Regard sur le parcours de Benoit Robert promotion 1982

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Par Danièle Bélanger

Mon premier contact avec Benoit Robert, a eu lieu le 12 juin 2017. Apprenant par les réseaux sociaux que le lancement de sa biographie avait eu lieu quelques jours plus tôt, désireuse d’en savoir un peu plus et de vite partager la nouvelle avec la communauté du MSL, j’ai choisi de contacter directement notre ancien. Il répond aussitôt à mon appel et même si je devine qu’il a peu de temps, il a la délicatesse de me diriger vers l’auteure, Nathalie Dyke, aussi de la promotion 1982. Je réalise peu après que j’ai échangé quelques mots avec un homme très occupé, le Directeur Ventes institutionnelles chez Valeurs Mobilières TD, un des meilleurs courtiers en valeurs mobilières au Canada.
Lorsque j’appelle un ancien et que je me présente, je sens souvent la surprise et un certain amusement dans la voix de mon interlocuteur. À tout âge, nos anciens sont habituellement surpris que leur Collège ou leur école secondaire s’intéresse à leur parcours…
Le même jour, j’établis un contact avec l’auteure, afin d’en savoir un peu plus sur le livre. Nathalie Dyke, auteure et traductrice, a publié la biographie de Benoit Robert et a lancé du même souffle les Éditions du Chat blanc. Deux cents personnes ont été conviées au lancement qui se tenait le 7 juin 2017, dont une vingtaine d’anciens du MSL.
Au fil des échanges, une rencontre est fixée : Nathalie et Benoit acceptent de revenir au Mont-Saint-Louis.
J’ai dévoré cette biographie en deux jours, un récit peu banal, bien écrit, bien construit, une œuvre intelligente et intéressante. Le livre raconte l’accession au pouvoir, ou du moins à la richesse qui procure un certain pouvoir, d’un homme simple, d’un homme bon, avec un angle humain, mais social aussi. On retrouve des aveux surprenants d’un homme auquel tout semble réussir et des témoignages intéressants et pertinents de la part de ses proches et de certains de ses collaborateurs. Ce livre témoigne à la fois de la réussite sociale et familiale, mais aussi d’une vie qui comporte certaines angoisses. C’est l’histoire d’un homme dans la cinquantaine qui ose parler de sa quête du bonheur, de son désir de laisser une trace, un homme qui n’a pas peur de dire qu’il doute de lui, et qui craint par-dessus tout l’oubli.
Mardi 22 août 2017, les invités sont attendus après 17 h 30 et dès 17 h 25, ils s’annoncent. La rencontre durera une heure, le temps d’en savoir un peu plus sur les souvenirs liés au MSL. Coup de chance, notre agent de communication, Jean-Louis Desrosiers qui leur a enseigné la photo, est sur place caméra à la main ! Le contact s’établit instantanément, Jean-Louis ayant laissé un beau souvenir à nos anciens.

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Benoit Robert, La finance et la quête du bonheur, Nathalie Dyke, Les Éditions du Chat blanc
La relation professionnelle entre ces deux êtres est fondée sur la confiance. Leur collaboration commencée il y a quelques années repose sur l’ouverture et la transparence. Je suis d’abord témoin de leurs échanges.
Elle : Tu t’es confié.
Lui : C’est un privilège de raconter son histoire, tu as écouté, tu as été absorbée par mon histoire. L’exercice était difficile.
Elle : Oui, mais ça donne une certaine force…
Lui : Oh ! Oui, je sais que je suis mieux préparé à faire face aux années à venir.
Elle : Tout être souhaite être écouté. L’écoute permet à l’autre de mieux se connaître, de se réaliser, de s’approprier sa vie, il faut prendre le temps d’écouter.
En fait, l’auteure a voulu comprendre Benoit en le laissant aller au bout des choses. Il faut dire que la question autour de laquelle gravite ce récit est la suivante : « Ça veut dire quoi réussir sa vie ? »
Ce qui saute aux yeux à les entendre parler du livre, c’est leur désir commun d’aider d’autres personnes à mieux avancer dans la vie. Tous deux, jeune cinquantaine, espèrent toucher des hommes et des femmes de leur génération et des plus jeunes pour les inciter à se poser les vraies questions de la vie.
Souvenirs de quelques enseignants
Daniel Boileau : « L’homme qui m’a ouvert l’esprit à tout ce qui touche l’international. » Benoit se souvient encore de l’enseignant conteur parlant des États-Unis, de la Russie et du pétrole, précisant que tout était imbriqué. Il mime alors avec ses mains les gestes du professeur Boileau comme si ça s’était passé hier. De Daniel Boileau, Nathalie, qui était un brin rebelle à l’époque, dira qu’il réussissait à capter son attention, la faisant baisser les armes. « Cet homme incarnait l’histoire ! » Nathalie a aussi de beaux mots au sujet de Claude Bachand (français), brillant et sensible, et de Daniel Mativat (français), l’écrivain qui l’a initiée à la poésie.
Dans le livre, Benoit parle de Bruno Roy (français) qui a enseigné au Collège de 1976 à 1993 : « J’étais incapable d’écrire, et encore aujourd’hui, j’en suis incapable, reconnaît-il. Bruno Roy me disait: “Laisse-toi aller, t’es tout coincé à l’intérieur: ouvre-toi!”. »
Avec le sourire, il fait ensuite allusion à l’acronyme IBM, pour Gilles Isabelle, Jacques Brunette et Jean Monarque, trois comparses qui communiquaient efficacement l’information au sujet de leurs élèves. « Ils étaient le RDI de l’époque ! » Puis, il se rappelle la fois où Claude Guillemette (géographie) était arrivé en classe habillé en bucheron avec sa scie à chaîne afin de mieux illustrer son propos au sujet de l’industrie du bois.
Tous deux se souviennent de Normand Todd, coordonnateur de la 5e secondaire. Un mot revient : Équilibre. Normand Todd qui se devait d’être autoritaire, oui, mais qui était aussi capable de composer avec des élèves de 16-17 ans en faisant preuve d’humour.Enfin, un incident qui survient au sein de la famille Robert au printemps 1982, relaté dans la biographie, permet un rapprochement avec l’abbé Pierre Labossière : À la toute fin de ses études secondaires, son père subit un infarctus à 42 ans. Les médecins refusent de donner un diagnostic tant l’état de santé de Serge est fragile. « J’étais convaincu qu’il allait mourir et que j’allais devenir l’homme de la maison », se souvient Benoit. Son réflexe est d’enfiler une cravate avant de lui rendre visite à l’hôpital, de prendre tout en charge à la maison et d’encaisser le coup avec la maturité d’un homme dans le corps d’un adolescent de 16 ans. En plein spectacle de fin d’année au collège Mont-Saint-Louis, cet événement suscite une onde de choc parmi ses collègues de classe. Pierre Labossière, soucieux de la détresse vécue par l’élève et ses proches est resté un ami de la famille Robert. Aujourd’hui Benoit soutient financièrement l’organisme Plein air à plein cœur, « qui permet à des enfants démunis de la région de Montréal de vivre des vacances d’été dans la région de Lanaudière ».

La rencontre tire à sa fin, les deux anciens parlent de l’après Tradition, un party mémorable chez Nathalie à Cartierville. Souvenirs d’adolescence…
Sur le MSL, Benoit ajoutera : « Plusieurs membres du corps professoral du Mont-Saint-Louis étaient des gens passionnés, capables de transmettre leur passion à leurs élèves ». Puis, l’homme lucide qui sait que la persévérance est un atout important ajoute « l’intelligence pour moi c’est une commodité. L’attitude que l’on adopte est aussi très importante. Et c’est la passion qui nous fait progresser. »
Pas surprenant que sa mère le qualifie de papillon social ! Benoit Robert, dont le parcours si bien raconté par Nathalie Dyke, mérite d’être connu, est un homme authentique en contrôle de sa vie, qui n’a pas fini de nous surprendre.

Benoit Robert, La finance et la quête du bonheur, Nathalie Dyke, Les Éditions du Chat blanc.
Achat en ligne https://editionsduchatblanc.com/
Format papier 19,95 $
ePub 15.00 $
Aussi en vente chez Renaud Bray

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L’AAMSL de 1919 à 2015, une histoire à suivre…

L’Association des anciens a pour mission de maintenir et d’étendre les relations amicales et sociales entre les anciens élèves, les membres du personnel anciens et actuels, tout en contribuant à la vie du Collège d’aujourd’hui. L’AAMSL veille aussi à la reconnaissance de ses membres. Elle a un devoir de mémoire et témoigne de l’appartenance de ses anciens à son passé, à son patrimoine.

La petite histoire

Le frère Symphorien directeur du Mont-Saint-Louis de 1893 à 1914 manifestait peu d’enthousiasme pour la création d’une association ayant pour objectif de regrouper les anciens élèves. Ce n’est finalement que plus de trente ans après la fondation du Collège que l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis fut mise en place, alors que le frère Joseph était directeur. En 1919, la constitution de l’association ayant été rédigée, on procéda à son incorporation sous les noms de l’Association des Anciens du Mont-Saint-Louis (ou en anglais, The M.S.L. Old Boy’s Union).[1]

Plus de 800 anciens participèrent à l’assemblée du 30 novembre 1919. Le journal, Le Canada, rapportait ainsi l’atmosphère qui régnait lors de cette rencontre :

«… ce groupement d’anciens qui revoyaient avec plaisir la maison dans laquelle s’étaient écoulées les meilleures années de leur existence, où ils avaient reçu une éducation qui leur permis de faire leur marque dans la vie. Tous revenaient heureux de revoir les anciens confrères et les professeurs dévoués qui leur ont tracé le chemin à suivre. Oui, pour tous, ce furent de belles heures.»[2]

Le blason de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis a une forme similaire à celui du Collège et il possède certains éléments communs. Plus spécifiquement, on y retrouve l’année de fondation de l’association ainsi que l’aphorisme exprimant le sens de ce regroupement d’anciens :

« Semper fidelis » : toujours fidèle à ma mère nourricière de connaissance, le Mont-Saint-Louis. La lampe (alumni en Latin) fait référence à celui qui est éclairé de la connaissance ou de la lumière du savoir. C’est le symbole de la liberté, la capacité de pouvoir penser par soi-même.»[3]

[1] Un demi-siècle au Mont-Saint-Louis, 1888-1938, p. 521.

[2] Ibid., p. 524.

[3] Notes de cours Éthique et culture religieuses, Jean Gadbois.

Source : Collège Mont-Saint-Louis 1888-2013 125 ans d’Histoire Témoignages d’hier et d’aujourd’hui – © 2013

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