Dernier tour de piste pour Dominique-Michel

témoignage de Danièle Bélanger

Dominique Delhaes

Je me suis présentée à Madame Delhaes sur un terrain de soccer de l’arrondissement Saint-Laurent au printemps 2002, afin de la féliciter de sa nomination au poste de directrice de la 4e et de la 5e secondaire au Collège Mont-Saint-Louis. Je me souviens de sa surprise de se faire ainsi reconnaître.

Puisque mes quatre enfants ont fréquenté le MSL, je l’ai d’abord connue comme directrice de niveau puis comme directrice de la vie étudiante et des affaires corporatives à partir de 2009. En décembre 2010, j’entrais en poste au Collège et Madame Delhaes est devenue une collègue. De 2010 à 2016, nous avons collaboré à l’organisation de certaines activités. Et bien que fort occupée dans ses fonctions, Dominique trépignait depuis un moment à l’idée de se joindre au conseil d’administration de la Fondation, question de prendre part à encore plus de projets. Membre du CA de la Fondation depuis octobre 2016, elle a été de tous les événements et activités.

En 2016, elle a contribué à la mise sur pied de la 1re édition du Vélotour MSL, organisée dans le cadre du tournoi de golf de la Fondation. Elle a également organisé le Grand défi sportif du 125e anniversaire, une activité qui a bien servi la Fondation et la communauté du MSL. Quelques années plus tard, avec des élèves de 5e secondaire et son équipe de la vie étudiante, elle a inauguré le Défi du mois de mai j’ai ma santé en tête, au profit de la Fondation du Collège et de la Fondation Jeunes en tête.

À différentes occasions, par ses fonctions et son attachement pour les anciens du Collège, Dominique a aussi contribué au succès d’événements et activités de liés à l’Association des anciens. Ainsi en juin 2013, elle était de l’organisation des Grandes retrouvailles du 125e anniversaire : un événement d’envergure, mais rien pour intimider celle qui carbure aux défis plus complexes les uns que les autres.

En mai 2015, nous avons accueilli des anciens Kodiaks, de retour au MSL avec la Coupe Vanier qu’ils venaient de remporter. Leur présence dans la cafétéria à l’heure du dîner a fait le bonheur de nombreux élèves et membres du personnel.

En avril 2016, des Kodiaks de la rue Sherbrooke qui ont répondu avec enthousiasme à l’invitation de Marc Pereuil, l’ancien entraîneur de l’équipe juvénile de football, qui souhaitait profiter d’un entraînement pour présenter ces anciens Kodiaks à ses jeunes joueurs. À cette occasion, Dominique était sur place avec moi pour faire bon accueil à nos anciens de la rue Sherbrooke et à leur entraineur, le regretté Tony Heffernan. Puis en septembre 2017, à l’occasion du 1er match de la saison des Kodiaks, l’entraîneur de l’équipe, a invité les joueurs de l’équipe juvénile des Kodiaks qui avait remporté le Bol d’Or en 2007, ainsi que certains de leurs entraîneurs. C’est ainsi que les anciens élèves de Madame Delhaes, finissants des promotions 2008 et 2009 sont revenus au Collège à l’invitation de la vie étudiante. Elle était évidemment sur place pour les saluer.

Parler du passage de Dominique au Mont-Saint-Louis, c’est aussi penser à André Cantin, son conjoint, qui a été directeur au Collège et est resté jusqu’à ce jour présent à toutes les activités organisées par sa douce. À la Fondation et à l’Association des anciens, nous avons également profité de son amicale présence et de son soutien.

Dominique a été pour moi une précieuse collaboratrice. Ses fonctions aux affaires corporatives m’ont notamment permis de bénéficier de son talent pour l’écriture. Jamais elle n’a refusé de m’accueillir dans son bureau afin de relire un texte, de revoir une publication. Que j’ai aimé ces moments où toutes les deux on composait un texte, cherchant le meilleur mot, reformulant certaines phrases! Au fil des années, on en est venues à se compléter, à se comprendre, à écrire à deux dans un esprit de collaboration. Ces moments d’intimité dans le brouhaha des locaux de la vie étudiante me manqueront. Nos fous rires, nos quelques dîners en tête à tête (jamais bien longs, car il y a toujours quelqu’un qui frappe à la porte de son bureau, quartier général de la vie étudiante), resteront parmi mes beaux souvenirs de ce temps passé au MSL.

Une amitié est née!

Michel Hétu

J’ai fait connaissance avec Michel Hétu en novembre 2010. Il occupait le poste de directeur des ressources financières et des ressources humaines du Collège depuis 2006. Quand je suis entrée en fonction, il était aussi président de l’AAMSL (2008 à 2015) et trésorier de la Fondation (2007 à 2020).

Puisque j’avais la chance de compter sur la présence quotidienne du président d’une des organisations dont j’étais responsable (AAMSL) et trésorier de l’autre (Fondation), j’ai profité de son expérience et de sa connaissance du milieu. Plus présent dans l’organisation des activités et événements au cours des premières années, Michel est toujours resté disponible pour m’assister ou me conseiller par la suite.

En 2013, en collaboration avec la direction du Collège, nous avons organisé les Retrouvailles du 125e anniversaire et contribué à la publication du livre Collège Mont-Saint-Louis 1888-2013, 125 ans d’histoire, Témoignages d’hier et d’aujourd’hui.

Ces grandes retrouvailles évoquent aussi une anecdote amusante et émouvante. J’avais décidé d’organiser un souper à la maison la veille de l’événement afin de souligner la présence à Montréal de M. Maurice Lalonde, promotion 1948, venu de Kingston (en autobus) pour assister à la fête du 125e anniversaire. Ainsi, le vendredi 14 juin 2013, après une longue journée à préparer l’événement du lendemain, Michel et moi sommes partis ensemble chercher Monsieur Lalonde qui séjournait dans un motel du quartier.

Je pense que Lucienne, Sylvie, Michel, Dominique, André et René-Luc gardent comme moi un doux souvenir de cette rencontre avec un homme ravi de partager les beaux moments de son passage au Mont-Saint-Louis avec d’autres membres de la communauté du MSL.

J’ai fait mes premiers pas sur les réseaux sociaux grâce ou à cause de Miche Hétu. La page FB de l’AAMSL, c’est son idée. Me laissant apprivoiser ce réseau social et me faisant confiance, il a contribué à l’élaboration d’une politique de publications visant à mettre en valeur le parcours et les réalisations de nos anciens.

À la Fondation, Michel a été un trésorier droit et rigoureux, soucieux de bien servir l’organisation. J’ai profité de ses talents de bon gestionnaire et j’ai appris beaucoup à son contact.

Au CA de l’AAMSL, Michel, MSL 1972 et moi, MSL 1981, avons eu la chance et le bonheur de côtoyer nos filles, Audrée, MSL 2001 et Florence, MSL 2011. Le MSL, c’est beaucoup une histoire de famille. Et parlant famille, le chanceux sera grand-papa tout bientôt!

Au fil des années nous avons développé une certaine complicité. Il le sait, j’aime son humour!

Dans ce cas aussi, tout doucement le collègue est devenu un ami.

Au revoir

Le 18 décembre 2020, 10 ans après mon entrée en poste au Collège, je perdrai deux précieux collaborateurs de la Fondation et de l’Association des anciens, mais les amitiés tissées au fil des années demeureront.

Merci à vous deux! Profitez pleinement des moments à venir auprès de vos proches.

Regard sur le parcours de Caroline Chevrier, promotion 1992

Caroline Chevrier

par Danièle Bélanger

Caroline Chevrier est titulaire d’un baccalauréat de l’Université de Sherbrooke, concentration microbiologie, d’un certificat en marketing et d’une maîtrise en administration des affaires (MBA), profil exécutif, de l’Université du Québec à Montréal.

Après avoir œuvré au sein de grandes agences de communication et de marketing canadiennes, Caroline Chevrier s’intéresse plus particulièrement au domaine de la santé. En 2007, elle fonde l’agence SIXDEGRÉS, une entreprise spécialisée dans les communications médicales et le marketing santé.  En 2016, Edelman, chef de file mondial dans le domaine de la communication marketing, fait l’acquisition de son agence. L’Alliance sur l’éducation pour les probiotiques, la 2e entreprise qu’elle a fondée a aussi été vendue par la suite.

La femme d’affaire a déjà connu de nombreux succès et s’est démarquée comme entrepreneure. D’ailleurs en 2015, elle a été finaliste au Prix Femmes d’affaires du Québec, un concours qui valorise l’excellence des femmes au travail et leur contribution à l’essor socio-économique du Québec.

Caroline Chevrier est reconnue pour son écoute et sa capacité de bien communiquer avec ses collègues et ses partenaires d’affaire. Soucieuse des conditions de travail de ses employés, elle s’intéresse également aux compétences et aux forces de chacun.

Comme professionnelle du milieu des affaires, Madame Chevrier est souvent invitée à s’exprimer dans les médias notamment lorsqu’il est question de sujets touchant la santé et l’alimentation. Conférencière dans le domaine de l’entrepreneuriat, elle partage aussi sa passion pour ce domaine en tant que chroniqueuse.

En plus d’agir comme mentore auprès d’étudiants du MBA, Caroline Chevrier est une femme engagée socialement. Elle siège au conseil d’administration de l’Association des Ingrédients Santé en Alimentation (AISA) et membre du comité d’honneur du FIFA – Festival International Des Films sur l’Art.

Lors de la célébration des 40 ans du MBA pour cadres de l’École des Sciences de la gestion de l’UQAM, elle fut sélectionnée parmi les 12 500 diplômés des quarante dernières années pour son parcours inspirant.

Le Mont-Saint-Louis

Caroline Chevrier raconte que ses parents ont toujours accordé beaucoup de valeur à l’éducation.

Pour notre ancienne, évoquer son passage au Mont-Saint-Louis, c’est se remémorer de doux souvenirs. Une école secondaire mixte, qu’elle a fréquenté de la 1re à la 5e secondaire, un Collège qui permettait alors le port de jeans (propres!), un milieu dynamique proposant plusieurs activités parascolaires. Il est question notamment de la parade de mode, de Tradition, le spectacle de fin d’année mettant en lumière les nombreux talents des élèves, de cours de photographie et de compétions sportives. Puis le sourire ans la voix, notre ancienne se souvient aussi d’une chanson associée au MSL et de la fameuse pyramide, projet des enseignants d’histoire, qui renferme de précieux témoignages.

Souvenirs d’enseignants marquants. Gilles Pepin en histoire et en culture religieuse en 5e secondaire, d’une intelligence suprême, passionné de sa matière. Marie-Claude Larivée en chimie en 4e secondaire. En enseignant une matière qui n’était pourtant pas complètement la sienne, cette femme, elle aussi passionnée, a réussi à transmettre les connaissances d’un domaine  pourtant aride, avec dynamisme. Notre ancienne se rappelle la joie de vivre de cette enseignante qui a certes influencé sa décision de poursuivre des études en sciences.

Le Mont-Saint-Louis, c’est aussi la naissance d’un réseau d’amitiés encore présent aujourd’hui. Cinq bonnes amies autour desquelles gravitent une dizaine d’autres personnes connues au MSL. Caroline affirme que le Mont-Saint-Louis lui a permis de bâtir des relations saines, de créer des contacts précieux qui perdurent encore, près de 30 ans plus tard.

Mordue du sport et de plein air, Caroline Chevrier est installée avec sa petite famille à Bromont dans les Cantons de l’Est. L’impression d’être en vacances à l’année lui donne probablement l’énergie de poursuivre l’écriture d’un livre tout en travaillant comme consultante. Après ses nombreuses expériences de travail, elle occupe maintenant un poste de vice-présidente développement et stratégie et continue à vivre pleinement en prenant soin des gens qui l’entourent.

Notre ancienne a déjà un parcours professionnel impressionnant et présente des compétences entrepreneuriales certaines. Femme d’équipe, créative et polyvalente, elle est reconnue également pour sa capacité à se remettre en question. Si cette femme énergique rayonne, c’est aussi parce qu’elle a su trouver l’équilibre entre sa vie personnelle, sa famille et sa vie professionnelle, son travail. La famille et l’amitié occupent une place importante dans la vie de cette femme animée par des valeurs comme l’excellence, le leadership et l’intégrité.

Caroline Chevrier, promotion, 1992, une femme inspirante pour les jeunes de la communauté du MSL!

Sources :

Récit final Caroline Chevrier : Une WonderWoman polyvalente, Elodie Adanhoun, Aurélien Graux, Laetitia Llorca, Maya Nahlé, Mathieu Viau-Renaud (2019)

Le Réseau des diplômées et diplômés de l’Université de Sherbrooke, par Dominique Ferland (2015)

danielehenkel.tv

Départ à la retraite de Michel Hétu

Michel Hétu

par Danièle Bélanger

Michel Hétu occupe le poste de directeur des ressources financières et des ressources humaines au Collège Mont-Saint-Louis depuis 2006. Le 18 décembre 2020, il quittera ses fonctions pour une retraite bien méritée.

Un ancien élève du Mont-Saint-Louis

C’est par un concours de circonstances qu’il a fréquenté le Mont-Saint-Louis à la fin des années soixante. Ayant fait ses études primaires et sa première année du secondaire (8e année) à l’école St-Gérard du quartier Villeray, il devait choisir une nouvelle école pour le reste du secondaire. Trois de ses bons amis et coéquipiers, appartenant aux mêmes équipes sportives dans Villeray, étudiaient au Mont-Saint-Louis sur la rue Sherbrooke. Ils l’ont convaincu de s’inscrire au Collège qui déménageait de la rue Sherbrooke  au  boulevard Henri-Bourassa en septembre 1969. C’est ainsi qu’il a fait sa 9e, 10e et 11e année au MSL. Élève brillant, il a été dispensé de faire sa 12e année et a poursuivi ses études au Cégep Ahuntsic avant d’entrer aux  HEC.

Septembre 1969, en 9e année, Michel Hétu fait partie de la seule classe mixte du Collège dont le tuteur était Pierre Labossière, alors enseignant de religion. Il n’y avait pas de gymnase, pas de terrain de football (l’expression multisport n’existait pas encore), mais les élèves se débrouillaient.  Ils ont monté une équipe de football avec de l’équipement emprunté et participé à quelques matchs. Les quelques frères encore en fonction entretenaient la patinoire l’hiver et les élèves organisaient des parties de hockey et des concours de patinage. Sous l’égide de feu Normand Todd, une ligue de hockey leur permettait aussi de jouer à l’aréna Villeray.  Après les cours, à  3 h 30, les élèves  déambulaient, prenaient l’autobus jusqu’à l’aréna Villeray et jouaient de 4 h à 5 h. Notre ancien se souvient d’enseignants exceptionnels : en mathématique, le frère Ange Albert et Alexandre Feimer, en français Madame Benoit qui lui a permis de découvrir l’univers de Gabrielle Roy et d’Antoine de Saint-Exupéry, notamment. La 11e année évoque le souvenir de la classe neige au Camp Edfy qui s’étalait sur une semaine : du ski alpin au Mont Belle-Neige le jour, suivi d’une « soirée carrière », question de présenter aux élèves différentes opportunités de métiers et carrières.

C’est à travers ses souvenirs du Collège que notre ancien se remémore un voyage de hockey en France (à la suite d’une victoire au championnat provincial) d’une durée de trois semaines avec son équipe pee-wee, pour aller faire, disait-on, la promotion du hockey chez nos cousins Français. Le plus stressant avait été de demander la permission de manquer trois  semaines d’école à Monsieur Robert Brunet, le directeur adjoint de l’époque. Mais le stress a été inutile, Monsieur Brunet étant fier d’avoir deux hockeyeurs étudiant au Collège (Richard Dugré faisait partie de la même équipe), faire ce voyage et représenter le Québec.

Bref, au cours de ces trois années passées au Mont-Saint-Louis, le jeune homme a trouvé un équilibre, profitant pleinement des enseignements de plusieurs enseignants qualifiés et participant à de nombreuses activités sportives.

 Michel Hétu est diplômé en économie des HEC et a obtenu le titre de CPA par la suite.

Directeur impliqué à l’Association des anciens…

Membre du conseil d’administration depuis février 2006, il a occupé le poste de 2e vice-président en 2007, puis il a été nommé président en janvier 2008, poste qu’il a occupé jusqu’en septembre 2015. En 2008, il a initié  la relance du bulletin Nous les anciens et collaboré avec Yvan Bordeleau, promotion 1963, membre du CA de l’AAMSL. En 2008, il a été de l’organisation des fêtes  du 120e anniversaire et a participé à la création du Panthéon des anciens du Mont-Saint-Louis. Comme président de l’Association des anciens, il a aussi organisé la première édition des Retrouvailles annuelles en 2009, une activité qui depuis connait un beau succès chaque année au mois de mai. Finalement en 2013, il a supervisé l’organisation des Retrouvailles du 125e anniversaire et soutenu la réalisation du livre publié à l’occasion de cet anniversaire.

… et à la Fondation du Collège

M. Hétu a également siégé au conseil d’administration de la Fondation du Collège, occupant le poste de trésorier de 2007 à 2020.

Membre de l’Association coopérative

Enfin, on peut dire que l’ancien élève, le directeur, le président, le trésorier a vraiment connu le MSL sous tous ses angles! En effet, Michel Hétu a aussi été membre de l’Association coopérative de 1996 à 2001. Sa fille Audrée Des Roches Hétu est une finissante de la promotion 2001. Audrée a été membre du conseil d’administration de l’AAMSL de 2008 à 2020, occupant le poste de trésorière au cours des cinq dernières années. De 2016 à 2020, elle a également siégé au conseil d’administration de la Fondation du Collège à titre de représentante de l’Association des anciens.

L’AAMSL salue l’engagement professionnel de Michel Hétu envers le MSL. Pendant près de 15 ans, le Collège et ses associations ont bénéficié des compétences professionnelles d’un homme compétent et dévoué. Ajoutons que s’il manifestait l’envie d’un retour à l’Association des anciens, le CA lui ferait bon accueil!

Regard sur le parcours de Jean-Pierre Davidts

Jean-Pierre Davidts, promotion 1970

Conteur et romancier, Jean-Pierre Davidts écrit depuis une trentaine d’années. Il a fait paraître au-delà de quarante titres en plus d’avoir publié dans différentes revues littéraires. Même si ses récits comportent souvent une touche d’humour, l’auteur ne prend pas la plume à la légère et son style imagé, très visuel, n’enlève rien à la qualité de l’écriture. Nul doute que Jean-Pierre Davidts est animé par la justesse des mots, mais il précise que ce qui l’intéresse par-dessus tout c’est « la mécanique du texte, l’ingéniosité de la construction, la beauté de la formule, la curiosité de l’intrigue. »

En 1987, son conte Griffedor et le dragon remporte le premier prix du concours d’écriture du Salon du livre de l’Outaouais. En 1995, il gagne le prix de la relève en littérature jeunesse Monique-Corriveau pour Contes du chat gris. En 2005, son livre Le Baiser de la sangsue est finaliste pour le Prix du Gouverneur général dans la catégorie littérature jeunesse de langue française. Jean-Pierre Davidts est aussi l’auteur de la série Les Mésaventures du roi Léon, qui comprend 17 titres, et il a publié sept tomes de la saga fantastique Les Sept larmes d’Obéron. Son livre Le Petit Prince retrouvé, paru en 1997, a connu un grand succès. Depuis 2008, l’auteur, qui a aussi publié un ou deux polars dans des collections adultes et jeunesse, collabore à l’occasion avec Soulières Éditeur. D’ailleurs, un nouveau Léon sortira à la fin de l’année alors qu’un autre est en chantier.

À propos de ces reconnaissances, l’écrivain confie : « Un lecteur qui me fait part avec enthousiasme du plaisir qu’il a ressenti en parcourant les pages d’un de mes opus me comble plus que tout honneur qu’on pourrait récolter, même si je ne suis pas insensible à de telles palmes. Peut-être parce que je m’enflamme moi-même rapidement au fil de certaines lectures et que j’adore partager cette passion. »

Si, dans ses récits, Davidts met parfois en évidence des aspects cocasses et insolites de la réalité, on perçoit aussi ce sens de l’humour chez l’homme à l’aspect calme et réfléchi. Le scientifique à l’apparence sérieuse, l’écrivain à l’allure réservée ne boude pas son plaisir en répondant à quelques questions.

Quel est le lien entre votre métier de traducteur et votre travail d’auteur ? La plume (ou l’encre, selon l’angle où on se place). Un mot sur le processus d’écriture, le vôtre : Je n’en ai aucun, dommage. Un mot sur l’importance de la littérature, de la lecture, pour vous, pour les jeunes notamment : L’évasion (et Dieu sait qu’on en a besoin de nos jours). On dit que votre amour des animaux imprègne votre œuvre… : J’ai cinq chats et je passe mon temps à leur ouvrir la porte. Ça résume bien la situation. Vous êtes probablement plus connu comme auteur jeunesse, qu’est-ce qui vous a amené là ? : Mon refus de vieillir (malheureusement, le corps ne suit pas).

La famille Davidts est arrivée au Québec en 1961. Originaire de Belgique, le couple s’est installé dans les Basses-Laurentides avec ses trois garçons. Jean-Pierre, l’aîné, inscrit en classe de 6e à l’école Jacques-Labrie, se distingue rapidement par ses aptitudes supérieures à la moyenne. C’est le père de famille, soucieux du parcours scolaire de ses enfants, qui fera la démarche nécessaire pour inscrire son fils au Mont-Saint-Louis. Le jeune de douze ans fera son entrée au collège  en septembre 1962 en Éléments latin (8e) plutôt qu’en Éléments français (7e). Ses frères Robert et Jacques le fréquenteront eux aussi par la suite. Le trajet pour se rendre au Mont-Saint-Louis durait deux heures et le garçon a intégré à son horaire ces quatre heures de transport quotidien.

Cinquante ans plus tard, plongeant dans le passé, Jean-Pierre Davidts évoque les noms de quelques enseignants. Le frère Ménard (Isidore de son véritable prénom) en versification, qui lui a fait aimer le français, le frère Alfred en anglais, madame Chlumecky, en littérature également, et Alexandre Feimer, qui lui a enseigné la physique. Notre ancien se souvient avoir joué dans la pièce Les deux sourds de Jules Moinaux, présentée dans l’amphithéâtre du collège sous la supervision de Vallon Legendre, un professeur de diction aussi responsable de la troupe de théâtre. Enfin, il se rappelle une expérience de physique ayant pour objectif de mesurer l’accélération et décrit avec amusement une utilisation originale que son partenaire de laboratoire et lui avaient imaginée, provoquant l’intervention du frère Herménégilde, le préfet de discipline.

Davidts a fréquenté le Mont-Saint-Louis de 1962 à 1970. Au cours de ces années, le jeune homme s’est lié d’amitié avec des camarades de classe ayant des intérêts semblables aux siens. C’est ainsi que le midi, ils se retrouvaient notamment pour jouer aux cartes. Jean-Pierre Davidts a beaucoup lu et écrit pendant cette période, indépendamment des exigences scolaires. Il fréquentait la librairie Tranquille, située sur la rue Sainte-Catherine non loin du Mont-Saint-Louis. À l’époque, ses écrits se résumaient à de simples pensées couchées sur le papier, sans objectif précis. Ces années de collège, il les a vécues au moment où la jeunesse étudiante était en ébullition. Le grand mouvement social issu de la France prenait place, c’était une époque de manifestations, la mixité s’invitait dans les institutions collégiales. À Montréal, c’était le moment de l’Expo 67 et de la construction du métro. Ces impressions d’une ville en effervescence et de changements de mentalités côtoient les souvenirs de ce passage au MSL. 

Après l’obtention du baccalauréat ès arts au Mont-Saint-Louis (1970), le jeune homme a fait des demandes d’admission à la faculté de médecine, à la faculté des sciences et à l’École polytechnique de l’Université de Montréal. Accepté dans les trois, il choisit de poursuivre ses études en sciences et complète un baccalauréat en microbiologie. Son parcours universitaire se termine par une maîtrise en traduction aux HEC, dans le cadre d’un programme spécial de bourses fédérales en compagnie d’autres scientifiques. Happé par la vie, il n’en rédige toutefois pas le mémoire de thèse.

De 1975 à 1984, le jeune homme travaille comme traducteur puis réviseur pour le Secrétariat d’État, à Ottawa. Ces premières années sur le marché du travail évoquent aussi de très beaux souvenirs. Davidts parle d’un milieu dynamique et stimulant, et se souvient qu’il était entouré de collègues brillants. Entre-temps, le traducteur commence à s’intéresser plus sérieusement au processus de création et en 1982 il participe à un atelier d’écriture sous la direction d’Élisabeth Vonarburg à la suite duquel il publie une première nouvelle dans la revue Solaris.

Jean-Pierre Davidts, qui a développé une expertise en traduction scientifique, travaille maintenant à son compte. Il vit dans les Laurentides depuis une dizaine d’années avec Patricia, son épouse, et se consacre à la traduction, comptant parmi ses clients le Conseil national de recherches du Canada, et, accessoirement, à la rédaction. Son fils de quarante ans, Nicolas, lui a donné deux petits-fils, Anthony et William, âgés respectivement de trois ans et de sept mois.  

Au Mont-Saint-Louis, notre ancien a profité de l’enseignement de professeurs qualifiés et passionnés. L’influence de certains a sans doute contribué à façonner l’esprit d’un homme talentueux tant dans le domaine des sciences que des lettres. Animé par son amour de la lecture et sa curiosité, Jean-Pierre Davidts semble avoir une profusion d’idées qui l’inspireront peut-être à poursuivre son œuvre. Espérons que sa volonté d’écriture perdurera et qu’il continuera à nous divertir de son imaginaire en jouant avec les mots pour assembler d’autres histoires.

Par Danièle Bélanger

Ils ont étudié au Collège

Aujourd’hui, ils s’investissent dans leur milieu

Diane Aubé (1986) Enseignante de mathématique
Danièle Bélanger (1981) Directrice de l’Association des anciens et de la Fondation
Yvan Bélisle (1990) Enseignant de science et technologie
Rose Boulanger (2012) Enseignante d’éthique et culture religieuse

Marie-Noël Choquet (1997) Enseignante de français
Julie Couillard (1986) Technicienne en loisirs
Judith Courcelles (1995) Enseignente d’univers social

Geneviève Des Roches (1996) Enseignante de science et technologie
Jean-Philippe Giroux (2000) Enseignant d’univers social                      

Michel Hétu (1972) Directeur des ressources financières et ressources humaines

Sandra Jolicoeur (1999) Enseignante de science et technologie
Dominique Laplante (1999) Enseignante d’anglais
Élaine Lavoie (1978) Enseignante de français

Marie-France Legault (1987) Technicienne travaux pratiques
Marc Lemire (1985) Animateur vie spirituelle et engagement communautaire
Stéphanie Marcoux (1988) Enseignante de français

Amélie Mathieu (2000) Enseignante de français
Luc Morin (1981) Enseignant de science et technologie
Geneviève Paré (2002) Enseignante d’univers social
Marie-Ève Perrotte (1993) Professionnelle au soutien à l’apprentissage

 

Éric Richard (1996) Enseignant d’univers social
Antoine Therrien (1996) Directeur de classe

 

 

Décès de Tony Heffernan : Témoignage de Jean-Pierre Cuerrier

Plouffe HeffernanCuerrier Gauvreau
Tony Heffernan, Robert Gauvreau, Pierre Plouffe et Jean-Pierre Cuerrier

Personnellement, j’ai d’abord côtoyé Tony Heffernan pendant mes 8 années au Collège MSL; il m’a souvent aidé, à sa façon, du point de vue conditions physique et psychologique, à me préparer aux saisons de basketball. On ne disait pas non à ses entraînements, même si ça bouillait intérieurement. Une anecdote: après une pratique intense de basketball orientée sur de la contre-attaque rapide et de la course, avec coach Jean-Guy Bédard, j’étais seul dans le gymnase pour décompresser et effectuer quelques lancers, Tony y est entré et a exigé de moi des « ciel et enfer »s, au point de dégueuler; il m’a dit alors: « Tu vois, tu n’es pas en forme! » Je lui ai mentionné: « Est-ce que ça aurait changé quelque chose de vous dire le genre de pratique qui a précédé? »; sa réponse, de son franglais habituel: « Non! Mais continue de bien travailler! Je sais maintenant que tu peux en donner plus! À demain, mon ami! »

Au Collège, comme responsable de la Société Sportive en 1968-1969, je me suis retrouvé à le côtoyer également sous un autre angle. Celui d’une personne de principes, qui défendait les valeurs d’équité entre les équipes sportives et qui voyait chez les jeunes adolescents de l’art brut à peaufiner et des personnes destinées à bâtir une société future solide et non malléable à tout vent. À l’Université de Sherbrooke, il a continué la promotion de ces valeurs, entre autres face à des équipes universitaires qui dérogeaient subtilement aux règles du « fairplay » et qui faisaient en sorte que les rencontres sportives devenaient inégales. Autres temps, autres moeurs! 

De retour des mes études doctorales, j’ai eu Tony comme étudiant dans certains de mes cours universitaires. Il était vu comme l’adulte qui retourne sur les bancs d’école, mais qui a un « je ne sais quoi » qui fait réaliser que toute bonne chose a ses obstacles et que bien que la perfection n’existe pas, il est primordial d’y tendre. Il a sûrement aidé plusieurs jeunes adultes qui se cherchaient face à leur nouveau statut d’étudiant universitaire. C’était par contre un autre monde pour lui et ce ne fut pas de tout repos; il n’est pas facile pour un passionné, opiniâtre, et quelque fois entêté, d’évoluer dans un milieu si changeant des années 70’s.

Nous sommes devenus des amis, et non plus en relation joueur-coach ou professeur-élève. Des discussions animées sur l’éducation autour d’une bière ou d’un café, des sorties de jogging LSD (Long Slow Distance), des services rendus de part et d’autres (trouver un appartement pour lui et Betty à leur retour de l’ouest du pays, l’engager dans mes projets de recherche), et des rencontres festives (un peu plus tranquilles avec le temps) durant ses visites à Sherbrooke ou à Montréal, sans oublier les tournois de golf ensembles.

Avec les années, je le voyais encore plus réflexif qu’avant, se questionnant sur son passé et son présent. Nous avons souvent discuté sur les bienfaits de la méditation pour lui. Loin d’être toujours en accord, jamais il y a eu jugement, et toujours beaucoup de respect. Nos deux appels téléphoniques, le mois avant son décès, resteront gravés longtemps dans ma mémoire: confinement quelque peu difficile pour lui, mais aucune plainte formelle, quelques mots sur son amie Rose et ses anciens Kodiaks, échange d’anecdotes qui nous ont bien fait rire, toujours de bons mots pour ma conjointe, et un « Je t’aime » bien senti avant de raccrocher.

Homme passionné, homme contesté, homme bon, homme d’influence.

Il a laissé sa marque et influencé de nombreux jeunes. Il m’a déjà dit: « Je sais que je n’ai pas la vérité, mais je fonce. À chacun d’en retirer les leçons qui en feront leur vie ».

Merci, collègues, amis(es), d’avoir pris le temps de me lire.

Jean-Pierre Cuerrier, Ph.D.

Promotion 1969, MSL

Professeur titulaire à la retraite, Université de Sherbrooke

 

Adieu « Coach »!

 

Par Marcel Desroches, promotion 1970

Tout le monde l’appelait Tony, il s’appelait Anthony Heffernan. À 86 ans, il nous a quittés non sans laisser une trace indélébile dans nos cœurs.

Grand, solide, irlandais d’origine, il a dirigé, dans les années soixante, d’une main de fer l’équipe de football des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis pendant presque une décennie. Avant son arrivée au Collège, il avait fait ses classes et ses preuves avec des équipes de football de Montréal-Nord, il prenait le soin de souligner qu’à l’époque le titre même d’enseignant en éducation physique n’existait pas.

Ensuite, à l’université de Sherbrooke il entraîne plusieurs équipes sportives, football, hockey, etc. Autres temps, autres mœurs : Il doit compléter ses études pour avoir le droit de continuer à entraîner des équipes sportives dans le milieu éducatif québécois. À Sherbrooke, il suit certains cours donnés par un de ses anciens joueurs, Jean-Pierre Cuerrier.  Il complète ses études à l’Université d’Ottawa où il insiste pour passer ses examens en français même s’il a le droit de les faire en anglais. Il m’a dit que ses notes en souffraient, mais qu’il n’était pas question de faire autrement, suite logique, car au Collège il insistait pour qu’on s’adresse à lui en français.

Lorsqu’il était à Ottawa, Il a dirigé un club de hockey pour jeunes. Il a eu maille à partir avec certains parents, car Tony donnait du temps de glace à chacun, avait une discipline stricte qui visait l’esprit d’équipe et non le vedettariat. À son retour à Montréal vers 1980, ses papiers officiels n’ouvrant pas toutes les portes, il était, à ses heures, peintre en bâtiment. Il a participé en 1982 à la mise sur pied de l’équipe de football Georges Vanier de Montréal avec l’aide de Luc Laurent un ancien des Kodiaks qu’il appelait affectueusement Kid. Puis il a laissé sa marque à titre d’éducateur au Centre de Jeunesse Shawbridge de 1985 à 1995, date où il a pris sa retraite. Son nom demeure gravé dans la mémoire de beaucoup de jeunes qu’il a aidés tout comme celui de ses confrères messieurs Sheldon Segal et Michel Métayer et bien entendu celui de Betty Davis sa compagne qui est décédée depuis et qu’on surnommait « The Mum of all the Kids ». Il a touché à tout, mais son cœur était à l’enseignement, à la transmission du savoir et il me disait toujours : « Ce qui est intéressant dans la vie c’est que je suis en apprentissage permanent. »

Je peux témoigner qu’il a changé avec le temps. Il était devenu presqu’un ascète où sa seule boisson était de l’eau chaude, où l’entraînement quotidien consistait à gravir les marches de sa Tour de (17) étages à répétition à pied et à faire de la méditation plus de quatre heures par jour. Il s’en voulait même de nous avoir fait tant souffrir lors de nos pratiques de football. Cela m’amène à l’essentiel : ces pratiques de football qu’il rendait plus difficiles que les parties et où il était impitoyable, où nous avons tant appris sur nous-mêmes. Sa philosophie se résumait à ceci, quand l’autre équipe sera épuisée, nous on commencera à peine à l’être. IL nous parlait constamment de fierté, il a même créé un « pride room » pour méditer avant nos parties. Le dénominateur commun à ses actions est l’amour qu’il portait à ses joueurs.  Il a toujours cru que la façon la plus efficace d’aider quelqu’un à traverser une épreuve était de lui dire qu’on l’aime.

Tony était de façon naturelle un bon enseignant et un bon pédagogue. Il a su garnir notre coffre d’outils. Il a eu dans ses rangs des Serge Bouchard, Claude Mailhot, Gilles Duceppe, Pierre Plouffe, Marc Simard, tous des champions à leur manière. Et combien d’autres comme moi Marcel Desroches qui ai utilisé ses enseignements tout au long de ma vie.


 

Comme je connaissais bien l’homme, on m’a suggéré d‘écrire un texte à sa mémoire. Je ne suis pas écrivain et pendant que j’étais à « moucher »  mes pieux de cèdres, voici comment ce texte est venu à moi.

Tout comme les Anciens, Tony avait l’œil. Il savait qu’on était fait de bon bois. Il devinait nos forces et aussi nos faiblesses. Il élaguait l’arbre, lisait la ligne du bois. Il nous obligeait à pousser droit et à bien vieillir. Pareil au choix d’un bon et solide pieu de cèdre, pour être sûr qu’on ne brise pas quand on nous masse sur la tête, il a fallu « moucher » l’extrémité la plus large avec une « plane », à contre sens du piquet. Ainsi aucun coup de masse ne pouvait nous fendre ou nous faire éclater. Il nous a préparés à faire face avec dignité. Il a tout notre respect.

J’ai mouché mes pieux en pensant à lui. Ça sentait la bonne odeur de cèdre dans l’atelier et je dois dire que je mouchais aussi mon nez, car cela fait du bien de pleurer un ami.

Quand quelqu’un disparaît à tout jamais et que sa marque reste indélébile dans le cœur de ses proches, alors se révèle encore avec plus d’éclat la vraie valeur de l’homme. Tony n’était pas seulement notre Coach, il était notre Coach de vie.

Il m’aurait dit : « Continue de méditer » Ce que je ferai en essayant d’honorer ses enseignements. Je me souviendrai toujours de sa phrase culte bien dite en français, mais avec une petite tournure anglophone qui faisait son charme : « Donne tout mon amour à ta famille! »

Adieu Coach, adieu Tony et merci pour tout.

Marcel, Kodiak 77


Quelques rappels de la carrière professionnelle bien remplie de Tony :

Entraîneur de football, hockey, basketball, volleyball…

Éducateur au Centre de jeunesse Shawbridge (entre 1985 et 1995)

2007 Intronisé au Hall de la renommée de L’Université de Sherbrooke

Coach à vie des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis

Homme intègre et lumineux pour Betty, Rose, John & Holly, Theresa, Jim, Alain, …

Marcel Desroches, promotion 1970 – 30 avril 2020

29 Janvier 2008, un jour mémorable pour moi…

Yvan Bordeleau, promotion 1963

Y Bordeleau

Quelques mois après le début de ma retraite, j’apprends que l’assemblée générale des membres de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis aura lieu quelques jours plus tard au Collège sur le boulevard Henri-Bourassa. Comme ancien du Mont-Saint-Louis de la rue Sherbrooke, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de passer devant le « nouveau » collège sans trop m’y identifier… mais, à tout hasard, je décide alors d’y assister par curiosité !  En entrant dans le collège, je suis surpris, avec une certaine émotion, de voir que ce hall fait place à de quelques vitrines mettant en évidence de nombreux souvenirs de « l’ancien » collège et de plusieurs anciens  du MSL. Je perçois alors que pour la direction, les responsables de l’Association des anciens et les professeurs, le Collège Mont-Saint-Louis a alors une histoire unique de plus de 125 ans.

Se tient ensuite l’assemblée générale qui fait alors état des rubriques et bilans habituels pour ensuite élire un nouvel exécutif. On m’invite alors à y participer et je décide d’accepter cette invitation probablement influencé par l’attachement que j’ai quelques heures auparavant pu observer entre le Mont-Saint-Louis du boulevard Henri-Bourassa et celui de la rue Sherbrooke. Au moment de la réunion des membres du conseil d’administration, c’est l’heure du partage des responsabilités entre les membres du nouvel exécutif. Je manifeste alors mon intérêt pour prendre en charge la publication de la revue des anciens du collège pour apprendre alors que, depuis quelques années, notre revue n’a pas été publiée. Je conviens à ce moment de revenir à la prochaine réunion avec une proposition plus précise.

Je propose donc de publier, trois fois par année, une revue sans prétention de huit pages mais de le faire de façon très régulière afin de rétablir le lien avec tous les anciens du Collège  que ce soit ceux de la rue Sherbrooke ou du boulevard Henri-Bourassa. Je favorise évidemment de concevoir cet outil de communication en mettant en évidence que c’est toujours la poursuite de l’histoire du même Mont-Saint-Louis qui s’est déroulée sur deux sites différents. Notre revue devait donc être le reflet de la vie des anciens MSL, représentatifs des deux phases de la vie de notre institution qui a débuté en 1888 et qui se poursuit maintenant depuis plus de  132 ans.

Depuis le début de cette aventure, nous avons effectivement publié, à trois reprises chaque année, sans interruption si ce n’est un seul écart (décembre 2019)  à cette politique pour des raisons hors de notre contrôle. C’est donc plus de 36 numéros de notre revue « Les anciens… » qui permis de maintenir le contact avec tous nos anciens collègues, de revitaliser notre réseau et de manifester notre fierté d’être des anciens du Mont-Saint-Louis. Nous y avons traité de l’âme et de l’histoire de notre Collège,  du succès de certains anciens, de nouvelles de la vie étudiante, des projets de développement, de la disparition inévitable de nos anciens collègues, etc. En plus de la publication de notre revue, signalons que les exécutifs successifs de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis ont misé simultanément sur diverses activités pour consolider l’esprit MSL et nous pensons ici à la nomination annuelle au Panthéon d’un ancien qui s’est particulièrement  illustré dans sa carrière et aux retrouvailles organisées en mai de chaque année. J’ajouterais également que j’ai eu le grand privilège d’avoir été à l’origine de ce projet qui fut accepté par la direction et d’avoir  pu investir beaucoup d’efforts dans la rédaction du livre publié à l’occasion du 125e anniversaire du Collège Mont-Saint-Louis. Ce fut un ouvrage de collaboration exceptionnel avec de nombreux anciens et membres du corps professoral du collège.

Après de long cheminement de 2007 à 2020, je pense que le moment est venu pour moi de passer le flambeau à une autre personne qui saura poursuivre la publication de notre revue afin de maintenir le lien avec tous les anciens, de les tenir informer concernant les nouvelles concernant les anciens et la vie du collège mais certainement aussi de faire évoluer la revue dans le cadre des développements technologiques importants et de l’essor des médias sociaux.

Bien modestement, je reconnais que, depuis 13 années, la publication de notre revue n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de nombreuses personnes, notamment les directeurs André Lacroix et Sylvie Drolet, les présidents de notre Association Michel Hétu et Louis Nolin. Un grand merci également à celle avec qui j’ai eu le plaisir de travailler étroitement depuis près de 10 années, Danièle Bélanger, ainsi qu’à tous les anciens du collège qui y ont contribué à l’occasion en prenant la plume. Merci à tous et longue vie à « Nous les anciens… »

 

 

Message de François Trahan, promotion 1986

Le stratège boursier François Trahan a accepté la présidence d’honneur de la campagne majeure de financement. Ne pouvant assister au lancement de la campagne qui de tenait le 2 mai 2017, il a rédigé un très beau témoignage, démontrant son attachement au Mont-Saint-Louis et son appui à la Fondation du Collège.

Chers amis,

C’est avec beaucoup d’humilité que j’écris ce texte. Je le fais, car je crois fermement que le soutien des anciens peut jouer un rôle important dans l’avenir du Mont-Saint-Louis.

J’aurais évidemment aimé me joindre à vous pour le lancement de la campagne majeure de financement, mais malheureusement une obligation professionnelle me retient à Boston. Je sais toutefois, par Mme Rioux-Morency, que vous êtes bien entourés notamment, par la présence de Julie Payette.

Je n’aurais jamais imaginé, en quittant le Mont-Saint-Louis en 1986, que je serais un jour en mesure d’apporter mon appui au Collège. Rien dans mon parcours ne suggérait à l’époque que je serais en mesure de le faire.

À l’adolescence, c’est parfois difficile d’apprécier l’éducation que l’on reçoit. Personnellement, j’ai compris la qualité de l’enseignement que j’ai reçu au MSL et son influence sur mon cheminement professionnel, beaucoup plus tard dans la vie.

Je sais maintenant que mon parcours au Mont-Saint-Louis m’a fourni plusieurs outils qui me servent encore aujourd’hui. D’ailleurs, il y a deux éléments que je retiens plus partciulièrement de l’enseignement que j’ai reçu au Collège. D’abord, on m’appris à être organisé tout en restant indépendant. Deuxièmement, je retiens l’expérience sociale ou le développement social car le Collège favorisait et facilitait les liens d’amitié. À ce jour, mes meilleurs amis sont presque tous des anciens, dont plusieurs que j’ai rencontrés au camp des 48 heures.

Je me souviens aussi du mentorat de certains enseignants. Je remercie d’ailleurs M. Boileau et son complice, M. Lepage pour leurs précieux conseils.

Ceci m’amène à la philanthropie. J’ai appris une importante leçon de vie quand je me suis joint à l’entreprise Bear Stearns, en 2002. À l’époque, on devait, à titre d’associé, remettre 4% de notre rémunération à des fins philanthropiques. De prime abord, je trouvais la demande exigeante, MAIS, j’ai appris avec le temps qu’un geste charitable apporte beaucoup plus que toutes dépenses. Je l’ai appris « sur le tard », mais j’espère en faire cadeau à mes enfants et c’est avec cet esprit que j’ai répondu à l’appel de Mme Rioux-Morency et de l’Association des anciens.

J’espère sincèrement que mes enfants pourront eux aussi vivre l’expérience Mont-Saint-Louis un jour. La vie décidera si c’est réaliste.

D’ici là, je ferai mon petit bout de chemin pour contribuer à ce que le Collège soit là pour les générations futures. Je demande à tous les anciens de s’impliquer et de faire eux aussi leur petit bout de chemin pour aider cette merveilleuse cause.

Un gros merci à Lucienne Rioux-Morency et à vous tous réunis pour le lancement de la campagne de financement. En espérant vous croiser à la prochaine occasion.

Avec beaucoup d’humilité,

François Trahan

Au Mont-Saint-Louis de père en fils : Lucien et André Bergeron

Par Danièle Bélanger

Lucien Bergeron a fréquenté le Mont-Saint-Louis sur la rue Sherbrooke à la fin des années trente (promotion 1939). Trente ans plus tard, son fils André a choisi de compléter le cours classique au Collège Mont-Saint-Louis sur le boulevard Henri-Bourassa, dans les locaux de l’ancien Collège Saint-Ignace. Si l’attachement du fils à cette institution provient beaucoup du fait que son père l’a fréquenté et y a reçu une solide formation, il n’en demeure pas moins que cette année 1969-1970 qu’il a passée au Collège lui a permis de vivre des expériences scolaires, humaines, sociales et… politiques enrichissantes.

Lucien Bergeron, des mots offerts à ses descendants

Lucien Bergeron 2

Lucien Bergeron était originaire du Saguenay. Son père Eugène, gérant du moulin pour la Price Brothers est décédé prématurément, laissant sa femme responsable d’une famille de neuf enfants. Deux de ses frères avaient déjà fréquenté le Mont-Saint-Louis lorsque la famille aménagea à Montréal et c’est ainsi que le jeune Lucien se retrouva aussi à étudier auprès des frères des Écoles chrétiennes.

Élève talentueux, au Mont-Saint-Louis Lucien Bergeron s’est notamment démarqué par sa plume. S’intéressant tant aux sciences qu’à la littérature, le jeune homme profitait de toutes les occasions pour s’exprimer par écrit. Il était d’ailleurs habile pour écrire en alexandrins rimés sur différents sujets.  Outre quelques textes publiés dans la Revue M.S.L., la famille a la chance d’avoir hérité de précieux documents contenant différents écrits de leur père : journal intime, lettres d’amour consignées dans un cahier, travaux divers, et autres textes présentés sous différentes formes. Ainsi sur Menaud Maître-Draveur, une critique étoffée et un poème de huit strophes.

Dans ses cahiers reliés, on retrouve quelques poèmes intitulés « Ma mère ». André, le fils de Lucien, a plaisir à raconter que certains de ces textes ont été écrits pour des confrères de classe en manque d’inspiration ! Lire ses différents manuscrits, c’est se plonger dans une époque, constater l’influence d’un enseignement rigoureux, apprécier une ouverture sur le monde. Lucien Bergeron raconte ce qu’il vit, décrit la nature qui l’entoure, critique un livre ou une exposition, parle des personnages importants de son époque, se laisse parfois inspirer par un poète reconnu, rend hommage à son père, exprime son amour et son admiration pour sa mère, et ce très souvent avec des rimes.

Après le Mont-Saint-Louis, Lucien Bergeron a complété une Licence en sciences économiques, à l’époque où Monsieur Édouard Montpetit était doyen de la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques de l’Université de Montréal. Il a par la suite fondé et dirigé l’office municipal du Tourisme de Montréal.

André Bergeron

André Bergeron

© A. Abbondanza-Bergeron

André Bergeron a étudié à l’École Sauvé de la Commission scolaire de Montréal offrant alors le cours classique. À l’automne 1969, il s’inscrit au Mont-Saint-Louis et devient membre du premier Conseil d’administration du Collège récemment constitué en Association coopérative. Le C.A. était alors formé de parents, de membres du personnel et de la direction ainsi que de deux élèves, André Bergeron et Richard Donohue. À l’ordre du jour notamment, ces sujets intéressant particulièrement les représentants des élèves : le « costume », la chevelure, et l’allure générale. André Bergeron se souvient de Robert Brunette qui était alors directeur des élèves, du Frère Bettez, directeur pédagogique et de Claude (Boutin) Du Parc, responsable des finances. Pour le Mont-Saint-Louis, c’était une première année d’existence dans un nouvel édifice avec une nouvelle structure administrative. Au printemps 1970, il y eut tout de même une classe neige pour le plus grand bonheur de plusieurs élèves.

Pour André Bergeron, le Mont-Saint-Louis se résume ainsi : accès à la culture de base sur les plans musical, politique, philosophique et religieux, ouverture et « tout est possible ».

Dans l’aile Papineau se retrouvait le bureau de l’aumônier et la grande salle et dans l’aile Saint-Joseph, confidence surprenante…

André Bergeron se souvient avoir assisté à des prestations musicales intéressantes présentées par des groupes marginaux de l’époque, organisées par nul autre qu’Alain Simard. En effet, Alain Simard a fait son cours classique au Collège Saint-Ignace et c’est là qu’il a présenté ses premiers concerts au cours de l’année 1969-1970. La Clef (café-spectacle sans but lucratif) a été fondée cette année-là et c’est au sous-sol de l’aile Saint-Joseph que les premiers concerts furent présentés.

André Bergeron raconte : « Peu de temps après, le futur producteur a déniché un autre local à Montréal, dans le Vieux-Montréal, grâce à l’aide de …. mon père Lucien Bergeron, à qui j’avais demandé  de rencontrer Alain Simard, question permis, pompier, etc.  La rencontre fut mémorable ! »

André Bergeron est psychologue. Détenteur d’un BA de l’Université McGill, d’une maitrise de l’Université de Montréal et d’un doctorat de l’Université Concordia, il s’est intéressé à plusieurs volets de sa profession. Il a enseigné aux niveaux collégial et universitaire et a œuvré comme chercheur, intervenant et formateur dans plusieurs hôpitaux. Il est également psychologue clinicien en pratique privée. Notre ancien s’intéresse aussi au domaine maritime et signe plusieurs articles sur le sujet dans des revues d’ici et aux États-Unis. Il a même publié un livre sur le sujet en 2005.

Le 22 février 2018, André Bergeron a pris plaisir à revisiter le Mont-Saint-Louis, en particulier l’aile Saint-Joseph, où plusieurs locaux ont évoqué pour lui de nombreux souvenirs. Ce jour-là le psychologue a raconté son histoire sans réserve, tout à fait à l’aise de se confier à son tour… Deux mois plus tard, le 19 avril, il acceptait de revenir au Collège en participant à la Journée carrière destinée aux élèves de la 4e secondaire.

À l’AAMSL nous constatons souvent l’attachement que nos anciens ont pour le Mont-Saint-Louis. Chaque histoire de vie est différente et agréable à entendre et chaque rencontre contribue à enrichir notre communauté.