Regard sur le parcours d’Olivier Marchand, promotion 1947

Noit Poésie 2

Par Danièle Bélanger

Le poète Olivier Marchand est un homme brillant et cultivé, s’exprimant avec éloquence.

Notre ancien affirme avec chaleur qu’il a eu de bons parents. Son père qui n’avait pas eu la chance de faire de longues études, mais qui avait une immense volonté d’apprendre, a initié son fils à la musique et à la littérature en l’amenant au concert et en lui permettant de consulter les livres de sa bibliothèque.

Jeune homme réservé, Olivier Marchand écrivait son journal. Au Mont-Saint-Louis qu’il a fréquenté de 1940 à 1947, il a rédigé plusieurs textes et poèmes, dont certains ont été publiés dans la revue MSL. Si son premier contact avec la littérature s’est fait à la maison où des livres de Victor Hugo étaient notamment accessibles, les frères des Écoles chrétiennes ont permis au jeune homme de découvrir tout un univers littéraire et poétique. Dans ses archives personnelles, nous retrouvons le Programme de littérature française de Première scientifique pour l’année 1946-1947. À l’étude, les symbolistes : Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Claudel, Péguy et Valéry et les prosateurs contemporains : Bourget, Bazin, Bordeaux, Bernanos, Ghéon, Saint Exupéry, Duhamel et Mauriac.

La vie religieuse occupait une place importante au Mont-Saint-Louis. Notre ancien se souvient : « on se retrouvait souvent à la chapelle où l’on avait plaisir à s’égosiller dans divers cantiques… Il fallait aussi aller à confesse; l’aumônier, l’abbé Beaudin, était sévère; c’était péché de lire des ouvrages à l’index, du Zola, du Renan et même du Victor Hugo, l’auteur préféré de mon père… je subissais ces contraintes sans révolte, comme la plupart de mes condisciples… »

Aujourd’hui, notre ancien témoigne de l’excellence de l’encadrement qu’il a reçu au Mont-Saint-Louis, qui lui a permis de devenir ce qu’il est et il se souvient des cours de littérature, française et anglaise, qui lui ont été donnés. Étudier le « Hamlet » de Shakespeare dans le Québec de l’époque n’était pas si commun… Enfin pour lui, l’apprentissage de la langue anglaise aura été plus qu’utile, ce fut la grande source de son gagne-pain.

1947 est une année charnière; il rencontre Gaston Miron, dans les mois qui ont suivi son passage au MSL. Le jeune homme cherchait alors à mieux ordonner sa vie et l’Ordre de Bon Temps, un mouvement issu de la Jeunesse étudiante catholique, l’a aidé à avancer. Puis il y eut le scoutisme avec le Clan Saint-Jacques.

En 1950, il rencontre Mathilde Ganzini, qui deviendra son épouse en 1953, la même année que la publication de Deux Sangs en collaboration avec Miron. Marchand et Miron ont des affinités et ils se lient rapidement d’amitié. Ils publient ensemble un premier recueil de poésie en fondant les Éditions de l’Hexagone avec Mathilde Ganzini, Gilles Carle, Louis Portugais et Jean-Claude Rinfret. Deux Sangs compte 27 poèmes d’Olivier Marchand et 17 poèmes de Gaston Miron.

Dans le livre Jeunesse et poésie. Christine Tellier s’intéresse aux six membres fondateurs de l’Hexagone. Elle écrit : « Nous allons débuter par l’histoire d’Olivier Marchand, qui joua un rôle de catalyseur dans la création du réseau à l’origine de l’Hexagone ». En effet, c’est notre ancien qui a invité Miron à se joindre à l’Ordre de bon temps, permettant la rencontre avec les quatre autres membres fondateurs de la future maison d’édition. Aujourd’hui, Olivier Marchand n’a que de bons mots pour son ami Gaston Miron qui a eu un grand renom.

De son aveu même, Marchand n’est pas un finissant modèle du Mont-Saint-Louis. Il ajoute candidement qu’il a eu une carrière un peu chaotique. Écrivant de la poésie depuis l’adolescence, il aura finalement gagné sa vie comme traducteur et rédacteur. Le fin lettré, l’homme à l’intelligence pétillante a néanmoins plus de 70 années d’écriture derrière lui…

Ses publications : Deux Sangs (1953), Crier que je vis (1958), Silex 2 (1960), Par détresse et tendresse, précédé de Deux Sangs et Crier que je vis; poèmes, 1953-1965 (1970).

Olivier Marchand et sa femme Mathilde Ganzini ont eu quatre enfants. Les heureux souvenirs de la vie à deux et de la vie de famille sont nombreux. La famille Marchand a aussi accueilli et assisté deux jeunes filles d’origine étrangère qui ont vécu un certain temps sous son toit et ont tissé de profonds liens d’amitié avec le clan Marchand. Le couple Marchand-Ganzini a vécu une trentaine d’années dans les Laurentides, au bord d’un lac, profitant de ce très bel environnement pour faire plusieurs activités en plein air.

Octobre 2017, l’AAMSL remet à Olivier Marchand quelques-uns des textes qu’il a signés, il y a plus de 70 ans alors qu’il fréquentait le Mont-Saint-Louis. Le lendemain, il a la délicatesse d’écrire : « Que de retours en arrière à la lecture de la revue MSL dont j’avais complètement perdu souvenir… Émotivement, cela représente quelque chose… En somme, le Mont-Saint-Louis fut un lieu très formateur où régnait une belle discipline dans un cadre unique au cœur de la ville… Pour des centaines, des milliers de jeunes gens, le bâtiment de la rue Sherbrooke fut un lieu privilégié, permettant de réaliser le meilleur… Vivere! »

Épilogue heureux

Le poète confie à l’AAMSL le recueil de poèmes Par détresse et tendresse. Sur la page de garde, une dédicace :

Dédicace Par Détresse et tendresse

Dedicace MSL (2)

Rencontre avec un poète
Le 18 octobre 2017, j’ai eu la chance de passer un moment avec un homme à l’esprit vif qui excelle dans l’art de la conversation. L’AAMSL a enfin renoué avec un homme de lettres qui a joué un rôle important dans le développement du monde de l’édition de la poésie au Québec. Monsieur Olivier Marchand appartient pour toujours à la communauté des anciens du MSL.
DB

Olivier Marchand Le Devoir

© François Pesant, Le Devoir

Publicités

Regard sur le parcours de Guillaume Matton, promotion 1996

Richat2006 069

Mauritanie, Sahara occidental, Afrique de l’Ouest, 2006

Par Danièle Bélanger

Guillaume Matton est diplômé en géologie de l’UQAM et possède un doctorat en ressources minérales. Il est géologue en chef de la Mine Niobec et professeur associé à l’Université du Québec à Chicoutimi.
Un métier passionnant
Avant même d’avoir 30 ans, son métier lui a permis de sillonner le monde. Il a en effet participé à plusieurs projets d’exploration au Canada, en Afrique de l’Ouest et en Amérique du Sud. Il se souvient notamment de séjours au Pérou, en Mauritanie, au Niger, au Mali, au Nicaragua et même dans le Grand Nord québécois.
Je veux comprendre mon environnement, ce qu’il y a autour de moi. Pour moi une roche c’est un peu comme un livre.
Les travaux de recherche de Guillaume Matton sur les complexes alcalins ont fait l’objet de plusieurs conférences internationales et publications arbitrées, notamment dans des revues scientifiques telles que Geology, Tectonophysics et Journal of African Earth Sciences. Certains de ses travaux ont bénéficié d’une forte attention médiatique. Des articles dérivés de ses recherches ont été publiés dans les revues Geotimes (2005), Natural History (2005), La Recherche (2005), Québec Science (2006), La Presse (2005) et l’Inter de l’UQAM (2006). L’émission Découverte, Radio-Canada (2006), s’est également intéressée à son sujet de thèse de doctorat « Le complexe crétacé du Richat (Mauritanie) ; un processus alcalin péri-atlantique ».
Guillaume Matton possède une bonne connaissance des gîtes métallifères et une expérience pratique dans le niobium, l’uranium, l’or, les terres rares, les métaux de base et les hydrocarbures. Au cours des dernières années, il a été responsable de différents projets en exploitation des ressources, en évaluation du potentiel minéral et en prospection minière.
Des enseignants marquants
À l’UQAM : Michel Jébrak, son directeur de thèse, et Michel Gauthier, des professeurs cultivés et de grands orateurs, des sommités dans leur domaine.
Au MSL : Jean Cholette en français et en latin : C’est d’abord avec lui que j’ai découvert le MSL. Il a été très inspirant et très dévoué pour ses élèves, Michel Lepage en histoire : un des meilleurs professeurs que j’ai eu dans ma vie. Il était tellement intéressant et captivant! La définition même de ce que devrait être un professeur, Gaston Gendron en chimie : M. Gendron était un excellent vulgarisateur scientifique. Il a su aiguiser mon intérêt pour les sciences et avait un humour inimitable dans ses cours. Qui a dit que les sciences étaient sérieuses?, Hélène Dumesnil en éducation physique et en athlétisme, Martin Lewis, l’entraîneur de basketball. Souvenirs d’éducateurs inspirants. Notre ancien sait que le secondaire correspond à une étape cruciale de la vie et que les modèles adultes rencontrés influencent les choix de plusieurs jeunes. Au Mont-Saint-Louis, il a eu de bons enseignants, des femmes et des hommes qui ont eu une influence positive sur son parcours.
Les années passées au MSL ont été particulièrement marquantes et déterminantes sur ma vie.
Bon élève et sportif, Guillaume Matton a représenté le Collège à plusieurs compétions sportives, tout en faisant partie de ligues civiles lui permettant de participer à deux reprises aux Jeux du Québec où il a d’ailleurs été médaillé : athlétisme, saut en hauteur (2e au Québec), lancer du javelot, 400m, basketball. Pas surprenant qu’il ait été nommé au Gala Méritas, en 3e, 4e et 5e secondaire, et qu’il ait remporté certains honneurs.
Le Niobium
Guillaume Matton est à son tour devenu professeur, mais aussi conférencier et formateur. La vulgarisation scientifique, il connait. Il parle du niobium (NB), un agent d’alliage qui donne des propriétés uniques aux métaux, tout simplement, rendant le sujet captivant.
Le scientifique n’hésite pas à qualifier le Niobium de minéral vert. En l’ajoutant à l’acier il lui procure deux avantages, tant au niveau économique qu’environnemental, puisqu’il permet à la fois d’augmenter sa résistance et de l’alléger. Grâce à ses propriétés exceptionnelles, on l’utilise notamment pour l’industrie automobile, aéronautique et pétrochimique et la construction de pipelines et de ponts, par exemple.
Le géologue en chef de la seule mine de Niobium au Québec (il y en a seulement trois au monde et le Brésil répond à 80 % de la demande mondiale) sait que cet élément chimique est crucial pour l’industrie de l’acier et réalise pleinement l’importance de cette exploitation. Magris Ressources est propriétaire de Niobec depuis janvier 2015. Guillaume Matton sait qu’il œuvre pour une entreprise minière responsable, soucieuse du développement durable.
La géométallurgie : Un incontournable pour l’avenir de la profession
Intéressé par le futur de sa profession et soucieux de l’avenir de la planète, Guillaume Matton milite pour une façon plus intelligente d’exploiter les ressources. La géométallurgie, est selon lui, la meilleure réponse aux enjeux environnementaux et financiers, car elle permet l’optimisation des ressources et une meilleure rentabilité.
La géométallurgie vise à briser les silos traditionnels de l’industrie et représente une approche intégrée, multidisciplinaire, reliant la géologie, l’ingénierie minière et la métallurgie. Son objectif est d’améliorer la connaissance du minerai d’un gisement en développant des méthodes pour y mesurer les paramètres importants lors du traitement métallurgique.
Guillaume Matton, spécialiste de la terre, a une vision responsable de l’avenir. Il est préoccupé par les enjeux actuels et futurs de sa profession et il sait que cet avenir passe par l’enseignement et la formation des maîtres. À l’approche de la quarantaine, ce brillant scientifique, dynamique et passionné, poursuit son voyage dans le temps.
Références
La géométallurgie : Un incontournable pour l’avenir de la profession, Guillaume Matton, géo, Ph.D., juillet 2015.
http://niobec.com/
L’AAMSL a eu le plaisir d’accueillir Guillaume Matton au Mont-Saint-Louis en janvier 2017.

guillaume

 

Regard sur le parcours d’André-Noël Chaker, promotion 1983

Profile Picture (2)

Par Florence Bélanger-Morin, promotion 2011

André-Noël Chaker, diplômé en droit de l’Université Mc Gill et membre du barreau du Québec et de New York, travaille pour un cabinet d’avocats montréalais depuis peu lorsqu’il reçoit un appel du président d’une organisation internationale à la recherche d’un jeune juriste capable d’affronter l’hiver. C’était il y a près de 25 ans.

À son arrivée en Finlande, il occupera le poste de secrétaire général du conseil international des sciences du sport et de l’éducation physique (CIEPSS) et peu de temps après, il deviendra le directeur marketing de la candidature pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver de Helsinki. Il a en effet été le lobbyiste principal de ce projet qu’il décrit comme « un petit rêve » qu’il espère encore voir se réaliser. Quelques années plus tard, il sera nommé directeur des affaires juridiques du Championnat du monde d’athlétisme, Helsinki, 2005. Par la suite, il occupera un poste de directeur de la loterie nationale pendant 9 ans.

C’est à Aalto University de Helsinki qu’André-Noël Chaker a complété un diplôme de 2e cycle (MBA, Finance & IT).

Au fil des années, le Finlandais d’adoption est devenu l’orateur le plus recherché du pays. En 2012, il reçoit le prix de l’orateur de l’année, honneur qu’on lui accorde aussi en 2014 (Speaker, Moderator and Trainer of the Year 2014). Le communicateur a un talent certain pour animer une foule même en parlant affaires en finnois!

Notre ancien nous confie avoir trouvé son équilibre dans cet État d’Europe du Nord, ajoutant que ce magnifique pays lui a appris l’humilité. Il affirme d’ailleurs que la Finlande est un pays sécuritaire, respirant la paix sociale et présentant un modèle de socialisme intelligent. Dans un livre publié en 2011, André-Noël Chaker s’intéresse aux aspects économique, politique et social d’un pays qu’il connait bien. Il est question de tolérance, d’intégration, de solidarité, d’égalité et d’ouverture. The « Finnish Miracle » présente toute l’admiration d’un immigrant canadien pour ce pays et son peuple.

Helsinki, octobre 2016

L’entretien est plus ou moins formel puisqu’il se déroule au cours d’un brunch familial. À mes cotés, le plus grand orateur de la Finlande est attablé avec sa famille, une famille finnoise pure laine!

Les souvenirs se bousculent, les anecdotes s’enchainent, on passe de l’anglais au français, on parle de Saint-Laurent où il habitait (il était moniteur dans les parcs lorsqu’il était adolescent), de la musique (il était chanteur dans un groupe lorsqu’il était au secondaire), du sport qui a toujours occupé une place importante dans sa vie, des années passées au Collège.

« Sans mon passage au Mont-Saint-Louis, je ne serais pas là où je suis actuellement. »

André-Noël Chaker a été président de l’AGE en 4e et en 5e secondaire, ce qui ne l’a pas empêché de vivre pleinement sa passion pour la musique. Son père qui était plutôt conservateur voyait

évoluer son seul garçon (André-Noël a trois sœurs) en s’inquiétant de son allure de rock star. Heureusement, des enseignants du MSL ont eu de bons mots à l’endroit de leur élève, rassurant un peu le paternel.

Richard Philie, (initiation au Latin et Latin), capable de capter l’attention de ses élèves, a marqué notre ancien de façon positive. Il se souvient aussi de Michel Lepage (Histoire), dont les cours étaient toujours intéressants. Enfin, l’évocation du nom de Bruno Roy (Français), devenu président de l’Ordre des écrivains du Québec, le fait aussi sourire. C’est que l’avocat devenu écrivain et orateur composait des poèmes quelque peu provocateurs lorsqu’il était en 5e secondaire, ce qui n’empêcha pas Monsieur Roy de prédire qu’il deviendrait un jour un grand écrivain! Le maître avait vu juste… André-Noël Chaker est l’auteur de six livres et il travaille actuellement à une 7e publication.

On parle de la musique. Nous connaissons tous les deux le guitariste professionnel Martin Bachand avec lequel il a fait de la musique lorsqu’il était au Mont-Saint-Louis. Des années plus tard, alors qu’il est établi en Finlande, le mélomane a l’audace de former un autre band, les Frogs. Et cette passion pour la musique, ce talent pour le chant, il s’en sert même dans son travail. En effet, à l’occasion l’orateur original pousse quelques notes pendant un discours ou fait tout bonnement chanter son auditoire!

André-Noël Chaker est ambitieux et même si ses accomplissements sont déjà admirables, il continue à imaginer d’autres projets. Il travaille actuellement à l’écriture d’un nouveau livre qui devrait sortir en 2017. Dans « Speak or die ? », l’auteur traitera des mythes associés à l’art oratoire. Un projet de film basé sur son livre « Santa’s Dream » est également évoqué.

Il a choisi de prendre la parole, il s’exprime avec éloquence en public comme en privé, en finnois, en anglais et en français. Le juriste, l’écrivain, l’homme d’affaires, le modérateur fait partie de l’élite de son pays d’adoption, le cinquième plus vaste pays de l’Union européenne. L’homme aux multiples talents a construit autour de lui un vaste réseau d’amis et de contacts professionnels qui dépasse les frontières de la Finlande.

Nul doute que cet ancien du Mont-Saint-Louis n’a pas fini de nous surprendre!

André-Noël Chaker était modérateur à l’événement Smash (Slush side-event) dédié au sport, à la technologie et aux jeunes entreprises innovantes, qui se tenait à Helsinki en novembre 2016.

« The Smash Host 2016 is André Noël Chaker. He is a French Canadian lawyer who immigrated to Finland over 20 years ago. During these years, he has grown into a highly appreciated business and social thinker. He has been a successful executive in many industries and strongly involved in the sports and music community in Finland. André is rare bread amongst public speakers. He is one part business guru, one part Finnish anthropologist and one part brilliant stand-up comic and singer. André was voted the Speaker of the Year 2012 by the customer of Speakers Forum Finland. Smash is the world’s first meeting place where sports, passion and technology will find each other. »

Stevens Charles, promotion 2000

steved-2-bouteilles

Par Danièle Bélanger

La marque LS Cream

Stevens Charles est président fondateur de LS Cream. L’histoire du produit a commencé en décembre 2011 et l’entreprise a été incorporée en 2013. L’entrepreneur a d’abord percé le marché américain, puis en 2015, la SAQ s’est intéressée à cette nouvelle boisson qui est maintenant distribuée dans plusieurs succursales de la SAQ au Québec.

En avril 2014, LS Cream remporte une médaille d’or au WSWA de Las Végas qui attire l’attention des distributeurs américains et surtout de son pays d’origine. En mai 2014, Stevens Charles se rend en Haïti pour faire une tournée médiatique et discuter son projet.

Le point culminant de cette mise en marché en Haïti reste probablement l’inauguration du Marriott Port-au-Prince Hotel qui a eu lieu en février 2015. Invités par le Conseil d’Administration du Marriott Hôtel Haïti, le Président Michel Martelly, le Premier Ministre Evans Paul, l’ancien Président américain Bill Clinton et l’Ambassadrice américaine en Haïti, Pamela Ann White ont participé à cet événement. Le LS Cream a été sélectionné et servi aux invités et depuis, l’hôtel a gardé la boisson « locale » sur sa carte.

Kremas – Crémasse

Au fait, est-ce qu’on dit, le crémasse, la crémasse, du crémasse, de la crémasse? Nobody knows! Stevens Charles rappelle que le créole est reconnu comme une langue officielle à travers le monde et possède son propre lexique et dictionnaire, toutefois le terme crémasse reste un nom non-officiel du dialecte haïtien.

Les membres de la communauté haïtienne se transmettent cette recette de génération en génération. En fait, ce sont les femmes qui communiquent la composition de la boisson d’une famille à une autre. Sans cachotterie, notre ancien défile la liste des ingrédients : lait condensé évaporé, muscade, vanille, cannelle, noix de coco, sucre et alcool pur à 94 %.

Il ajoute, « le mélange est naturellement très épais et difficile à consommer, mais très gouteux ». Il s’est donc permis de rendre son produit plus liquide tout en gardant la saveur traditionnelle.

« Kremas » implique une fabrication artisanale, une boisson qu’on retrouve dans les familles haïtiennes, même au Québec dans les années 80. Or, dès sa petite enfance Stevens se demandait, pourquoi on ne pouvait pas acheter ce nectar…

Le produit LS Cream

C’est en Février 2012, que l’idée vient à Stevens Charles de tester la recette familiale auprès d’un groupe d’amis, non-issus de la communauté haïtienne, à l’occasion d’une fête de fin de diplôme. Les camarades sont agréablement surpris par le breuvage qu’ils dégustent et n’hésitent pas à donner leurs commentaires. Le mélange est peut-être un peu trop épais, est-ce possible de faire disparaître les résidus de sucre et de noix de coco? Mais c’est bon!

Le jeune homme peaufine sa recette et se lance dans l’aventure LS Cream. Sage entrepreneur, il choisit de faire appel à un sous-traitant pour la fabrication et l’embouteillage.

Du MSL à HEC en passant par le Cégep Ahuntsic

Après ses deux années au Cégep Ahuntsic, Stevens Charles recevra un diplôme des HEC (2005) en marketing. Engagé socialement, en 2006, alors qu’il est sur le marché du travail, il organise un tournoi de basketball au Stade Uniprix. Il trouve les commanditaires, signe les ententes et permet à plusieurs jeunes de vivre une expérience hors du commun. Plusieurs de ces joueurs étaient des québécois d’origines ethniques diverses qui étudiaient aux États-Unis grâce à des bourses d’études. L’Équipe gagnante a remporté une bourse de 5 000 $.

Après ses études, notre ancien a travaillé chez Consummer Impact Marketing (CIM), chez Ubisoft, chez Coca Cola puis à la Banque Nationale comme directeur développement hypothécaire pendant 8 ans.

Le MSL

« Le Mont-Saint-Louis a fait la personne que je suis aujourd’hui »

En septembre 1995, Stevens quitte l’école de quartier fréquentée surtout par des jeunes de sa communauté d’origine pour entrer au Collège. Ça sera l’occasion pour lui de s’ouvrir sur le monde. Il nous confie qu’au secondaire il a développé une éthique de travail  et il a appris à se dépasser. Mathématiques de 4e secondaire : un seul choix possible, 436. Il fallait nécessairement travailler et réussir. Chimie et physique en 5e secondaire : ce choix de cours s’imposait, notamment pour assister au cours donné par Denis Leroux. Des enseignants marquants : Mario Roy, Louise Prieur, Serge Robillard.

Si Stevens a été impliqué dans plusieurs activités, l’apogée de son passage au Mont-Saint-Louis a été le voyage en Provence. La démarche pour y accéder a probablement été plus laborieuse pour lui que pour d’autres de ses confrères et consœurs de classe. En effet, il a présenté le projet à sa mère et à sa famille élargie qui ont accepté de le soutenir dans cette aventure. Les économies du « clan » ont ainsi servi à ce que le jeune homme vive une expérience inoubliable qui aura selon ses dires changé sa trajectoire.

Dès les débuts de son séjour au Collège, Stevens a souhaité s’impliquer sachant d’instinct que l’intégration à son nouveau milieu de vie lui permettrait d’y vivre en harmonie. Président de classe apprécié de ses pairs, le jeune d’origine haïtienne a gagné son pari.

Seize ans plus tard au MSL

La rencontre du mois de mai 2016 se termine par une visite du Collège. Coup de chance, M. Roy est en classe, mais accepte avec plaisir de dire quelques mots à son ancien élève. Généreux et sincère, Stevens lance aux élèves « vous avez le meilleur prof de maths! ».

Stevens Charles sait que le passage au secondaire façonne les jeunes et il est conscient que le Mont-Saint-Louis fut un choix gagnant pour lui. Seize ans plus tard, fort de sa formation et de belles expériences professionnelles, le jeune ancien exprime avec enthousiasme sa reconnaissance envers les enseignants qu’il a côtoyés au MSL.

On discute de la construction d’un nouvel édifice, comprenant notamment deux nouveaux plateaux sportifs et une salle d’entraînement. Un sourire, une lueur dans les yeux… Avec sa petite famille, Stevens Charles s’est installé pas si loin du Collège. Un autre ancien qui espère que ses enfants fréquenteront un jour le MSL!

Marie-Anne Miljours, promotion 2008

Par Danièle Bélanger

Au Mont-Saint-Louis, Marie-Anne a été en nomination pour la personnalité de classe chaque année. Cette élève douée et travaillante a complété sa 5e secondaire avec une moyenne générale de 89%, avec la mention grande distinction. Les 5 années passées au Collège ont été pour Marie-Anne l’occasion de rencontrer des amis qui lui sont encore chers. Son réseau actuel est constitué d’anciens et d’anciennes du MSL, ses meilleurs amis!

marie-anne miljours

Ses coups de cœur au MSL 

Jean-Sébastien Leroux, mathématiques : un enseignant organisé, compétent, drôle, habile avec les mots, capable de parler d’autre chose que de sa matière avec ses élèves. L’ancienne élève nous confie : « J’haïs le hockey, mais j’attendais quand même ses commentaires sur le sujet ».

Marie-Anne est allée à toutes les récup de maths, pour la matière et pour le bonheur d’y être. Et elle se souvient encore de la présentation de M. Leroux à la fin de l’année scolaire 2007-2008, lorsqu’il a décerné le prix sourire : « Le prix va à cette élève qui a mis le jour dans mon cours ! » « Mes amis avaient compris qu’il avait fait une blague avec mon nom, mais moi j’attendais le nom de la gagnante! »

 

Luc Morin, chimie : si le cours de chimie de 5e secondaire fut ardu, M. Morin l’a toujours soutenue et encouragée. Quelques années plus tard, pour son projet de fin de  baccalauréat, Marie-Anne devait imaginer une collection à partir d’un sujet d’actualité, créer une tendance! Qu’à cela ne tienne, la jeune femme choisit le thème suivant : La mutation des gènes dans l’ADN humain entre un parent et son enfant. Seule de sa classe à posséder certaines notions de sciences acquises au secondaire, elle a présenté et expliqué l’étude à son groupe. Et… sa collection a su se mériter la meilleure note du groupe!

Diane Frappier, arts plastiques : l’enseignante en arts l’a encouragée à poursuivre un parcours postsecondaire en mode. Déjà, elle avait décelé chez cette jeune élève, le talent et le goût pour ce domaine.

Même si des membres de sa famille élargie ont fréquenté le Mont-Saint-Louis, ni ses parents, ni sa sœur ne sont des anciens du MSL, mais Marie-Anne, qui exprime un attachement profond pour son Collège a fait le serment que les enfants qu’elle aura fréquenteront aussi au Mont-Saint-Louis.

Après avoir complété un DEC en Design de mode au Cégep Marie-Victorin, Marie-Anne s’inscrit au Baccalauréat en Gestion de la mode, concentration Design à l’UQAM (École supérieure de mode de Montréal). Pendant ses études universitaires, elle fait un stage et occupe un poste d’assistante-designer. C’est ainsi qu’à À 21 ans, elle devient directrice de production chez Betina Lou.

Capable de se mettre en danger pour mieux avancer, elle quitte toutefois cet emploi pour aller faire un stage à New York, chez Rhié. Les demandes de bourses, elle connait. C’est grâce à son talent et à sa débrouillardise que la jeune femme réussira à obtenir ce qu’elle veut. Elle travaille fort, économise pour réaliser ses projets et ose participer à des concours en présentant un dossier gagnant!

L’atelier

Le premier atelier a vu le jour dans le back-store de la pharmacie familiale. Plusieurs machines s’y trouvent d’ailleurs encore. Confiance et appui d’un père envers sa fille. Ce père pharmacien, un peu original, a permis à Marie-Anne de créer en atelier tout au long de ses études. Le fait de vivre les deux réalités en même temps, l’enseignement théorique et la création, l’a bien servie.

La mode : une histoire de famille

La grand-mère maternelle de Marie-Anne prenait des cours de haute couture à distance et sa mère a eu la piqûre en la voyant travailler. À son tour, Marie-Anne a vu sa mère confectionner tous ses vêtements. Celle-ci a d’ailleurs été d’une aide précieuse au moment de faire l’achat des premières machines à coudre, machine à boutonnière, machine pour embosser le cuir, etc.

Le défilé de fin de Bac

En mai 2014, la jeune désigner se démarque. Si la consigne était d’accessoiriser sa collection, Marie-Anne est la seule finissante ayant choisi de fabriquer elle-même tous ses accessoires. Pas surprenant qu’elle est alors repérée et invitée à participer au concours Tête d’affiche pour l’événement D-Moment. En octobre 2014, elle est la seule de sa cohorte à participer à l’événement D Moment, organisée par Nancy Richard et Geneviève Allaire. Et à partir de là, tout ira très vite : Participation au Marché Haut+Fort, article de presse, contrat corporatif, ententes avec des boutiques…

Matu

Avant même la fin de son baccalauréat, Marie-Anne Miljours fonde son entreprise.

Aujourd’hui, la designer travaille le cuir tanné végétal, un cuir animal tanné à partir de végétaux (écorce de chêne). Ce cuir naturel tend à vieillir au fil du temps, passant d’un beige à une couleur caramel foncé. L’accessoire s’imprègne de l’histoire de son propriétaire. Marie-Anne Miljours a développé une technique pour plier le cuir sans faire de couture. Les collections Matu privilégient l’essentiel, des accessoires utilitaires au quotidien, durables et intemporels. L’atelier principal est maintenant installé dans l’appartement de la jeune entrepreneure qui apprécie être son propre patron et organiser ses journées à sa guise. Travaillante, elle sait qu’elle doit bosser pour continuer à se démarquer, adepte du slow made, elle est consciente de la valeur du temps et elle planifie ses activités en privilégiant les moments de création.

Le 22 janvier dernier, la finissante de la promotion 2008 revenait au Collège pour La journée carrière destinée aux élèves de la 4e secondaire. Nul doute que cette ancienne, une jeune femme énergique, passionnée, douée pour la communication, aura conquis son jeune public !

Raymond Garneau, promotion 1955

Garneau3

Si Raymond Garneau, natif de Plessisville, démontre un fort sentiment d’appartenance à l’Université Laval, il témoigne aussi d’un attachement sincère pour le Mont-Saint-Louis qu’il a fréquenté de septembre 1953 à juin 1955. Ses résultats scolaires lui permettant de bénéficier d’une bourse d’études, le jeune Garneau est entré au Mont-Saint-Louis afin de compléter la scolarité qui lui permettrait d’accéder à l’Université.

Raymond Garneau a été très impliqué au Collège. Il a été membre de la philharmonie dirigée par Giuseppe Agostini et du Cercle littéraire dirigé par le frère Roland Alarie, en plus d’être membre de l’équipe de hockey.

Au cours de ses études à la Faculté de commerce de l’Université Laval, notre ancien a aussi été impliqué dans la vie étudiante, au niveau sportif, littéraire et politique. Sa participation à l’Association générale des étudiants de l’Université Laval (AGEL) l’a propulsé dans le monde politique : participation à la manifestation étudiante d’octobre 1956 afin de rencontrer le premier ministre Maurice Duplessis, finalement inflexible, solidarité envers les grévistes de Murdochville en 1957.

Au milieu des années 50, Raymond Garneau rencontre Pauline Roy, celle qui deviendra sa femme en 1960. Signe que la politique occuperait une place importante dans leur vie, le jeune couple écourtera son voyage de noces afin que le nouveau marié participe à la campagne électorale provinciale, la « lutte électorale à finir contre l’Union nationale ».

De 1963 à 1970, Raymond Garneau a été secrétaire exécutif du Parti libéral du Québec, député de Jean-Talon de 1970 à 1978 et ministre des Finances et président du Conseil du Trésor durant 6 ans. Par la suite, il a été député fédéral de Laval-des-Rapides de 1984 à 1988. Notre ancien a eu la chance d’évoluer sur la scène politique dans un Québec en ébullition. De Jean Lesage il se souvient d’un juriste à la mémoire vive, démontrant une discipline de travail exceptionnelle, d’un politicien toujours soucieux de la précision des mots.

Le passage de Raymond Garneau à l’Assurance vie Desjardins, à la fin des années 50, avant sa carrière en politique active, lui a permis d’orienter par la suite sa carrière dans le domaine de la finance et des assurances. En 2015, Raymond Garneau est un octogénaire actif et inspirant pour qui le mot retraite rime avec action! L’époux, le père, le grand-père, est content de passer du temps auprès de ses proches, mais il est heureux de pouvoir encore apporter son appui à des causes qui lui tiennent à cœur.

L’enfance à Plessisville

Venir au monde dans une famille modeste d’un milieu rural et à l’âge de 6 ou 7 ans, voir ses parents écrire des lettres ou remplir des formulaires, pour des proches de leur communauté: souvenir impérissable de parents instruits pour l’époque, et soucieux d’offrir à leurs enfants une éducation de qualité.

L’héritage du Mont-Saint-Louis

Si le séjour de Raymond Garneau au Mont-Saint-Louis a été relativement court, il a quand même été très formateur. Notre ancien se souvient de l’ouverture d’esprit des frères enseignants, ces « hommes de culture », soucieux que leurs élèves s’intéressent au monde.

Alors que la majorité des jeunes pensionnaires des autres collèges de Montréal n’avait pas ou peu de sorties, les élèves du Mont-Saint-Louis, issus des quatre coins de la province, avaient la chance de découvrir la grande ville à leur rythme. Ouverture sur la ville, ouverture sur le monde, grâce à des éducateurs qui acceptaient de faire confiance à leurs jeunes protégés.

C’est d’ailleurs au Mont-Saint-Louis que Raymond Garneau a développé plusieurs des aptitudes et compétences lui ayant servi en politique, par exemple, le goût de s’informer, de bien connaître les sujets d’actualité, d’analyser et surtout de prendre position.

Un nom parmi plusieurs enseignants : le frère Robert, membre de l’Académie royale des sciences du Canada, enseignant entre autres le calcul différentiel et intégral. Notre ancien a le souvenir d’un excellent pédagogue, possédant une foi certaine en Dieu et en la Vierge Marie, sans être ostentatoire. Sa passion pour l’astronomie l’amenait à s’intéresser à des questions fondamentales telles l’immensité, le temps et l’espace. La simplicité de ses mots et son sens de l’humour permettaient à ses élèves de bien comprendre sa réflexion.

Au Collège, Raymond Garneau a compris la nécessité de travailler fort pour réussir et il a appris les bienfaits d’une discipline de travail. L’étudiant talentueux a réussi à mener à bien ses projets grâce aux efforts qu’il a accepté de faire.

« Mes deux années au Collège Mont-Saint-Louis ont été pour moi des années exceptionnelles. (…) En plus des sciences, du latin, du grec et de la philosophie, j’ai appris la vie et j’ai obtenu ce que je recherchais le plus : une voie d’accès à l’université. »

Par Danièle Bélanger                                                                                                                                     Sources : Rencontre avec Raymond Garneau le 10 juin 2015 au bureau de la Fondation Jean-Louis-Lévesque.                                                                                                                                                Garneau Raymond, De Lesage à Bourassa Ma vie politique dans un Québec en mouvement, Les Éditions Transcontinental, 2014. http://www.tcmedialivres.com/p/17/c/494/l/2203/de-lesage-a-bourassa