130e anniversaire du Mont-Saint-Louis 1888-2018

Dans le but de marquer le 130e anniversaire du Mont-Saint-Louis, le Collège, la Fondation du Collège et l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis présentent Nelligan de retour au MSL, une soirée poétique et musicale sous la direction de Guy St-Onge.

Notre ancien Guy St-Onge est musicien, arrangeur et chef d’orchestre; il a travaillé avec de nombreux artistes au Canada, en Europe et aux États-Unis; il dirige, compose et réalise des orchestrations pour plusieurs ensembles symphoniques de renom, en particulier l’Orchestre symphonique de Prague et l’Orchestre symphonique de Montréal; il a collaboré aussi avec les Orchestres symphoniques de Moscou, du Liban et de Séoul de Québec et Vancouver ainsi que l’Orchestre Métropolitain.

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Jeudi 8 novembre 2018 à 20 h au Collège Mont-Saint-Louis

Première formule Cocktail dînatoire et spectacle 95 $ Accueil à compter de 17 h 30

Deuxième formule Spectacle seulement 50 $ Accueil à compter de 19 h 15


Un apéro sera offert – Service de bar sur place

Nombre de places limité – Places non réservées


Émile Nelligan (1879-1941) a composé toute son œuvre poétique entre le printemps 1896 et l’été 1899. Il a notamment fréquenté le Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke. Quelque 125 ans plus tard, des artistes issus de notre communauté interpréteront des œuvres qui l’ont inspiré ou tirées de ses poèmes; ils liront aussi quelques-uns de ses poèmes.

Voici un texte qui évoque un moment important de la vie du poète :

Cela se passe le 26 mai 1899.

L’historique Château Ramezay brille de tous ses feux sous un ciel étoilé. Il ouvre ses salons, ce soir, à une assistance nombreuse et distinguée. C’est la quatrième séance publique de l’École Littéraire de Montréal : les poètes de la jeune génération s’expriment.

La soirée se déroule normalement. L’orateur qui laisse la tribune reçoit beaucoup d’applaudissements. Un jeune homme qui n’a pas vingt ans se lève. Le silence se fait. Tous les regards se tournent sur lui. Tel un jeune dieu, il s’avance lentement.

Un poète le vit ainsi : «Une vraie physionomie d’esthète! Une tête d’Apollon rêveur et tourmenté, ou la pâleur accentuait le trait net, taillé comme au ciseau dans un marbre. Des yeux très noirs, très intelligents, ou rutilait l’enthousiasme, et des cheveux, oh! Des cheveux à faire rêver, dressant superbement leur broussaille d’ébène, capricieuse et massive, avec des airs de crinière et d’auréole.»

Il lit Le Talisman, puis Rêve d’artiste : Sa voix est grave et trainante, avec un léger accent anglais, qui n’est pas dépourvu de charme, note un autre observateur et qui ajoute : Sa bouche sur laquelle se dessine un sourire doucement triste, ne semble avoir été formée que pour réciter des vers.

Le geste est ample et solennel. La voix de l’adolescent porte en ses murs vieux de près de deux siècles. Il clame maintenant d’une voix passionnée :

La Romance du Vin

C’est le triomphe!

Les applaudissements, mus par l’émotion et l’admiration, prennent la fureur d’une ovation. Le délire, quoi! Ses amis le portent sur leurs épaules jusque chez lui, près du Carré Saint-Louis.

J’ai vu ce soir Nelligan en pleine gloire, dira son ami, le poète Louis Dantin…

Cet extrait provient du livre de Réal Bertrand (1980), Célébrités canadiennes.

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Regard sur le parcours d’Olivier Marchand, promotion 1947

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Par Danièle Bélanger

Le poète Olivier Marchand est un homme brillant et cultivé, s’exprimant avec éloquence.

Notre ancien affirme avec chaleur qu’il a eu de bons parents. Son père qui n’avait pas eu la chance de faire de longues études, mais qui avait une immense volonté d’apprendre, a initié son fils à la musique et à la littérature en l’amenant au concert et en lui permettant de consulter les livres de sa bibliothèque.

Jeune homme réservé, Olivier Marchand écrivait son journal. Au Mont-Saint-Louis qu’il a fréquenté de 1940 à 1947, il a rédigé plusieurs textes et poèmes, dont certains ont été publiés dans la revue MSL. Si son premier contact avec la littérature s’est fait à la maison où des livres de Victor Hugo étaient notamment accessibles, les frères des Écoles chrétiennes ont permis au jeune homme de découvrir tout un univers littéraire et poétique. Dans ses archives personnelles, nous retrouvons le Programme de littérature française de Première scientifique pour l’année 1946-1947. À l’étude, les symbolistes : Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Claudel, Péguy et Valéry et les prosateurs contemporains : Bourget, Bazin, Bordeaux, Bernanos, Ghéon, Saint Exupéry, Duhamel et Mauriac.

La vie religieuse occupait une place importante au Mont-Saint-Louis. Notre ancien se souvient : « on se retrouvait souvent à la chapelle où l’on avait plaisir à s’égosiller dans divers cantiques… Il fallait aussi aller à confesse; l’aumônier, l’abbé Beaudin, était sévère; c’était péché de lire des ouvrages à l’index, du Zola, du Renan et même du Victor Hugo, l’auteur préféré de mon père… je subissais ces contraintes sans révolte, comme la plupart de mes condisciples… »

Aujourd’hui, notre ancien témoigne de l’excellence de l’encadrement qu’il a reçu au Mont-Saint-Louis, qui lui a permis de devenir ce qu’il est et il se souvient des cours de littérature, française et anglaise, qui lui ont été donnés. Étudier le « Hamlet » de Shakespeare dans le Québec de l’époque n’était pas si commun… Enfin pour lui, l’apprentissage de la langue anglaise aura été plus qu’utile, ce fut la grande source de son gagne-pain.

1947 est une année charnière; il rencontre Gaston Miron, dans les mois qui ont suivi son passage au MSL. Le jeune homme cherchait alors à mieux ordonner sa vie et l’Ordre de Bon Temps, un mouvement issu de la Jeunesse étudiante catholique, l’a aidé à avancer. Puis il y eut le scoutisme avec le Clan Saint-Jacques.

En 1950, il rencontre Mathilde Ganzini, qui deviendra son épouse en 1953, la même année que la publication de Deux Sangs en collaboration avec Miron. Marchand et Miron ont des affinités et ils se lient rapidement d’amitié. Ils publient ensemble un premier recueil de poésie en fondant les Éditions de l’Hexagone avec Mathilde Ganzini, Gilles Carle, Louis Portugais et Jean-Claude Rinfret. Deux Sangs compte 27 poèmes d’Olivier Marchand et 17 poèmes de Gaston Miron.

Dans le livre Jeunesse et poésie. Christine Tellier s’intéresse aux six membres fondateurs de l’Hexagone. Elle écrit : « Nous allons débuter par l’histoire d’Olivier Marchand, qui joua un rôle de catalyseur dans la création du réseau à l’origine de l’Hexagone ». En effet, c’est notre ancien qui a invité Miron à se joindre à l’Ordre de bon temps, permettant la rencontre avec les quatre autres membres fondateurs de la future maison d’édition. Aujourd’hui, Olivier Marchand n’a que de bons mots pour son ami Gaston Miron qui a eu un grand renom.

De son aveu même, Marchand n’est pas un finissant modèle du Mont-Saint-Louis. Il ajoute candidement qu’il a eu une carrière un peu chaotique. Écrivant de la poésie depuis l’adolescence, il aura finalement gagné sa vie comme traducteur et rédacteur. Le fin lettré, l’homme à l’intelligence pétillante a néanmoins plus de 70 années d’écriture derrière lui…

Ses publications : Deux Sangs (1953), Crier que je vis (1958), Silex 2 (1960), Par détresse et tendresse, précédé de Deux Sangs et Crier que je vis; poèmes, 1953-1965 (1970).

Olivier Marchand et sa femme Mathilde Ganzini ont eu quatre enfants. Les heureux souvenirs de la vie à deux et de la vie de famille sont nombreux. La famille Marchand a aussi accueilli et assisté deux jeunes filles d’origine étrangère qui ont vécu un certain temps sous son toit et ont tissé de profonds liens d’amitié avec le clan Marchand. Le couple Marchand-Ganzini a vécu une trentaine d’années dans les Laurentides, au bord d’un lac, profitant de ce très bel environnement pour faire plusieurs activités en plein air.

Octobre 2017, l’AAMSL remet à Olivier Marchand quelques-uns des textes qu’il a signés, il y a plus de 70 ans alors qu’il fréquentait le Mont-Saint-Louis. Le lendemain, il a la délicatesse d’écrire : « Que de retours en arrière à la lecture de la revue MSL dont j’avais complètement perdu souvenir… Émotivement, cela représente quelque chose… En somme, le Mont-Saint-Louis fut un lieu très formateur où régnait une belle discipline dans un cadre unique au cœur de la ville… Pour des centaines, des milliers de jeunes gens, le bâtiment de la rue Sherbrooke fut un lieu privilégié, permettant de réaliser le meilleur… Vivere! »

Épilogue heureux

Le poète confie à l’AAMSL le recueil de poèmes Par détresse et tendresse. Sur la page de garde, une dédicace :

Dédicace Par Détresse et tendresse

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Rencontre avec un poète
Le 18 octobre 2017, j’ai eu la chance de passer un moment avec un homme à l’esprit vif qui excelle dans l’art de la conversation. L’AAMSL a enfin renoué avec un homme de lettres qui a joué un rôle important dans le développement du monde de l’édition de la poésie au Québec. Monsieur Olivier Marchand appartient pour toujours à la communauté des anciens du MSL.
DB

Olivier Marchand Le Devoir

© François Pesant, Le Devoir

Les brèves, avril 2018

Audrée Archambault
Promotion 2004
Sortie de son 1er roman, Sarah-Lou, détective (très) privée
Les Éditions de la Bagnole

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Yannick Nézet-Séguin
Promotion 1992
Nommé personnalité de la semaine La Presse (18 février) avec François Girard

Bernard St-Onge
Promotion 1980
Sortie d’un 4e livre, Attendre après son psy : et autres courts récits
Éditions l’Hybride

 

Exposition « Électron libre » sur l’architecte Luc Durand, au Mont-Saint-Louis du 28 avril au 18 mai 2017

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Architecte touche-à-tout, Luc Durand a réalisé de nombreux projets significatifs au Québec et ailleurs, dans une carrière cosmopolite qui traverse le vingtième siècle, de la Suisse d’après-guerre autour de Le Corbusier, au recouvrement actuel de l’autoroute Décarie, en passant par l’Inde de Gandhi, le Pavillon du Québec à l’Expo 67 et le village olympique. Se déployant dans différents espaces du Collège Mont-Saint-Louis, l’exposition dévoile plusieurs photos et dessins, maquettes, aquarelles, meubles et sculptures dans une présentation vivante et didactique pour les élèves à qui la carrière de Luc Durand suggère un bel exemple de créativité et d’audace.

Né à Montréal en 1929, Luc Durand fait ses études au Mont-Saint-Louis de 1941 à 1949, puis entre à l’École des Beaux-Arts de Montréal et y complète la première année d’études en architecture. Il quitte alors le pays pour étudier à l’école d’architecture de l’Université de Genève. Diplômé en 1957, il ouvre son bureau à New Delhi deux années plus tard. Outre des résidences, des édifices commerciaux et industriels, Luc Durand y réalise 18 pavillons d’exposition au World Agricultural Fair de 1959 et au Indian Industries Fair de 1961, ainsi que la conception de mobilier et le design de textile. Il travaille également sur le premier plan directeur de la capitale indienne.

De retour au Québec en 1962, l’architecte dessine le Pavillon du Québec pour l’Expo 67, devenu emblème de la Révolution tranquille. En 1966, il fonde la Société pour le Renouvellement de l’Est de Montréal, pour déplacer le centre-ville vers l’est de l’île, et la Place Dupuis et la Place Frontenac voient le jour. Il est professeur agrégé à l’École d’architecture de l’Université Laval en 1968 puis son directeur l’année suivante. Plusieurs années avant la création de l’UQAM, il imagine l’Université ouvrière de l’Est, vaste campus implanté du Mont-Royal au parc Lafontaine. En 1974, avec Roger D’Astous, il construit le village olympique pour les Jeux de 1976, expérience unique d’habitation en Amérique du Nord, et icône du paysage métropolitain. Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, il participe à plusieurs concours internationaux et construit diverses résidences dans les Laurentides.

L’exposition illustre la créativité d’un bâtisseur curieux et intéressé par toutes les facettes de l’organisation spatiale. Ces projets racontent un dialogue, celui avec un savoir-faire atypique et singulier où la liberté d’action fut toujours revendiquée. L’œuvre de Luc Durand est un exemple de travail et de ténacité pour la communauté estudiantine du Collège Mont-Saint-Louis.

« Électron libre » est conçue par le réalisateur et commissaire Etienne Desrosiers, dont le film documentaire  Roger D’Astous  a obtenu un vif succès public et critique en 2016. Ce film raconte la vie et l’œuvre de l’architecte Roger D’Astous, associé de Luc Durand, et également un ancien du Mont-Saint-Louis (de 1938 à 1946).

À l’occasion de l’exposition on pourra aussi se procurer la première monographie sur Luc Durand, sous la direction de Etienne Desrosiers, avec les contributions de l’écrivaine new-yorkaise Mary N. Woods, ainsi que les intellectuels québécois Lucie K. Morisset, Luc Noppen et Philippe Côté.

Le vernissage aura lieu le mercredi 26 avril de 17 h 30 à 19 h en présence de M. Luc Durand.