Conventum 1963

 

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par Yvan Bordeleau, promotion 1963

À l’occasion des retrouvailles MSL 2018, une présence remarquée fut celle de la promotion 1963 puisque 14 anciens MSL s’étaient réunis pour souligner le 55e anniversaire de leur promotion : Yvan Bordeleau, Ronald Bouchard, Pierre Boulianne,  Gilles Cadieux, Aubert Dancose, André Deschambault, Pierre Desjardins, Pierre Girard, André Gravel, Jean Grothé, André Hébert, Michel Hotte, Michel Lippé et Gilles Murray. S’étaient excusés de ne pouvoir être présents : Paul-André Bolduc, Gérard Douville, Serge Gouin, Claude Saint-Laurent et Jean Turcotte. Ce fut une rencontre très agréable consacrée au partage de nos souvenirs, de nos cheminements professionnels… de même que de nos états de santé.  Ce fut également l’occasion d’avoir une pensée pour nos anciens collègues décédés : Claude Beauchamp, André F. Legault, Daniel Chaussé et Michel David. Soulignons que Gilles Murray en a profité pour déposer, dans les archives du Collège, quelques objets de mémoire reliés à son passage au Mont-Saint-Louis. Tous ont souhaité pouvoir se rencontrer à nouveau autour d’un bon repas… À suivre.

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Les brèves septembre 2018

Serge Bouchard

Promotion 1967

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Le livre Les yeux tristes de mon camion en version audio et lu par Serge Bouchard est disponible sur ICI Première. Le livre est paru aux Éditions du Boréal. Prix littéraire du Gouverneur général 2017.

Alain Desormiers

Promotion 1979

Alain Desormiers, chef de la direction de Touché! Canada et de PHD Canada, a participé à la sélection des pièces en nomination dans la catégorie Média du Festival international de la créativité Cannes Lions 2018.

Marie Eve Lacas

Promotion 1995

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La journaliste illustratrice Marie Eve Lacas et sa collègue Geneviève Proulx ont reçu le prix ID OR dans la catégorie Médias du Grand Prix de l’Innovation Digitale 2018 pour la bande dessinée documentaire numérique Raif Badawi : rêver de liberté.

Florence Ashley

Promotion 2009

Florence fait partie des diplômés de la faculté de droit de l’Université McGill qui seront auxiliaires juridiques à la Cour suprême du Canada. Elle possède un BCL/LLB de l’Université McGill et complète actuellement un LLM. Florence est une activiste transféminine spécialisée en bioéthique et en droit de la santé transgenre. Elle sera la première auxiliaire juridique ouvertement trans à la Cour suprême.

Campagne majeure de financement : le volet développement des arts

par Lucienne Rioux-Morency                                                                                                              Présidente de la Fondation

A la mi-mai 2018, alors que le volet soutien aux arts recueille encore peu d’appuis financiers, un appel de Ghislain Arsenault (promotion 1978) va changer les choses. En effet, ce dernier manifeste le désir de mobiliser les membres de sa cohorte pour aider la Fondation à atteindre l’objectif de 125 000 $ pour le volet des arts.

Avec la construction du nouvel édifice, la palestre, située dans l’aile Saint-Joseph, est devenue disponible et aura une nouvelle vocation. Le projet consiste à transformer la salle en un local polyvalent dédié à l’enseignement des arts de la scène, où pourront aussi se tenir différentes représentations.

Une rencontre a eu lieu le 6 juin dernier à Beaconsfield regroupant une trentaine d’anciens élèves de la promotion 1978. Certains enseignants, maintenant retraités étaient aussi présents. Tous ont eu du plaisir à se revoir et à se rappeler des souvenirs liés à leur passage au Collège.

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Pierre Lemieux (promotion 1976) se joindra à ses confrères de la promotion 1978 afin d’appuyer aussi le volet développement des arts de la campagne majeure de financement.

Encore une fois, nos anciens se mobilisent pour soutenir les projets mis de l’avant par le Collège par l’entremise de la Fondation. Une bonne nouvelle pour notre communauté!

Hommage aux frères des Écoles chrétiennes du Mont-Saint-Louis

Conventum 1967-2017

Le 16 novembre 2017, une ancienne et 21 anciens de la promotion 1967 se sont réunis au Mont-Saint-Louis auprès de 2 de leurs anciens enseignants, afin de souligner le 50e anniversaire de leur passage au MSL.

Photo groupe

Chers camarades et frères enseignants,
Nous sommes ici réunis à ce conventum parce que nous voulons souligner le 50e anniversaire d’un jalon important dans notre vie, celui d’avoir décroché notre baccalauréat ès arts. Ce fameux B.A. fut le diplôme couronnant notre cours dit classique. La culture que nous y avons acquise durant ces 9 années des Éléments Français à Philo II est le fruit de l’enseignement de frères des Écoles chrétiennes, pour la plupart, et des professeurs laïcs.
Je veux souligner ici l’appréciation que j’ai de cette institution qu’est le MSL, dirigée à cette époque par ces frères, et leur rendre un hommage par quelques anecdotes.
J’ai commencé mes Éléments Français en 1957, à peine 3 mois après mon arrivée au Canada. Je connaissais peu la langue française puisqu’au Luxembourg, où je suis né, je ne l’ai apprise que durant quelques années de mon cours primaire. Après avoir passé l’examen d’admission écrit au collège, j’ai dû passer une entrevue avec le directeur des études qui semblait étonné que je n’aie pas su répondre à certaines questions. En me questionnant, il se rendit compte que je connaissais les réponses, mais je n’avais pas compris la question à cause de ma faiblesse en langue française. Je ne m’étais pas aperçu de cela sur le moment, mais ce fut la première de plusieurs chances que les frères m’accordèrent durant mes études pour m’encourager à aller de l’avant et de développer mes talents.
À la fin des années cinquante, notre Alma Mater avait une clientèle composée en très grande partie de pensionnaires et le reste d’externes. Cela permettait à des jeunes de l’extérieur de Montréal de suivre leur cours classique ou scientifique. Parmi ceux qui avaient commencé le pensionnat, tous eurent l’occasion d’y rester jusqu’à la fin de leurs études, même si en dernier (1967) il ne restait que quelques individus dans cette situation, vu que le collège avait diminué le nombre de pensionnaires, et en conséquence fait augmenter le nombre total d’élèves à plus de 1 200, en installant des salles de classe dans les anciens dortoirs du 4e étage.
La clientèle du collège comprenait un bon nombre de jeunes dont les familles n’étaient pas financièrement fortunées. En adaptant un précepte de Jean-Baptiste de Lasalle, un programme de dons, de prêts et de bourses leur permettait de suivre leurs études dans une institution de qualité. On n’a jamais eu à déplorer des attitudes hautaines de la part des riches envers ceux qui ne l’étaient pas. Les frères ne l’auraient pas toléré.
Un autre exemple personnel de chance qu’on m’a accordé. J’aimais tellement la Versification que je l’ai répétée 2 fois… Nous sommes quelques-uns dans ce cas ici présent. On se souvient qu’à l’époque, si on échouait dans une matière avec moins de 60 %, et d’autant plus à l’examen de reprise, on devait reprendre l’année complète dans toutes les matières. Dans mon cas, la chimie fut un blocage mental complet. Je crois que l’année suivante, j’ai « réussi » l’examen de fin d’année avec la note de passage, sans plus. Probablement que quelqu’un s’est dit qu’ils ont assez vu Scholer en Versification. Bien sûr que dans les autres matières, je réussis nettement mieux que la première fois, au point que je figurais enfin parmi les meilleurs de la classe. Malgré le fait d’avoir doublé une année, je n’ai jamais été dénigré par les frères, ce que j’ai grandement apprécié.
Un de nos camarades a également connu une chance que le frère Gilbert lui a accordée. Ayant déjà demandé son admission en médecine à l’université, il lui manquait cependant 3 % à l’examen final de physique, ce qui allait le faire refuser à ses études supérieures, malgré ses très bons résultats dans les autres matières. Son avenir en dépendait. Il alla donc parlementer avec le Frère Gilbert en lui expliquant son cas. Ce dernier vérifia son examen et lui accorda quelques points de pourcentage par-ci par-là aux différentes questions de l’examen, et notre camarade a pu étudier la médecine et y faire carrière.
Vous vous souvenez du 144e régiment de cadets que formait le MSL ? J’aimais la milice, et je m’étais inscrit dans l’armée de réserve à 18 ans au Régiment de Maisonneuve. Ayant connu la rigueur de l’armée, j’en parlai au frère Ubald qui me mit en charge d’un peloton de la milice de notre Collège, et en fin d’année commandant du régiment au complet. Il m’a donné ma chance de faire mes preuves.
En philo II, j’avais proposé une vaste enquête à tous les élèves du Collège. Parmi les buts visés, il y avait celui que nous ayons tous une carte d’identité officielle avec le nom, la photo, etc. Les frères furent d’accord avec l’idée de cette enquête-sondage. Ils firent imprimer les 1 200 questionnaires, les distribuèrent, les firent compléter, et firent compiler les résultats. Cette tâche me revint à moi et ma petite amie. Que de soirées et de fins de semaine passées à cela !!!
En plus des chances que les frères nous offraient, souvenez-vous des possibilités sportives et culturelles qui nous étaient offertes.
Qui n’a pas participé à différents sports durant l’heure du dîner, comme le ballon-chasseur, le hockey cosom ou le ping-pong ? Grâce à des installations sportives à la fine pointe du progrès dans un gymnase tout neuf, qui n’a pas joué aux quilles, soulevé des poids et haltères, tiré à la carabine, fait de la boxe, joué au basketball, fait de la gymnastique au sol ou sur appareils comme le cheval d’arçons, barre fixe ou parallèle, aux anneaux, etc. ? Qui ne se souvient pas de la glorieuse équipe de football, les Kodiaks ? Le talent de certains joueurs les a mis sur la piste de leur vie professionnelle.
D’autres de nos camarades préféraient plutôt les activités culturelles. Vous souvenez-vous de la musique classique qu’on jouait à la discothèque durant l’heure du midi ? Certains camarades ont fait carrière dans le domaine de l’opéra, de même qu’au théâtre. D’autres ont pratiqué la musique instrumentale avec l’harmonie du Collège, dirigée par Me Agostini. Certains ont commencé leur carrière politique en présidant l’association des étudiants, l’AGEMSL. Mais je ne crois pas qu’ils aient appris le communisme au Collège.
Certains camarades ont apprécié la convivialité ou le dévouement de certains frères. Par exemple, le frère Henri qui s’occupait de la salle de tir à la carabine calibre 22. Après que les tireurs aient complété leurs cibles, plusieurs allaient jouer au Yum avec lui. Ou bien le frère Marcel Éthier qui enseignait les mathématiques et la géométrie, ayant fait subir des examens à 6 groupes de 30 élèves, remettait les 180 copies corrigées dès le lendemain. Ouf ! Ou bien le frère Gaétan qui donnait des « tickets de vitesse » à ceux qui dévalaient les escaliers trop rapidement avant le dîner, et qui devaient expier leur faute en apprenant par cœur certains vers des « Essais » de Montaigne sur « la Tête bien faite » . Ou bien le frère Alexandre qui savait compléter un dessin avec une craie dans chaque main.
Je vous fais part d’une anecdote personnelle démontrant l’esprit ouvert ou avant-gardiste des frères. À l’âge de 17 ou 18 ans, je participais tous les samedis matin aux activités du Cercle Philippe Hébert, sous la direction du frère Gédéon Désilets, afin d’apprendre le dessin et la peinture. À chaque séance, nous devions faire des croquis au fusain d’un modèle vivant, en trois minutes, ou 10 ou 15, en alternant des poses. Au début de mon apprentissage, le modèle vivant était un élève du Collège en tenue de basketball. Puis ce pouvait être une femme, habillée. Puis ce fut une femme en maillot de bain. Puis en bikini, puis en monokini, et puis sans kini du tout. Je crois que si tous les élèves du Collège avaient su cela, on aurait manqué de place à l’atelier du samedi matin. Cependant, lors de l’exposition de nos œuvres à la fin de l’année scolaire, nous devions dessiner un semblant de bikini par-dessus les croquis de nudité, afin de ne pas choquer certains esprits rétrogrades.
Voici un autre exemple où les frères s’adaptaient aux changements de la société. Étant un organisme religieux, nous devions tous au grand complet assister à la messe du vendredi dans la magnifique chapelle de style rococo, juste avant le dîner. Puis, au début des années soixante, c’était seulement pour le premier vendredi du mois. Plus tard, après que la chapelle ait été modernisée, assistaient à la messe ceux qui voulaient bien, alors que les autres étaient en période d’étude dans la grande salle au-dessus de la chapelle.
Vers la fin de nos études, nous avions de moins en moins de frères qui nous enseignaient. Plusieurs laïcs nous montraient la littérature française comme Yves Dubé et Robert Bannout , Serge Monosiet en Physique, Drouilly en littérature française, latin et chimie, Nelson Landry et Drewski en Chimie, Jacques Lucques en géographie, Marc Lavallée en bio, etc. Nous avons même eu une femme qui nous enseignait en sociologie. Et puis, lors de la rentrée de vacances en septembre 65, voilà que les magnifiques et imposantes balustrades bordant les escaliers avaient été recouvertes de contreplaqué. Et pour cause, l’arrivée des filles en Belles-Lettres, Rhétorique et Philo. Lorsque j’ai demandé à un frère la raison du contreplaqué, il m’a répondu par l’évidence : il y avait des filles, et en montant les escaliers, un garçon en contrebas aurait pu se tromper en regardant vers le ciel… Et puis le Collège a fait ses débuts d’agence matrimoniale, puisque certains garçons (ici présents) ont fini par marier des demoiselles rencontrées au Mont Saint Louis, et vivent encore avec elles.
Une anecdote dont un de nos camarades m’a fait part, faite à l’occasion de la bienvenue aux filles par le directeur frère Alarie : « grâce à votre présence, vous allez peupler le Collège ».
Il ne pensait pas si bien dire…
Je crois que la raison pour laquelle nous sommes présents ici à ce conventum, c’est parce que nous avons vécu des expériences heureuses dans ce Collège dirigé par les frères des Écoles chrétiennes. Dans une autre province, des élèves d’un pensionnat ont connu des choses sordides, qui ont terni la réputation des frères. Mais au Mont-Saint-Louis, nous n’avons jamais entendu parler de ces choses. Je voulais par cette allocution contribuer à redorer le blason des frères, qui ont consacré leur vie à bien enseigner aux élèves qui leur étaient confiés. Moi je leur en suis très reconnaissant et sûrement vous également. Que cette allocution soit un hommage en leur honneur !
Ronald Scholer
Élève au MSL de 1957 à 1967
Diplômé du Baccalauréat-ès-Arts

 

Vie étudiante au MSL

Nuit de la poésie 

2e édition – Ce qu’ils ne peuvent pas nous prendre
Le 15 février 2018, les élèves du cours de littérature de la 5e secondaire et ceux de l’activité Midis Poésie, accompagnés par les enseignantes Marie-Ève Leblanc et Marie-Claude MacKay, nous ont fait vivre des moments précieux lors de cette belle soirée de poésie.

Tour à tour, les élèves ont récité les poèmes qu’ils avaient composés et rendu hommage à d’autres poètes. Bravo aux élèves et aux enseignantes pour cette soirée riche en émotions!

L’invité d’honneur de la soirée était le poète Olivier Marchand, promotion 1947. Avant de le présenter, Mme Leblanc a lu un de ses poèmes.

Les ponts des cris

Tu cries
que te sert
ton âme est en route malgré tout
là où est le soleil
là où les yeux mordent à la juste violence

tu cries
et tu as tout à bout de bras
la seule femme à la perte d’amour
les seuls enfants en muraille
des compagnons à voix crue

tu cries exact
devant le jeune trône qui se lève
le tien apprêté pour les gouffres

mais tes cris sont des ponts

Olivier Marchand, Crier que je vis, Les Éditions de l’Hexagone, 1958

M. Marchand a prononcé quelques mots avant d’offrir un de ses poèmes aux spectateurs.

« Me retrouver ici parmi vous, c’est revivre des dizaines d’années après ce qui fut l’essence de mon univers quotidien.
Je suis un produit quelque peu atypique du MSL première manière mais n’est-ce pas le propre d’une institution d’enseignement d’ouvrir toutes grandes le plus de portes possibles.
Inscrit dans un cours scientifique, c’est dans les matières littéraires que j’allais tirer le meilleur de moi-même. Le MSL était ouvert au bilinguisme; J’y ai étudié Shakespeare. Nous avions des manuels en langue anglaise.
On m’a appris à utiliser la machine à écrire; au sortir du Collège, je pouvais lire et écrire en anglais, ce qui m’a bien servi, par la suite, car je suis devenu rédacteur-traducteur de dépêches au journal La Presse ainsi que dans une agence, la Presse canadienne.
En filigrane, je devins poète, à mon insu, en tâtonnant.
Je peux témoigner ici de tout ce que m’a apporté mon passage au Mont-Saint-Louis. C’est un grand privilège de pouvoir passer ses années d’adolescence dans un milieu où tout est ordonné à l’étude, à la réflexion, à l’effort d’apprendre. »

un poème sur les vagues
faisant mille tours
pour arriver à toi
en étincelles
en voluptés d’écumes
crachant sa brume canadienne
au travers du soleil divin
avec les chants des oiseaux
les vents grogneurs
les bises soupirantes

un poème sur les vagues du temps
offrant sa nullité
aux assauts des violents
brisant le silence méchant
ordonnant l’impitoyable
créant l’harmonie souveraine
dans ses ressacs fragiles

un poème sur les vagues atlantiques à force
luttant son vouloir
à perte de rêve
emportant le miracle de vivre
boudeur et fugace

un poème pour que se fige un instant
le beau et douloureux appel qu’on lance
en espérant être immortel et bon
en dépit de tout
malgré le dépit
et le troublant esclavage de vivre

Poème d’Olivier Marchand publié dans l’anthologie Sur les récifs, Publications Verlamer, recueil collectif sous la direction d’Hugo Dufort, 2004.

Semaine des arts

Le MSL a connu une magnifique semaine artistique qui s’est tenue du 26 février au 2 mars 2018. Félicitations à tous nos élèves si talentueux, et merci aux enseignants d’arts dévoués et passionnés!

 

Mme Lucienne Rioux-Morency présente à Ottawa le 2 octobre 2017

Lucienne et Julie

Mme Lucienne Rioux-Morency, présidente de la Fondation du Collège, était invitée à la cérémonie d’installation de la nouvelle gouverneure générale du Canada, Julie Payette, qui se tenait sur la colline du Parlement à Ottawa en début de semaine. Mme Rioux-Morency a travaillé au Mont-Saint-Louis de 1973 à 2002 comme enseignante et directrice et elle est bénévole à la Fondation depuis 2002. Elle a notamment enseigné la chimie à Julie Payette. Sa fille, Isabelle Morency, promotion 1992, l’accompagnait lors de cet événement.
L’AAMSL a recueilli les impressions de la représentante du MSL à cette cérémonie.
Pour Mme Rioux-Morency, recevoir une telle invitation, constituait un honneur et en quelque sorte une reconnaissance pour son engagement envers le Mont-Saint-Louis et sa communauté.
Nul doute que cette invitation confirme l’importance que Mme Payette accorde au rôle des enseignants auprès des jeunes.
C’est avec enthousiasme que Mme Rioux-Morency a participé aux activités du 2 et 3 octobre. Pour elle, le temps fort de la cérémonie d’installation de Mme Payette, fut son allocution. En effet, la nouvelle gouverneure générale a abordé plusieurs thèmes importants qui lui sont chers, tels le rapprochement avec les communautés autochtones, les changements climatiques, l’importance de l’éducation et des sciences, etc. L’écoute attentive et les applaudissements chaleureux ont démontré la pertinence des propos tenus par Mme Payette. D’ailleurs, plusieurs invités ont rapidement qualifié ce discours de mémorable.
Au cours des trois événements auxquels Mme Rioux-Morency a participé, l’arrivée de Julie Payette entrainait un déplacement de la foule qui l’entourait aussitôt. Tous voulaient avoir la chance de la féliciter et de lui faire une accolade. Cette proximité avec le public a duré des heures… Mme Rioux-Morency a aussi rencontré plusieurs membres de la communauté du MSL : la famille de Julie, des anciens, des élèves actuels et leurs parents (amis de Julie).
À cette occasion, Mme Rioux-Morency, qui représentait le MSL, a remis à la nouvelle gouverneure générale, un présent de la part du Collège et un autre de la part de la Fondation et de l’AAMSL.

Lucienne

Discours d’installation de la gouverneure générale du Canada Son Excellence la très honorable Julie Payette

JP

Le Sénat, le lundi 2 octobre 2017
Je vous salue, vous tous ici présents qui avez pris le temps de venir voir cette passation séculaire qui date des gouverneurs de la Nouvelle-France, mais qui est aujourd’hui entièrement canadienne, et qui représente le fondement de notre démocratie.
Je transmets les chaleureuses salutations de notre souveraine, la reine Elizabeth II, à tous les Canadiens. Sa Majesté nous a accueillis, mon fils Laurier et moi, à son domaine en Écosse il y a à peine deux semaines. Elle m’a confié la responsabilité de la représenter ici au Canada en tant que gouverneure générale et j’ai accepté ce devoir avec humilité. Je sais que la tâche ne sera pas facile; j’essaierai du mieux que je pourrai de suivre les traces de mes prédécesseurs — les traces d’un grand homme, le gouverneur général David Johnston, et d’une grande femme, Madame Sharon Johnston. Je vous remercie de m’accueillir dans votre famille.
De ce passé opérationnel peu orthodoxe, que je partage d’ailleurs avec de nombreuses personnes dans cette salle, je ne m’attendais pas à cette nomination comme gouverneure générale, mais lorsqu’il s’agit de répondre à l’appel du devoir, il n’y a qu’une réponse possible. Je suis tellement privilégiée, tellement honorée, d’avoir la chance de vous représenter et de parler au nom de notre magnifique pays.
Monsieur le Premier Ministre, j’aimerais vous remercier de votre recommandation, et également de la confiance que vous m’accordez. Et si vous me le permettez, j’aimerais aussi remercier un fier jeune homme assis ici, mon fils Laurier, qui a été l’un des premiers conseillers consultés à ce sujet, et qui m’a donné la permission d’accepter ce poste. Merci Laurier, merci.
J’aurais aimé que cette salle du Sénat du Canada soit plus grande pour nous accueillir tous, pour qu’on soit tous ensemble. Parce que vous êtes vraiment venus très, très nombreux. Cependant, je peux vous assurer que nous sommes tous solidaires dans cette entreprise. Il y a beaucoup d’éminents scientifiques dans cette salle et beaucoup d’étoiles montantes, et ils vous diraient tous que nous sommes inextricablement liés au sein du même continuum espace temps et que nous sommes tous à bord du même vaisseau planétaire.
Ensemble, comme le dit si bien l’adage, nous pouvons déplacer les montagnes, n’est-ce pas? Avec nos cerveaux et notre savoir faire, et notre propension à l’altruisme, nous pouvons en effet faire beaucoup de bien. Et il est de notre devoir, dans une certaine mesure, d’aider à améliorer les vies des citoyens de nos collectivités; de réduire le fossé des inégalités ici et ailleurs dans le monde. Peut-être alors, si nous cherchons résolument à unir nos efforts, nous aurons une occasion de trouver les réponses à nos questions et nous pourrons trouver des solutions aux problèmes du monde, des problèmes graves et urgents comme le changement climatique et les migrations, la prolifération des armes nucléaires, la pauvreté, la croissance de la population, et ainsi de suite. Car les problèmes d’envergure mondiale n’ont pas de frontières; ils n’attendront pas que nous décidions d’agir, et ils nécessitent clairement notre attention.
Je suis une optimiste, mais aussi une pragmatique. D’ailleurs, on voit bien avec le succès de la station spatiale internationale qu’on peut toujours faire mieux ensemble que séparément. Le tout est plus grand que la somme de ses parties. Depuis le mois de novembre de l’an 2000, des astronautes et des cosmonautes de pays qui, souvent sur Terre, ne voient pas exactement les choses de la même manière, mais travaillent ensemble à bord de la station spatiale internationale, qui orbite autour de la terre 16 fois par jour, comme un satellite.
Cependant, la station spatiale internationale fait rarement les manchettes, parce qu’en réalité, il ne se passe vraiment rien de tragique là-haut. En fait, tout fonctionne très bien, des gens de différents pays qui travaillent ensemble pour le bien commun. Ils travaillent tous ensemble et font des compromis quand la situation l’exige. D’une certaine façon, la Station spatiale internationale, mais aussi la mégascience, nous amènent, nous obligent à penser non seulement en fonction du microcosme de la nationalité, mais en fonction de ce que nous pouvons faire pour faire avancer les choses et repousser les frontières de la science comme partenaires dans un esprit solidaire et pacifique. N’est-ce pas là une avenue prometteuse?
Des leçons qu’on pourrait ramener sur Terre peut-être plus souvent et appliquer autant que possible. Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas? Mais je crois qu’ici, au Canada, nous sommes dans une position où nous pouvons plus que jamais faire une différence. Parce que nous sommes riches, riches en valeurs, ouverture, tolérance, entraide et compassion, et parce que nous avons décidé comme peuple de partager nos richesses autant que possible. Parce que nous croyons en l’égalité des chances et des opportunités pour tous.
Et j’ai été façonnée par ce pays, je crois sincèrement que ces valeurs absolument fondamentales nous unissent tous.
Mon père m’a dit que mon ancêtre, Pierre Payette, dit St-Amour, est arrivé sur ce territoire en 1665. Il était soldat au régiment de Carignan sur l’île de Montréal. Ceci me permet de saluer et d’exprimer mon admiration et mon respect énorme pour tous les hommes et les femmes qui choisissent de servir en uniforme.
Mon ancêtre Pierre Payette était donc un militaire, et est ensuite devenu agriculteur. Il s’est installé à Pointe-aux-Trembles, sur l’île de Montréal. Il a eu beaucoup d’enfants et plusieurs générations sont nées sur l’île de Montréal : mon père, mon frère, ma sœur, moi-même et Laurier, qui représente la 13e génération canadienne. Quelques années plus tard, mon autre ancêtre, François Payette, est devenu coureur des bois. J’imagine qu’il était un bon pagayeur. Il était un homme de confiance de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et un traducteur de langues amérindiennes. François Payette est parti explorer le nord-ouest du continent américain et, aujourd’hui encore en Idaho, on retrouve une ville, un comté, une rivière et même un parc national qui s’appellent Payette. Clairement, je suis fière de mes origines, mais je me suis rendu compte il y a bien longtemps que tous nos ancêtres, les miens également, avaient été guidés et accompagnés par des peuples extraordinaires. Ceux des Premières Nations qui, avec leur ingéniosité, leur générosité et leur courage, de par les montagnes à travers les forêts, le long des cours d’eau, ont ouvert le pas pour le reste d’entre nous. C’était les premiers pionniers de cette Terre, et ils le sont encore.
Les Autochtones sont des précurseurs. Ils nous ont enseigné à combattre le froid et à y survivre, et ils nous ont montré comment apprécier les dons de la nature et ce qu’est le sens de la communauté. Il est bon que nous ayons finalement décidé de prêter de nouveau attention à leurs sages conseils. Pour le bien de nos communautés et l’avenir de nos enfants.

La réconciliation doit s’accomplir pour le bien-être de nos communautés, et pour l’avenir de nos enfants. Parlons d’enfants! On a évoqué certaines choses qui m’intéressaient lorsque j’étais petite, mais je comprends et je sais à quel point j’ai eu la chance de naître dans ce pays et dans cette famille. Parce que ce sont mes parents, l’éducation, ce que j’ai vu en grandissant et les opportunités qu’on m’a données qui ont fait la différence. Quand j’étais petite, je voulais devenir astronaute, parce que je regardais les astronautes aller sur la Lune dans les missions Apollo, à la télévision. Pourtant, je ne parlais même pas la langue qu’ils parlaient. Ce n’était pas important, je voulais faire comme eux.
L’important par contre, c’est qu’on ne m’a pas découragée. Et plus tard, les Olympiques sont venus dans ma ville natale à Montréal, en 1976. J’ai alors découvert un monde bigarré, cosmopolite, avec l’exaltation de la haute performance et d’avoir la fierté de représenter son pays. Je voulais faire comme eux, je voulais voyager, je voulais devenir olympienne, mais je n’avais pas le talent. Par contre, on ne m’a jamais découragé d’essayer.
À huit ans, quand nous trouvons quelque chose d’intéressant à faire, nous en rêvons. Et puis parfois, avec l’âge, nous oublions d’entretenir nos rêves et nous oublions que nous pouvons faire des choses que d’autres pensent être impossibles. Oser rêver fait partie de notre essence.
Quelques années plus tard, à l’âge de 16 ans, j’ai eu la chance d’obtenir une bourse pour aller étudier dans un collège international en Grande-Bretagne. Heureusement, on m’a encouragée à y aller, et je suis partie avec mon anglais vacillant et mes deux valises de l’autre côté de l’océan, la tête pleine de convictions, mais pourtant avec si peu de certitude.
J’ai quitté le Canada sans le moindre souci au fond du cœur, parce qu’on m’avait donné le plus beau cadeau qui soit – l’amour inconditionnel. À mon départ, je savais que quoiqu’il arrive, même en cas d’échec, ils me reprendraient à bras ouverts. Mes parents seraient là pour moi et ils le sont encore aujourd’hui.

Ma mère Jacqueline, mon père André. Ils m’ont donné des ailes et j’en ai bien profité par la suite, je vous l’assure. Mais quand je suis revenue de tous ces voyages et ces périples, je suis revenue avec des convictions profondes : que l’éducation pour tous est la clé de toutes sociétés; que la diversité est une richesse profonde; que le sport, mens sana in corpore sano [un esprit sain dans un corps sain], peut nous mener très loin; que l’union fait la force et qu’il n’y a pas de recette magique dans la vie. C’est avec l’effort qu’on peut avancer.

Et vous savez quoi? L’effort porte ses fruits. Ce fut un périple incroyable et je crois fermement au pouvoir du travail d’équipe et à celui des rêves, et à l’absolue nécessité d’une structure de soutien. Et c’est là le socle de notre pays, le tissu social de notre nation. Je suis convaincue que rien ne nous est impossible et que nous pouvons relever tous les défis si nous sommes disposés à travailler avec les autres, à aller au-delà de nos visées personnelles, à envisager les intérêts supérieurs, et à faire le nécessaire pour assurer le bien commun. Et j’espère que ce sera exactement la voie que je suivrai durant mon mandat de gouverneure générale.
L’un des plus grands privilèges que nous recevons, nous les gens qui ont eu la chance de voir la Terre de haut et d’aller dans l’espace, c’est de pouvoir observer cette planète que nous partageons tous, nous les 7 751 000 000 d’humains sur la planète. Nous sommes tous de la race humaine, et nous partageons ce monde extraordinaire. Ce monde extraordinaire qui nous apparaît comme une bille de marbre sur le fond infini de l’espace, avec sa petite atmosphère tout autour. Les frontières sont une invention des hommes. Cette Terre, cette planète, nous nous devons de la transmettre en bon état aux générations futures. Cette considération devrait nous accompagner dans tous nos choix et dans toutes nos décisions. À voir le nombre de jeunes personnes qui sont ici, je pense que ça va bien aller.
En tant que Canadiens, nous avons encore vraiment beaucoup de travail à faire. Je crois que la voie que nous devons suivre consiste à faire confiance à la science, à croire que l’innovation et les découvertes nous sont bénéfiques, et à prendre des décisions fondées sur les données scientifiques et les faits. Nous sommes un pays nordique fort et libre, capable des plus brillants exploits. Nous devrions toujours prendre soin de ceux qui sont moins fortunés, défendre ceux qui sont sans voix, surmonter les différences, exploiter nos terres intelligemment, ouvrir nos frontières et accueillir ceux qui cherchent un refuge. Jamais, au grand jamais, nous ne devrions cesser d’être curieux, de poser des questions et d’explorer de nouveaux horizons. Nous devrions aussi nous réjouir de notre situation et célébrer qui nous sommes et ce que nous voulons devenir.
Les jeunes qui sont dans cette salle nous démontrent ici, dans le Sénat du Canada, le plus haut lieu de gouvernance de notre pays, que le Canada est entre bonnes mains.
Mes amis, visez haut, osez rêver. Le ciel offre des horizons infinis. À la vie qui nous unit.
Merci.

Discours d’installation