtre), Sherlock Holmes et le chien des Baskerville (Théâtre Advienne que pourra), Münchhausen (Théâtre Tout à Trac), et Le bizarre incident du chien pendant la nuit (Compagnie Jean-Duceppe). Pour le Théâtre Advienne que pourra, il a signé l’adaptation et la mise en scène de Tom Sawyer, présentement en tournée.

Prochainement, on pourra le voir dans la pièce Un chêne, au Théâtre Prospero, ainsi que dans Le Schpountz, au Théâtre du Rideau vert.

Émilie Sigouin

Formée comme artiste visuelle à l’UQÀM, mime à l’école OMNIBUS puis comédienne au Conservatoire d’art dramatique de Montréal, Émilie Sigouin s’est spécialisée dans la création d’oeuvres scéniques interdisciplinaires. Dès sa sortie du Conservatoire, elle fonde Tête au Corps, pour laisser libre cours à ses créations. Depuis six ans, dans le cadre de cette compagnie, elle alterne ses activités entre le jeu, la mise en scène et l’écriture. Elle est notamment l’auteure d’Histoires ordinaires et de la courte pièce Limbes. Parmi ses engagements marquants, comme comédienne, elle collabore avec Denis Côté dans Que ta joie demeure, ainsi qu’avec des réalisateurs de la relève. Sur la scène, elle participe surtout à des créations, notamment à Rue Fable, une pièce de théâtre corporelle d’OMNIBUS.

Marie-Ève Trudel

Marie-Ève est diplômée de l’École de théâtre de Saint-Hyacinthe (récipiendaire du Prix Laurier d’or 2006). On a pu la voir dans les pièces La Corneille (Théâtre du Rideau Vert), les Zurbains (Théâtre le Clou), KICK (Théâtre aux Écuries), Televizione (Quat’Sous), et Harold et Maude (Duceppe). Elle a aussi participé à quatre productions du Théâtre Tout à Trac (Le Tout pour la Toux, Les Vieilles, Alice in Wonderland, Le Baron de Munchausen) qui l’ont emmenée en tournée au Canada, en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient. De 2011 à 2014, elle a travaillé avec le Nouveau Théâtre Expérimental. Elle est aussi lectrice à l’émission Plus on est de fous plus on lit sur les ondes de Radio-Canada Première.

Antoine Therrien

Antoine Therrien a terminé ses études au MSL en 1996. Ancien joueur d’impro, il a aussi entraîné l’équipe d’improvisation du Mont-Saint-Louis pendant quelques années. En 2002, le Collège l’engage comme enseignant de latin, puis d’histoire avant de lui confier la mise sur pied du cours de Civilisations classiques, propre au Collège. C’est à la rentrée scolaire 2010 qu’Antoine Therrien entre dans les fonctions de directeur de classe, poste qu’il occupe encore cette aujourd’hui.

Olivier Marchand

Olivier Marchand a étudié au Mont-Saint-Louis, rue Sherbrooke de 1940 à 1947. Il a ensuite passé plusieurs années à explorer l’écriture journalistique, moment où s’est établi entre lui et Gaston Miron une solide amitié. Il devient ensuite traducteur et rédacteur de dépêches à l’agence de nouvelles La Presse Canadienne. C’est à ce moment, en 1953, que paraît le mythique recueil Deux Sangs, expression de la démarche existentielle le liant à Gaston Miron. Deux Sangs donne le coup d’envoi des éditions de l’Hexagone, où Olivier Marchand réunit toute sa production en 1971, dans Par détresse et tendresse.

Jules Beausoleil

Jules Beausoleil, 11 ans, créatif, vif et déterminé.  Il entretient une passion pour les arts plastiques et dramatiques, pratique le théâtre depuis l’âge de 5 ans, rêve d’une carrière dans les arts de la scène.

Simon Bachand

Né le 10 novembre 1969 à Ville St-Laurent. Simon a toujours aimé dessiner et créer. Attiré par l’être humain, il a travaillé 17 ans en santé mentale, auprès des gens vivant de la détresse psychologique et étant aux prises avec des enjeux de santé mentale. En 2015, Simon décide de se consacrer à temps plein à la peinture qui était jusqu’à là un hobby.

Sa démarche est simplement la suite d’un parcours et la poursuite d’une quête qui est de connecter avec la vie et la vivre avec légèreté et authenticité. Les thèmes varient, mais ses objectifs restent les mêmes: Représenter la vie, faire vivre une expérience aux observateurs, les toucher, tout en continuant d’évoluer en tant que personne. En faisant cela, il éprouve un sentiment de liberté.

L’Art est une occasion de susciter une émotion, une introspection, peut-être éveiller quelque chose de latent chez l’observateur.

 

 

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Nelligan de retour au MSL 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis

par Danièle Bélanger, promotion 1981

 

Spectacle présenté au Collège Mont-Saint-Louis le 8 novembre 2018, une idée de Guy St-Onge, d’après l’oeuvre de Daniel Mativat

Les prémices de la présentation de ce spectacle remontent à 2013. Dès cette année-là, il a été question de regrouper des talents issus de la communauté des anciens du Mont-Saint-Louis afin de faire un spectacle. Si le projet ne s’est pas concrétisé pour le 125e anniversaire du Collège, c’est en 2018 qu’il a finalement vu le jour afin de souligner le 130e anniversaire.

La rencontre avec Ghislain Arsenault a été déterminante dans la réalisation du projet. Il a suggéré la tenue d’une première réunion de production à laquelle François Arbour a participé. C’est à la suite de cette rencontre que les représentantes du Collège, Lucienne Rioux- Morency, Dominique Delhaes et moi, avons compris qu’il y aurait un spectacle au Collège en 2018.

D’autres personnes se sont rapidement jointes à cette équipe de production : Anne-Marie Beaudette, Stéphane Bourrelle, Louis-Martin Gignac, Patrick-Franke-Sirois, Suzanne Léveillé et Dominic Lorange. Cette incursion dans le monde du spectacle nous aura permis à Lucienne, Dominique et moi de faire la connaissance de bien beaux êtres humains. Rencontres dynamiques, chaque réunion ouverte à de nouveaux invités fut l’occasion de faire avancer le projet et de tisser des liens avec nos anciens. À la suite d’une de ces rencontres, Dominic Lorange a bien exprimé ce que plusieurs d’entre nous ont ressenti au cours des derniers mois : « formidable réunion, pleine d’échanges constructifs où foisonnaient les idées ».

Ainsi, des artistes issus de notre communauté ont accepté de participer à ce projet de spectacle par passion, par amour de leur métier et du MSL…

La prestation du 8 novembre dernier, une mise en lecture, a rassemblé de beaux talents, comédiens, chanteurs, musiciens, gens de communication, gens de lettres, qui ont participé à un événement unique.

Si la vie de Nelligan est sombre, Daniel Mativat ne l’a pas dramatisée. Il a choisi de présenter un destin. Son œuvre nous permet de connaitre le talent indéniable d’un jeune homme qui voulait exprimer ses émotions, et de découvrir son imaginaire. C’est l’histoire d’un être différent, sensible, qui nous partage sa douleur de vivre en exprimant son désarroi.

Nelligan de retour au MSL, fut une humble tentative de présenter à notre façon une partie de l’œuvre du jeune poète.

Présentation des artisans et les artistes
Plusieurs anciens élèves du Collège ont généreusement accepté de participer à ce très beau spectacle et nous les remercions chaleureusement.
Nos lecteurs
Simon Chalifoux 2005, Katherine Adams 1981, Nabi-Alexandre Chartier 1999, Philippe Robert 1997, Émilie Sigouin 2004, Marie-Ève Trudel 1997, Antoine Therrien 1996, Olivier Marchand 1947
Nos chanteurs
Anne-Marie Beaudette 1997, Dominic Lorange 1992
Nos musiciens
Jérémie Gates 2011, Louis-Solem Pérot 2013, Ariane Racicot 2014
Nos Nelligan
Jules Beausoleil, Louis-Martin Gignac 2017

Simon Bachand 1986, artiste peintre, s’est laissé inspirer par ce très beau spectacle.

Conception, choix des textes, mise en lecture : Anne-Marie Beaudette, Danièle Bélanger, Suzanne Léveillé, Dominic Lorange
Réalisation scénique : François Arbour, Danièle Bélanger, Stéphane Bourrelle, Dominique Delhaes, Suzanne Léveillé, Gabriel Pelland
Collaborateurs à la production
Lucienne Rioux Morency, présidente de la Fondation
Consultant production : Ghislain Arsenault 1978
Design graphique : Stéphane Bourrelle 1981 et Nathalie Nassif 2NSB
Régie son : François Arbour 1983
Régie éclairage : Gabriel Pelland, 4e secondaire
Production des vidéos : Patrick Francke-Sirois 2007 Casadel Films
Projection vidéo : Lucas Azar, 5e secondaire
Technicienne de scène : Laurélie Ménard , 4e secondaire
Responsable photo : Colin Dumouchel, 5e secondaire
Responsable de la mise en lecture et coachnig d’acteur : Suzanne Léveillé
Coordination de l’événement : Danièle Bélanger et Dominique Delhaes

Émile Nelligan ou l’abyme du rêve de Daniel Mativat

Yannick Nézet-Séguin, promotion 1992

Le Collège Mont-Saint-Louis a mené, en 130 ans d’existence, des milliers d’élèves vers la réussite et le dépassement de soi. C’est tout un honneur d’y avoir étudié !

Yannick Nézet-Séguin.jpg

À l’intérieur d’une éducation de haute qualité et à la fine pointe des changements sociétaux multiples, le Mont-Saint-Louis a su réserver une place au rêve. C’est l’éducation, très certainement, mais aussi le rêve, qui propulsent les jeunes vers la réalisation de leurs idéaux !

Pour ma part, 25 années de rêve se sont écoulées depuis l’étude du Vaisseau d’or de Nelligan, en passant par le Vaisseau fantôme de Wagner… durant lesquelles je suis chaque jour reconnaissant au Collège Mont-Saint-Louis et à mes professeurs formidables.

Félicitations et merci à tous !

Yannick Nézet-Séguin, C.C; O.M; D.H.C.

Music Director, The Philadelphia Orchestra

Music Director, The Metropolitan Opera of New York

Directeur artistique et Chef principal, Orchestre Métropolitain de Montréal

Honorary Conductor, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Honorary Membre, Chamber Orchestra of Europe

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Olivier Marchand, promotion 1947

C’est à titre de poète que me voilà associé à cet événement Nelligan.  Ce qui n’est pas mince affaire, puis-je dire.  Mais le Mont-Saint-Louis, en 130 ans, n’est pas là pour s’en étonner.  Déjà, il avait accueilli Nelligan.  Pourquoi pas Olivier Marchand?  Pourtant, la vocation du collège était plutôt scientifique et commerciale, quand j’y suis entré, mais le gros bataillon de Frères était en mesure de ne rien négliger sur le plan de la culture générale.Olivier Marchand 2

La bibliothèque du collège était un lieu privilégié et les cours de littérature occupaient une place importante.   Donc, tout en maniant l’algèbre et les cornues, j’ai pu, rue Sherbrooke, donner libre cours à mes élans poétiques et la revue MSL était là pour diffuser mes écrits.

Et j’étais peut-être stimulé par les mânes d’Émile et autres grands esprits hantant les corridors du vieux collège.  Si bien, qu’en 2013, dans le bel ouvrage résumant les 125 ans d’histoire du MSL, j’eus droit à une place de choix, au détriment de Nelligan.  Mais, cinq ans après, l’équilibre est rétabli. Nelligan est célébré comme il se doit en tant qu’Ancien.

À mon arrivée au Mont-Saint-Louis, en 1940, le collège avait à peine plus de 50 ans mais, à mes yeux de 12 ans, il paraissait déjà bien vénérable.

Partout, des escaliers monumentaux aux marches creusées par les pas impatients de centaines de jeunes gens.

Les vieux murs avaient quelque chose de rassurant, prenant exemple, si l’on peut dire, sur nos maîtres si dévoués.

C’est là, rue Sherbrooke, au coeur d’un quartier qui n’a pas tellement changé que j’ai écoulé sept années.

Nelligan vécut comme moi dans ce quartier et j’ai été habité, comme lui, de phantasmes que les bons frères surent contenir en me faisant réfléchir par l’étude de la philosophie et des grandes oeuvres de la littérature mondiale.

Aujourd’hui, pour bien des raisons, je suis honoré de m’associer à ce moment de la vie d’une grande institution d’enseignement, en compagnie d’un grand poète que je salue bien bas…

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

130e anniversaire du Mont-Saint-Louis Mot de la directrice générale

par Sylvie Drolet, directrice générale du Collège Mont-Saint-Louis

Le Collège Mont-Saint-Louis fête cette année ses 130 ans. Cette longévité enviable s’explique d’abord par le fort sentiment d’appartenance de ceux qui y œuvrent et des enfants qui y deviennent de jeunes adultes reconnaissants.

Cet anniversaire est l’occasion de rappeler que le jour où les frères des Écoles chrétiennes ont mis un terme à leur mission éducative, dans la foulée des changements sociaux qui ont bouleversé le Québec des années 1960, des parents et des éducateurs ont permis à l’institution de survivre en la transformant en une association coopérative dynamique, dont nous soulignerons bientôt les cinquante ans.

Du collège pour garçons de la rue Sherbrooke, dirigé par les religieux, à l’école mixte du boulevard Henri-Bourassa, laïque et établie selon un modèle coopératif, le Mont-Saint-Louis, comme le monde qui l’entoure, a bien changé. Révolution sociale et pédagogique, ouverture sur le monde, inclusion et interculturalité, les enjeux ne sont plus tout à fait les mêmes. Pourtant, la mission poursuivie demeure : former la jeunesse, former une belle jeunesse.

En tant qu’éducateurs, nous avons le privilège de côtoyer des jeunes qui interrogent, qui résistent, qui s’expriment, qui nous étonnent et nous surpassent. Ce faisant, ils nous obligent à nous réinventer, pour qu’entre nous qui vieillissons et eux qui ont toujours le même âge, l’héritage se transmette encore et toujours.

Ce soir, nous évoquons la mémoire et la poésie d’un de ces anciens élèves, que la contrainte et la conformité ont fait souffrir, une âme passionnée et tourmentée qui s’exprimait à contre-courant.

Ce soir, Nelligan est de retour au MSL. Prêtons l’oreille à sa poésie. Laissons son âme parler à la nôtre. Sans résister. En laissant au cœur le soin de trouver le sens.

Bonne soirée et longue vie au Mont-Saint-Louis !

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Hommage à Nelligan (1971) de Jean-Paul Lemieux

Lemieux Nelligan

Le peintre Jean-Paul Lemieux (1904-1990) a fréquenté le Mont-Saint-Louis en 1917-1918. Le poète Émile Nelligan (1879-1941) a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1890 à 1893.

Hugo Bélanger, promotion 1990

En 1989, le Mont-Saint-Louis célébrait son 100e anniversaire. J’étais à l’époque en quatrième secondaire et j’ai eu la chance de participer au spectacle commémoratif. Ce fut pour moi un moment important dans ma vie. C’est lors de cette soirée que j’ai eu la piqûre définitive pour l’art vivant. J’ai décidé d’en faire mon métier. Parce qu’on ne quitte jamais complètement le MSL, j’ai décidé à ma sortie de l’école de théâtre de redonner ce que j’avais reçu en animant la troupe de théâtre du Collège pendant sept ans.

Hugo Bélanger 2

Ces sept années furent autant, sinon plus marquantes que mes années d’étudiant. J’ai eu à ce moment-là une nouvelle piqûre déterminante dans ma vie : j’ai découvert la mise en scène. Et plus encore, j’ai décidé de créer la troupe de théâtre étudiante que j’ai toujours rêvé d’avoir. Un endroit où tout le monde était inclus et accepté. Une véritable famille où le timide et le rejeté avaient autant leur place que l’extraverti et l’élève populaire. Une troupe où on s’amusait énormément, mais où on travaillait fort et où on ne se contentait pas que du minimum. Rigueur et plaisir étaient au cœur de cette troupe. Et un fort sentiment de fierté et d’appartenance habitait chacun des élèves à un point tel que les anciens de la troupe revenaient nous voir, et ce, même s’ils avaient quitté le Collège depuis plusieurs années. Ces sept années furent des années marquantes pour ces élèves autant que pour moi. Elles m’ont donné le goût de reproduire professionnellement la même expérience humaine et riche que j’avais vécue alors.

Ces années au MSL ont façonné l’artiste et le créateur que je suis devenu, mais, d’abord et avant tout, elles m’ont rendu un meilleur humain. Un de mes anciens élèves -l’un de mes plus « tannants »-  m’a écrit un jour « merci pour l’homme que je suis devenu ». Merci au Collège Mont-Saint-Louis pour les hommes et les femmes que nous sommes devenus.

Joyeux 130e anniversaire!

Hugo Bélanger

Metteur en scène depuis plus de 20 ans pour le théâtre, le cirque et l’opéra, Hugo Bélanger a créé des spectacles qui ont été acclamés autant sur nos plus grandes scènes telles que le Théâtre du Nouveau Monde, le Théâtre Jean-Duceppe et la salle Wilfrid Pelletier, que sur des scènes étrangères en Amérique, en Asie et au Moyen-Orient. Il fera en 2019 la mise en scène du premier spectacle permanent du Cirque du Soleil en Chine.

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

130e anniversaire du Mont-Saint-Louis 1888-2018

Dans le but de marquer le 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis, le Collège, la Fondation du Collège et l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis présentent Nelligan de retour au MSL, une soirée poétique et musicale.

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Jeudi 8 novembre 2018 à 20 h au Collège Mont-Saint-Louis

Première formule Cocktail dînatoire et spectacle 95 $ Accueil à compter de 17 h 30

Deuxième formule Spectacle seulement 50 $ Accueil à compter de 19 h 15


Un apéro sera offert – Service de bar sur place

Nombre de places limité – Places non réservées


Émile Nelligan (1879-1941) a composé toute son œuvre poétique entre le printemps 1896 et l’été 1899. Il a notamment fréquenté le Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke. Quelque 125 ans plus tard, des artistes issus de notre communauté interpréteront des œuvres qui l’ont inspiré ou tirées de ses poèmes; ils liront aussi quelques-uns de ses poèmes.

Voici un texte qui évoque un moment important de la vie du poète :

Cela se passe le 26 mai 1899.

L’historique Château Ramezay brille de tous ses feux sous un ciel étoilé. Il ouvre ses salons, ce soir, à une assistance nombreuse et distinguée. C’est la quatrième séance publique de l’École Littéraire de Montréal : les poètes de la jeune génération s’expriment.

La soirée se déroule normalement. L’orateur qui laisse la tribune reçoit beaucoup d’applaudissements. Un jeune homme qui n’a pas vingt ans se lève. Le silence se fait. Tous les regards se tournent sur lui. Tel un jeune dieu, il s’avance lentement.

Un poète le vit ainsi : «Une vraie physionomie d’esthète! Une tête d’Apollon rêveur et tourmenté, ou la pâleur accentuait le trait net, taillé comme au ciseau dans un marbre. Des yeux très noirs, très intelligents, ou rutilait l’enthousiasme, et des cheveux, oh! Des cheveux à faire rêver, dressant superbement leur broussaille d’ébène, capricieuse et massive, avec des airs de crinière et d’auréole.»

Il lit Le Talisman, puis Rêve d’artiste : Sa voix est grave et trainante, avec un léger accent anglais, qui n’est pas dépourvu de charme, note un autre observateur et qui ajoute : Sa bouche sur laquelle se dessine un sourire doucement triste, ne semble avoir été formée que pour réciter des vers.

Le geste est ample et solennel. La voix de l’adolescent porte en ses murs vieux de près de deux siècles. Il clame maintenant d’une voix passionnée :

La Romance du Vin

C’est le triomphe!

Les applaudissements, mus par l’émotion et l’admiration, prennent la fureur d’une ovation. Le délire, quoi! Ses amis le portent sur leurs épaules jusque chez lui, près du Carré Saint-Louis.

J’ai vu ce soir Nelligan en pleine gloire, dira son ami, le poète Louis Dantin…

Cet extrait provient du livre de Réal Bertrand (1980), Célébrités canadiennes.