Souvenirs du MSL

C’est en lisant « Hommage aux frères des Écoles chrétiennes » que je me suis dit que cette anecdote mérite d’être racontée…
C’est en 1954… Je suis en 2e science et mon titulaire est le frère André. Il enseigne le français (il deviendra plus tard le directeur du Collège).
À ce moment-là, on connait les frères uniquement par leur nom de religieux… Une exception à cette règle du temps, et pour une raison que j’ignore toujours, on connaissait le nom du frère André : André Alarie.
L’émission de télévision la plus regardée à cette époque était « Les Plouffe » de Roger Lemelin. À peu près tous les Québécois étaient rivés à leur écran tous les mercredis à 20 h pour connaître les dernières péripéties entourant cette famille typiquement québécoise de Montréal.
Or, nous savions également que le frère André était le fils d’Amanda Alarie qui jouait avec brio la mère de cette famille. On pouvait la voir dans tous les épisodes.
À peu près tous les jeudis, le lendemain de la diffusion des Plouffe, on s’adressait au frère André qui prenait les présences « Votre mère était excellente hier soir ». C’est avec un petit sourire qu’il nous remerciait gentiment.

Michel Bélanger Sc’56

 

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Histoire humaine Richard Marcil, promotion 1980

R Marcil

Le « Cardigan Érable »

Les finissants de la promotion 1980 ont sans doute encore à leur mémoire notre Printemps érable à nous. Eh oui, notre cher Collège n’a pas été à l’abri de mouvements de protestation! Il faut toutefois remonter à 1977 pour retracer les sources du « Cardigan Érable ».
Durant l’année scolaire 76-77, la direction opte pour un changement du costume obligatoire. On troque alors les vestons verts (1re et 2e secondaires) et bleus (3e, 4e et 5e secondaire) pour le cardigan offert en cinq couleurs différentes, selon les niveaux (vert, bourgogne, bleu pâle, gris et bleu foncé). Mais dès son introduction, au début de l’année scolaire 77-78, le malaise est palpable. Les coupes sont mal ajustées et, par surcroît, la direction en oblige le port constant, à l’intérieur des murs du Collège.
Malgré certaines protestations, le Collège signe et persiste dans le choix de cet encombrement vestimentaire pour l’année scolaire 79-80, notre dernière. Il n’en fallait pas plus pour que les conseils de classe se réunissent et discutent plus sérieusement de la question. On décide alors de passer au vote dans chacune des classes qui composent la 5e secondaire. Le résultat est majoritaire : nous déclenchons une grève! Non pas pour abolir le costume, mais pour en restreindre le port, dans la cafétéria, les salles de classe et la salle de jeux.
Pendant trois jours, les cours qui se donnaient n’étaient suivis que par quelques dizaines d’élèves, à qui nous avions laissé le libre choix de suivre le mouvement ou non. Entassés dans la salle de jeux, quelques 150 d’entre nous occupions notre temps à jouer au ping-pong, au mississippi ou à « chiller », comme le disent nos jeunes aujourd’hui.
Les pressions de la direction sont entretemps constantes et certains commencent à craindre la mise en application des représailles annoncées. Devant l’effritement du mouvement, les conseillers de classe délèguent des représentants pour une ultime discussion avec la direction. Un argument de poids est soulevé : la chaleur déjà intense dans certains locaux, combinée à l’inconfort du cardigan, crée un problème de concentration. La direction voit d’un bon œil notre argumentation et permet dès lors que nous puissions retirer notre étau. Nous avions gagné notre bataille!

Souvenirs du frère Gédéon

Frère Gédéon

Le frère Gédéon Désilets a enseigné pendant 28 ans au Mont-Saint-Louis (de 1940 à 1968). Diplômé de l’École des Beaux-Arts de Montréal en 1935, il était reconnu pour son talent artistique et ses intérêts tant pour les sciences que pour les sports. Le Musée national des beaux-arts du Québec possède trois œuvres (pastel) du frère Gédéon dans sa collection permanente, réalisées entre 1925 et 1945. Nul doute que ce peintre paysagiste a eu une influence positive sur plusieurs élèves ayant fréquenté le Mont-Saint-Louis.
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 65F Gédéon oeuvre

La découverte des arts visuels
Ce fut une grande révélation pour moi de rencontrer le révérend frère Gédéon, artiste peintre et diplômé des Beaux-arts de Montréal. Selon ses conseils, je n’ai pas hésité à m’inscrire à son atelier de formation en arts visuels. (…) À certaines occasions, j’ai rencontré le frère Gédéon qui m’a hautement conseillé de poursuivre ma démarche artistique.
Claude Ferron, MSL 1941-1950
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 66

Les cours du bon frère Gédéon
Au Collège, nous avions congé le mercredi après-midi et le samedi après-midi. Le mercredi après-midi, je suivais des cours de peinture avec le frère Gédéon. Nous partions vers une heure, dans un petit camion, le plus souvent vers Ahuntsic pour repérer de beaux paysages, pour peindre les arbres, la rivière des Prairies, les vieilles maisons du boulevard Gouin. Le plus souvent nous faisions nos croquis au fusain, parfois à la gouache ou au pastel et le samedi après-midi, nous en mettions certains à la peinture à l’huile. Moments magiques! Que de belles heures ! On ne s’ennuyait pas ! Ces jours de congé bien remplis font partie de mes beaux souvenirs du collège. La joie de découvrir la gouache, le pastel, l’huile. La joie de dessiner, de peindre, de créer. Pas d’examen ! Pour le plaisir seulement. Sous la tutelle d’un maître pédagogue, apprendre à voir et à sentir la beauté.

Un jour le frère Gédéon me dit : Allez à la Galerie Morency, rue Saint-Denis, il y a un Canadien qui fait des tableaux étonnants. J’y suis allé. J’y découvre un tableau sombre, tourmenté, d’où émane une force que je ne m’explique pas. C’est le choc ! C’est la première fois qu’un tableau me parle ainsi. Il faut dire que c’est le premier tableau en galerie que je vois. Je raconte au frère Gédéon ce que j’ai vécu. La rencontre avec un grand peintre produit toujours une belle émotion. Vous avez de la chance d’avoir connu cette expérience. Déjà, en 1945, mon professeur avait découvert Marc-Aurèle Fortin, alors pratiquement inconnu et moi, à 14 ans, je venais d’entrer dans un monde merveilleux, celui de l’Art.
Jacques Laurin, MSL 1944-1950
Collège Mont-Saint-Louis 1888-2103 125 ans d’histoire, p. 67

L’Harmonie du Mont-Saint-Louis… que d’excellents souvenirs !

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Par Yvan Bordeleau, promotion 1963

Évoquer l’Harmonie du Mont-Saint-Louis… c’est rappeler de beaux souvenirs à de nombreux anciens qui ont eu l’opportunité d’en être membres et à tous les anciens du Collège qui ont assisté aux concerts et participé aux nombreuses activités du Collège au cours desquelles l’Harmonie MSL assumait le volet musical, toujours avec l’objectif principal de promouvoir la musique classique et la musique populaire.

La musique a toujours occupé une place importante au collège Mont-Saint-Louis de la rue Sherbrooke tout en assurant une présence significative de celle-ci dans la vie montréalaise de l’époque. En 1888, nous avons été témoins, l’année même de la fondation du Collège, de la création d’une fanfare qui a donné son premier récital en mai 1891 lors de la bénédiction officielle du Mont-Saint-Louis. De tous les temps, la présence de l’Harmonie a toujours apporté sa contribution aux divers moments importants de la vie du Collège Mont-Saint-Louis : les défilés du corps de cadets dans les rues de Montréal, particulièrement populaires auprès de la population vivant dans l’environnement du Collège ; les parades festives de l’arrivée du Père Noël ; les spectacles de gymnastique qui complétaient la discipline associée à la milice ; l’accueil des invités d’honneur ; les concerts dans le théâtre du Collège ; les festivals mémorables qui avaient lieu au Forum de Montréal. Toutes les occasions étaient bonnes pour démontrer, à Montréal et dans d’autres villes, telles Québec ou Ottawa, la discipline et les talents musicaux des élèves du MSL au cours de revues, de parades et d’exercices militaires.

Rappelons cette journée bien spéciale du festival annuel. Le Forum était réservé pour y présenter un grand nombre d’activités sportives organisées pour les élèves de toutes les divisions du Collège. Imaginez les sentiments qui nous animaient de pouvoir chausser les patins et de s’élancer sur la patinoire même où se produisaient les Maurice Richard, Jacques Plante, Jean Béliveau, etc. du grand club de hockey professionnel les « Canadiens de Montréal » … impressionnant pour les jeunes étudiants du collège! Cette grande fête annuelle, tenue en février, attirait un bon nombre d’anciens qui venaient se retremper dans cette atmosphère joyeuse, des élèves de toutes les écoles de Montréal qui étaient invitées et un public venu partager le plaisir des jeunes. Le programme était très varié : partie de hockey, patinage, fantaisies sportives, spectacle de gymnastique. Pour démontrer l’importance de ce festival dans la communauté montréalaise tout entière, il faut mentionner que le Festival MSL était annoncé sur les tramways ou les » p’tits chars » qui serpentaient les rues de toute la ville et les animateurs de radio annonçaient l’évènement sur les ondes.

Je veux aujourd’hui rendre hommage au frère Norbert qui était le responsable de l’Harmonie MSL pour son dévouement et sa disponibilité et, plus particulièrement, au maestro Giuseppe Agostini (1890 – 1971) qui en assurait la direction musicale, en plus de donner des leçons individuelles aux étudiants qui désiraient parfaire leur apprentissage de la musique et de la maitrise de leur instrument. Je me souviens encore de ce grand musicien qui m’a appris, de 1954 à 1962, la musique et le saxophone et qui a dirigé avec tout son talent les jeunes musiciens qui formaient alors l’Harmonie du collège. C’était un homme émotif, fier, dévoué, discipliné, impulsif et exigeant par rapport à la qualité de la performance de chacun de ses musiciens. Maestro Agostini s’est fait reconnaître en tant que pédagogue, compositeur et un arrangeur doué pour l’écriture des partitions pour orchestre. D’ailleurs, son fils, Lucio Agostini (1913 – 1996), a poursuivi la carrière de son père en devenant un chef d’orchestre et compositeur renommé au Canada anglais et aux États-Unis, notamment pour la musique de film et des émissions de télévision.

Photo 1

 

Sur un plan plus personnel, je me souviens également, avec beaucoup de fierté, d’avoir participé à un concours que j’ai eu le grand bonheur de gagner, ayant pour objectif de doter l’Harmonie du MSL de ses propres armoiries. C’est avec une satisfaction certaine que je pouvais constater que cette identification, que j’avais imaginée, accompagnait toujours l’Harmonie du collège lors de ses manifestations publiques.

Je suis assuré que tous les élèves du Collège qui ont eu la chance, voire le privilège, d’être membres de l’Harmonie du Mont-Saint-Louis, se rappelleront avec un peu de nostalgie ces bons moments. Tout se déroulait alors dans l’esprit qui répondait à l’excellence de la formation dispensée au Collège et axée sur la devise «Un esprit sain dans un corps sain ». 9 octobre 2017

Histoires humaines

Une expérience dont je me souviendrai toujours

Guy Archambault, promotion 1962

Pour moi, les 125 ans d’histoire du MSL, cela me rappelle les vieux escaliers de bois creusés par les pas de ceux qui nous avaient précédés, moi et mes camarades, les longs couloirs aux murs vitrés, les salles de cours, le grand gymnase où se déroulaient diverses activités sportives et culturelles, la chapelle où je priais en chantant du grégorien et des cantiques, la bibliothèque où j’étudiais, la salle du rez-de-chaussée où nous mangions nos sandwichs avant d’aller jouer dehors, l’auditorium aux bancs peu confortables où j’ai vu plusieurs films et pièces de théâtre et sur la scène duquel j’ai joué la comédie en compagnie de celle qui allait devenir mon épouse, les très nombreux frères des Écoles chrétiennes que j’ai connus et aimés, les professeurs tant laïcs que religieux qui m’ont formé et profondément marqué, en somme, dix des plus belles années de ma vie passées entre les murs du 244, rue Sherbrooke Est et dont le souvenir ne s’éteindra qu’avec moi.

Une vie au MSL en quelques mots

Jean-Pierre Cuerrier, promotion 1969

Entre le Mont-Saint-Louis et moi, c’est d’abord un premier contact avec le milieu lors de l’examen de sélection, incluant l’anxiété qui s’y rattachait, les cours dispensés aux différents étages de l’édifice de la rue Sherbrooke Est, avec ses marches usées par le poids des années, la « grande » salle d’étude et ses bureaux en rang d’oignons, les frères et membres du personnel toujours aux aguets, mais toujours aussi dévoués à notre réussite (de vrais éducateurs), la chapelle qui perdit plus tard sa vocation, les périples des premiers vendredis du mois vers la Cathédrale (la vraie …!), la « petite division » et son terrain de jeu avec les cases d’un côté et les tables de billard de l’autre (difficile d’éviter les éraflures lors des parties « amicales » de hockey intérieur), la « grande division » avec ses tables de discussion (et de parties de cartes…), le petit magasin « coop » au fond de la salle, le tableau noir des péripéties sportives et académiques, le gymnase, les compétitions sportives et les Kodiaks, bien sûr…, la Société sportive et son minuscule local. C’est également l’entrée des jeunes filles à mes dernières années du cours classique (un changement pour le mieux) et l’appellation cégep qui venait de changer la donne … mais qui ne fut pas retenue de ma part et de la majorité des collègues de ma promotion. Et c’est bien plus encore, il me faudrait des pages et des pages…

Témoignages tirés du livre Collège Mont-Saint-Louis 1888-2013 125 ans d’histoire Témoignages d’hier et d’aujourd’hui.

 

Mon histoire du MSL

Jean-François Leclerc, promotion 1991

Les professeurs du Collège furent (et sont encore) une grande inspiration pour moi. Ils n’étaient pas seulement des éducateurs, mais de vrais Mentors! M. Boileau et M. Lepage, en histoire, m’ont donné le goût de suivre la politique et de toujours en apprendre plus sur nos origines. Je suis continuellement fasciné lorsque je visite des sites historiques. Par exemple, lorsque j’étais de passage à Winnipeg, c’est grâce à eux si je me suis fait le devoir de visiter la tombe de Louis Riel. Les cours de civilisation en latin de Mme Leprohon et M. Cholette ont eu le même effet sur moi (sinon pire!), par exemple, lorsque j’ai eu la chance de visiter Rome et ses ruines. Sans M. Trudeau en économie, Gérald Fillion à Radio-Canada serait probablement difficile à suivre. Et surtout, mes finances personnelles seraient en piètre état! Ma curiosité et mon analyse scientifique, je les dois à  M. Cadieux et M. Leroux en physique. Que dire de M. Gendron en chimie avec ses expressions comme « Half & half, un cheval une patate! » qui frappaient l’imaginaire! Sa passion pour les molécules fut contagieuse pour moi et a tracé ma route professionnelle de pharmacien. Je pourrais continuer comme ça pendant plusieurs pages pour dire à quel point mes professeurs du Mont-Saint-Louis ont guidé le cours de ma vie.

Un des moments les plus mémorables de mon passage au Collège fut lors d’une classe neige aux petits poissons des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade en 5e secondaire. Vous m’avez bien compris, aux petits poissons des chenaux! Une superbe journée ensoleillée d’hiver sans nuage à l’horizon. Évidemment, pêcher des petits poissons dans des cabanes sur glace n’a rien d’excitant, croyez-moi. Surtout quand les poissons refusent de coopérer. Après un certain temps de pêche infructueuse, mes copains et moi avons décidé de sortir prendre un peu d’air. C’est alors que nous avons croisé d’autres confrères en train de se lancer quelques balles de neige. Ce ne fut pas long que les représailles commencèrent, mais ne durèrent pas bien longtemps. M. Choucri Massouh, directeur de 4e secondaire, nous interpella et nous fit signe de nous approcher de lui. Misère, ça regardait mal! Mais voilà qu’une fois à sa portée, il nous lança une boule de neige. Surprise et étonnement! Puis une deuxième. Les représailles reprirent alors de plus belle, mais cette fois tous les élèves et professeurs sortirent de leurs cabanes et se joignirent à nous. À ma mémoire, pas une âme ne continua de pêcher par la suite. L’échauffourée dura jusqu’au dîner. Ce fut la plus grosse bataille de boules de neige à laquelle j’ai participé. Camaraderie et plaisir furent au rendez-vous, probablement au grand bonheur des poissons qui eurent la paix cette journée-là…

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Claude Mailhot, promotion 1967

Je retiens du Mont-Saint-Louis l’esprit de camaraderie. Il y a des amis que je me suis faits au Collège que je continue de fréquenter aujourd’hui. En effet, on se parle sans faute toutes les semaines, on se rencontre régulièrement et on organise des soupers avec nos femmes à l’occasion. Et pourtant, nous ne nous sommes même pas dirigés vers les mêmes facultés à notre sortie du Collège. Une période d’environ 15 ans s’est écoulée avant que l’on puisse se revoir et c’était comme si l’on s’était vus la veille! Puis, je sais que ces amis, en particulier ceux avec lesquels j’ai joué au football, peuvent m’appeler n’importe quand. Et si je peux les aider, je le ferai. S’il y en a un d’entre nous qui vit des moments plus difficiles, nous sommes toujours là pour le soutenir.

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