Décès de Tony Heffernan : Témoignage de Jean-Pierre Cuerrier

Plouffe HeffernanCuerrier Gauvreau
Tony Heffernan, Robert Gauvreau, Pierre Plouffe et Jean-Pierre Cuerrier

Personnellement, j’ai d’abord côtoyé Tony Heffernan pendant mes 8 années au Collège MSL; il m’a souvent aidé, à sa façon, du point de vue conditions physique et psychologique, à me préparer aux saisons de basketball. On ne disait pas non à ses entraînements, même si ça bouillait intérieurement. Une anecdote: après une pratique intense de basketball orientée sur de la contre-attaque rapide et de la course, avec coach Jean-Guy Bédard, j’étais seul dans le gymnase pour décompresser et effectuer quelques lancers, Tony y est entré et a exigé de moi des « ciel et enfer »s, au point de dégueuler; il m’a dit alors: « Tu vois, tu n’es pas en forme! » Je lui ai mentionné: « Est-ce que ça aurait changé quelque chose de vous dire le genre de pratique qui a précédé? »; sa réponse, de son franglais habituel: « Non! Mais continue de bien travailler! Je sais maintenant que tu peux en donner plus! À demain, mon ami! »

Au Collège, comme responsable de la Société Sportive en 1968-1969, je me suis retrouvé à le côtoyer également sous un autre angle. Celui d’une personne de principes, qui défendait les valeurs d’équité entre les équipes sportives et qui voyait chez les jeunes adolescents de l’art brut à peaufiner et des personnes destinées à bâtir une société future solide et non malléable à tout vent. À l’Université de Sherbrooke, il a continué la promotion de ces valeurs, entre autres face à des équipes universitaires qui dérogeaient subtilement aux règles du « fairplay » et qui faisaient en sorte que les rencontres sportives devenaient inégales. Autres temps, autres moeurs! 

De retour des mes études doctorales, j’ai eu Tony comme étudiant dans certains de mes cours universitaires. Il était vu comme l’adulte qui retourne sur les bancs d’école, mais qui a un « je ne sais quoi » qui fait réaliser que toute bonne chose a ses obstacles et que bien que la perfection n’existe pas, il est primordial d’y tendre. Il a sûrement aidé plusieurs jeunes adultes qui se cherchaient face à leur nouveau statut d’étudiant universitaire. C’était par contre un autre monde pour lui et ce ne fut pas de tout repos; il n’est pas facile pour un passionné, opiniâtre, et quelque fois entêté, d’évoluer dans un milieu si changeant des années 70’s.

Nous sommes devenus des amis, et non plus en relation joueur-coach ou professeur-élève. Des discussions animées sur l’éducation autour d’une bière ou d’un café, des sorties de jogging LSD (Long Slow Distance), des services rendus de part et d’autres (trouver un appartement pour lui et Betty à leur retour de l’ouest du pays, l’engager dans mes projets de recherche), et des rencontres festives (un peu plus tranquilles avec le temps) durant ses visites à Sherbrooke ou à Montréal, sans oublier les tournois de golf ensembles.

Avec les années, je le voyais encore plus réflexif qu’avant, se questionnant sur son passé et son présent. Nous avons souvent discuté sur les bienfaits de la méditation pour lui. Loin d’être toujours en accord, jamais il y a eu jugement, et toujours beaucoup de respect. Nos deux appels téléphoniques, le mois avant son décès, resteront gravés longtemps dans ma mémoire: confinement quelque peu difficile pour lui, mais aucune plainte formelle, quelques mots sur son amie Rose et ses anciens Kodiaks, échange d’anecdotes qui nous ont bien fait rire, toujours de bons mots pour ma conjointe, et un « Je t’aime » bien senti avant de raccrocher.

Homme passionné, homme contesté, homme bon, homme d’influence.

Il a laissé sa marque et influencé de nombreux jeunes. Il m’a déjà dit: « Je sais que je n’ai pas la vérité, mais je fonce. À chacun d’en retirer les leçons qui en feront leur vie ».

Merci, collègues, amis(es), d’avoir pris le temps de me lire.

Jean-Pierre Cuerrier, Ph.D.

Promotion 1969, MSL

Professeur titulaire à la retraite, Université de Sherbrooke

 

Adieu « Coach »!

 

Par Marcel Desroches, promotion 1970

Tout le monde l’appelait Tony, il s’appelait Anthony Heffernan. À 86 ans, il nous a quittés non sans laisser une trace indélébile dans nos cœurs.

Grand, solide, irlandais d’origine, il a dirigé, dans les années soixante, d’une main de fer l’équipe de football des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis pendant presque une décennie. Avant son arrivée au Collège, il avait fait ses classes et ses preuves avec des équipes de football de Montréal-Nord, il prenait le soin de souligner qu’à l’époque le titre même d’enseignant en éducation physique n’existait pas.

Ensuite, à l’université de Sherbrooke il entraîne plusieurs équipes sportives, football, hockey, etc. Autres temps, autres mœurs : Il doit compléter ses études pour avoir le droit de continuer à entraîner des équipes sportives dans le milieu éducatif québécois. À Sherbrooke, il suit certains cours donnés par un de ses anciens joueurs, Jean-Pierre Cuerrier.  Il complète ses études à l’Université d’Ottawa où il insiste pour passer ses examens en français même s’il a le droit de les faire en anglais. Il m’a dit que ses notes en souffraient, mais qu’il n’était pas question de faire autrement, suite logique, car au Collège il insistait pour qu’on s’adresse à lui en français.

Lorsqu’il était à Ottawa, Il a dirigé un club de hockey pour jeunes. Il a eu maille à partir avec certains parents, car Tony donnait du temps de glace à chacun, avait une discipline stricte qui visait l’esprit d’équipe et non le vedettariat. À son retour à Montréal vers 1980, ses papiers officiels n’ouvrant pas toutes les portes, il était, à ses heures, peintre en bâtiment. Il a participé en 1982 à la mise sur pied de l’équipe de football Georges Vanier de Montréal avec l’aide de Luc Laurent un ancien des Kodiaks qu’il appelait affectueusement Kid. Puis il a laissé sa marque à titre d’éducateur au Centre de Jeunesse Shawbridge de 1985 à 1995, date où il a pris sa retraite. Son nom demeure gravé dans la mémoire de beaucoup de jeunes qu’il a aidés tout comme celui de ses confrères messieurs Sheldon Segal et Michel Métayer et bien entendu celui de Betty Davis sa compagne qui est décédée depuis et qu’on surnommait « The Mum of all the Kids ». Il a touché à tout, mais son cœur était à l’enseignement, à la transmission du savoir et il me disait toujours : « Ce qui est intéressant dans la vie c’est que je suis en apprentissage permanent. »

Je peux témoigner qu’il a changé avec le temps. Il était devenu presqu’un ascète où sa seule boisson était de l’eau chaude, où l’entraînement quotidien consistait à gravir les marches de sa Tour de (17) étages à répétition à pied et à faire de la méditation plus de quatre heures par jour. Il s’en voulait même de nous avoir fait tant souffrir lors de nos pratiques de football. Cela m’amène à l’essentiel : ces pratiques de football qu’il rendait plus difficiles que les parties et où il était impitoyable, où nous avons tant appris sur nous-mêmes. Sa philosophie se résumait à ceci, quand l’autre équipe sera épuisée, nous on commencera à peine à l’être. IL nous parlait constamment de fierté, il a même créé un « pride room » pour méditer avant nos parties. Le dénominateur commun à ses actions est l’amour qu’il portait à ses joueurs.  Il a toujours cru que la façon la plus efficace d’aider quelqu’un à traverser une épreuve était de lui dire qu’on l’aime.

Tony était de façon naturelle un bon enseignant et un bon pédagogue. Il a su garnir notre coffre d’outils. Il a eu dans ses rangs des Serge Bouchard, Claude Mailhot, Gilles Duceppe, Pierre Plouffe, Marc Simard, tous des champions à leur manière. Et combien d’autres comme moi Marcel Desroches qui ai utilisé ses enseignements tout au long de ma vie.


 

Comme je connaissais bien l’homme, on m’a suggéré d‘écrire un texte à sa mémoire. Je ne suis pas écrivain et pendant que j’étais à « moucher »  mes pieux de cèdres, voici comment ce texte est venu à moi.

Tout comme les Anciens, Tony avait l’œil. Il savait qu’on était fait de bon bois. Il devinait nos forces et aussi nos faiblesses. Il élaguait l’arbre, lisait la ligne du bois. Il nous obligeait à pousser droit et à bien vieillir. Pareil au choix d’un bon et solide pieu de cèdre, pour être sûr qu’on ne brise pas quand on nous masse sur la tête, il a fallu « moucher » l’extrémité la plus large avec une « plane », à contre sens du piquet. Ainsi aucun coup de masse ne pouvait nous fendre ou nous faire éclater. Il nous a préparés à faire face avec dignité. Il a tout notre respect.

J’ai mouché mes pieux en pensant à lui. Ça sentait la bonne odeur de cèdre dans l’atelier et je dois dire que je mouchais aussi mon nez, car cela fait du bien de pleurer un ami.

Quand quelqu’un disparaît à tout jamais et que sa marque reste indélébile dans le cœur de ses proches, alors se révèle encore avec plus d’éclat la vraie valeur de l’homme. Tony n’était pas seulement notre Coach, il était notre Coach de vie.

Il m’aurait dit : « Continue de méditer » Ce que je ferai en essayant d’honorer ses enseignements. Je me souviendrai toujours de sa phrase culte bien dite en français, mais avec une petite tournure anglophone qui faisait son charme : « Donne tout mon amour à ta famille! »

Adieu Coach, adieu Tony et merci pour tout.

Marcel, Kodiak 77


Quelques rappels de la carrière professionnelle bien remplie de Tony :

Entraîneur de football, hockey, basketball, volleyball…

Éducateur au Centre de jeunesse Shawbridge (entre 1985 et 1995)

2007 Intronisé au Hall de la renommée de L’Université de Sherbrooke

Coach à vie des Kodiaks du Collège Mont-Saint-Louis

Homme intègre et lumineux pour Betty, Rose, John & Holly, Theresa, Jim, Alain, …

Marcel Desroches, promotion 1970 – 30 avril 2020

Merci à Yvan Bordeleau

L’AAMSL salue l’importante contribution de monsieur Yvan Bordeleau, promotion 1963, au renouveau du bulletin Nous les anciens.

Au cours des 12 dernières années, cet homme politique titulaire d’un doctorat en psychologie industrielle et organisationnelle, a veillé à la bonne marche de la publication du bulletin des anciens élèves du Mont-Saint-Louis. Au fil des années, il a consciencieusement piloté la sortie de nombreuses publications, toujours soucieux de maintenir le lien entre le MSL de la rue Sherbrooke et celui du boulevard Henri-Bourassa.

Si nous avons une belle histoire dont le point de départ se situe au centre-ville de Montréal, il fallait qu’un ancien, ayant profité de l’enseignement des frères des Écoles chrétiennes, nous rappelle ne pas l’oublier.

Lorsque je suis arrivée en poste en décembre 2010, je ne mesurais pas encore l’importance de l’héritage de ces 80 années d’enseignement des frères des Écoles chrétiennes au Mont-Saint-Louis. Yvan a su attirer mon attention et celle de nombreux autres anciens élèves sur l’importance de la reconnaissance de notre patrimoine.

Comme il l’exprime bien, au cours des dernières années, nous avons eu la chance de pouvoir compter sur la présence et l’ouverture d’esprit de directeurs généraux intéressés à cette histoire. Quant à Michel Hétu, promotion 1972, et Louis Nolin, promotion 2000 (fils de Pierre Claude Nolin, promotion 1970 et petit-fils de Jean-Claude Nolin, promotion 1944), ils ont, comme présidents de l’AAMSL, soutenu la publication et la diffusion de ce bulletin en contribuant ainsi à maintenir des liens entre les membres de notre communauté.

Cette amicale collaboration me manquera. Yvan Bordeleau nous laisse un précieux legs, un outil de communication d’une grande valeur. Merci!

Danièle Bélanger, promotion 1981

29 Janvier 2008, un jour mémorable pour moi…

Yvan Bordeleau, promotion 1963

Y Bordeleau

Quelques mois après le début de ma retraite, j’apprends que l’assemblée générale des membres de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis aura lieu quelques jours plus tard au Collège sur le boulevard Henri-Bourassa. Comme ancien du Mont-Saint-Louis de la rue Sherbrooke, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de passer devant le « nouveau » collège sans trop m’y identifier… mais, à tout hasard, je décide alors d’y assister par curiosité !  En entrant dans le collège, je suis surpris, avec une certaine émotion, de voir que ce hall fait place à de quelques vitrines mettant en évidence de nombreux souvenirs de « l’ancien » collège et de plusieurs anciens  du MSL. Je perçois alors que pour la direction, les responsables de l’Association des anciens et les professeurs, le Collège Mont-Saint-Louis a alors une histoire unique de plus de 125 ans.

Se tient ensuite l’assemblée générale qui fait alors état des rubriques et bilans habituels pour ensuite élire un nouvel exécutif. On m’invite alors à y participer et je décide d’accepter cette invitation probablement influencé par l’attachement que j’ai quelques heures auparavant pu observer entre le Mont-Saint-Louis du boulevard Henri-Bourassa et celui de la rue Sherbrooke. Au moment de la réunion des membres du conseil d’administration, c’est l’heure du partage des responsabilités entre les membres du nouvel exécutif. Je manifeste alors mon intérêt pour prendre en charge la publication de la revue des anciens du collège pour apprendre alors que, depuis quelques années, notre revue n’a pas été publiée. Je conviens à ce moment de revenir à la prochaine réunion avec une proposition plus précise.

Je propose donc de publier, trois fois par année, une revue sans prétention de huit pages mais de le faire de façon très régulière afin de rétablir le lien avec tous les anciens du Collège  que ce soit ceux de la rue Sherbrooke ou du boulevard Henri-Bourassa. Je favorise évidemment de concevoir cet outil de communication en mettant en évidence que c’est toujours la poursuite de l’histoire du même Mont-Saint-Louis qui s’est déroulée sur deux sites différents. Notre revue devait donc être le reflet de la vie des anciens MSL, représentatifs des deux phases de la vie de notre institution qui a débuté en 1888 et qui se poursuit maintenant depuis plus de  132 ans.

Depuis le début de cette aventure, nous avons effectivement publié, à trois reprises chaque année, sans interruption si ce n’est un seul écart (décembre 2019)  à cette politique pour des raisons hors de notre contrôle. C’est donc plus de 36 numéros de notre revue « Les anciens… » qui permis de maintenir le contact avec tous nos anciens collègues, de revitaliser notre réseau et de manifester notre fierté d’être des anciens du Mont-Saint-Louis. Nous y avons traité de l’âme et de l’histoire de notre Collège,  du succès de certains anciens, de nouvelles de la vie étudiante, des projets de développement, de la disparition inévitable de nos anciens collègues, etc. En plus de la publication de notre revue, signalons que les exécutifs successifs de l’Association des anciens du Mont-Saint-Louis ont misé simultanément sur diverses activités pour consolider l’esprit MSL et nous pensons ici à la nomination annuelle au Panthéon d’un ancien qui s’est particulièrement  illustré dans sa carrière et aux retrouvailles organisées en mai de chaque année. J’ajouterais également que j’ai eu le grand privilège d’avoir été à l’origine de ce projet qui fut accepté par la direction et d’avoir  pu investir beaucoup d’efforts dans la rédaction du livre publié à l’occasion du 125e anniversaire du Collège Mont-Saint-Louis. Ce fut un ouvrage de collaboration exceptionnel avec de nombreux anciens et membres du corps professoral du collège.

Après de long cheminement de 2007 à 2020, je pense que le moment est venu pour moi de passer le flambeau à une autre personne qui saura poursuivre la publication de notre revue afin de maintenir le lien avec tous les anciens, de les tenir informer concernant les nouvelles concernant les anciens et la vie du collège mais certainement aussi de faire évoluer la revue dans le cadre des développements technologiques importants et de l’essor des médias sociaux.

Bien modestement, je reconnais que, depuis 13 années, la publication de notre revue n’aurait pas été possible sans le soutien indéfectible de nombreuses personnes, notamment les directeurs André Lacroix et Sylvie Drolet, les présidents de notre Association Michel Hétu et Louis Nolin. Un grand merci également à celle avec qui j’ai eu le plaisir de travailler étroitement depuis près de 10 années, Danièle Bélanger, ainsi qu’à tous les anciens du collège qui y ont contribué à l’occasion en prenant la plume. Merci à tous et longue vie à « Nous les anciens… »

 

 

Message de François Trahan, promotion 1986

Le stratège boursier François Trahan a accepté la présidence d’honneur de la campagne majeure de financement. Ne pouvant assister au lancement de la campagne qui de tenait le 2 mai 2017, il a rédigé un très beau témoignage, démontrant son attachement au Mont-Saint-Louis et son appui à la Fondation du Collège.

Chers amis,

C’est avec beaucoup d’humilité que j’écris ce texte. Je le fais, car je crois fermement que le soutien des anciens peut jouer un rôle important dans l’avenir du Mont-Saint-Louis.

J’aurais évidemment aimé me joindre à vous pour le lancement de la campagne majeure de financement, mais malheureusement une obligation professionnelle me retient à Boston. Je sais toutefois, par Mme Rioux-Morency, que vous êtes bien entourés notamment, par la présence de Julie Payette.

Je n’aurais jamais imaginé, en quittant le Mont-Saint-Louis en 1986, que je serais un jour en mesure d’apporter mon appui au Collège. Rien dans mon parcours ne suggérait à l’époque que je serais en mesure de le faire.

À l’adolescence, c’est parfois difficile d’apprécier l’éducation que l’on reçoit. Personnellement, j’ai compris la qualité de l’enseignement que j’ai reçu au MSL et son influence sur mon cheminement professionnel, beaucoup plus tard dans la vie.

Je sais maintenant que mon parcours au Mont-Saint-Louis m’a fourni plusieurs outils qui me servent encore aujourd’hui. D’ailleurs, il y a deux éléments que je retiens plus partciulièrement de l’enseignement que j’ai reçu au Collège. D’abord, on m’appris à être organisé tout en restant indépendant. Deuxièmement, je retiens l’expérience sociale ou le développement social car le Collège favorisait et facilitait les liens d’amitié. À ce jour, mes meilleurs amis sont presque tous des anciens, dont plusieurs que j’ai rencontrés au camp des 48 heures.

Je me souviens aussi du mentorat de certains enseignants. Je remercie d’ailleurs M. Boileau et son complice, M. Lepage pour leurs précieux conseils.

Ceci m’amène à la philanthropie. J’ai appris une importante leçon de vie quand je me suis joint à l’entreprise Bear Stearns, en 2002. À l’époque, on devait, à titre d’associé, remettre 4% de notre rémunération à des fins philanthropiques. De prime abord, je trouvais la demande exigeante, MAIS, j’ai appris avec le temps qu’un geste charitable apporte beaucoup plus que toutes dépenses. Je l’ai appris « sur le tard », mais j’espère en faire cadeau à mes enfants et c’est avec cet esprit que j’ai répondu à l’appel de Mme Rioux-Morency et de l’Association des anciens.

J’espère sincèrement que mes enfants pourront eux aussi vivre l’expérience Mont-Saint-Louis un jour. La vie décidera si c’est réaliste.

D’ici là, je ferai mon petit bout de chemin pour contribuer à ce que le Collège soit là pour les générations futures. Je demande à tous les anciens de s’impliquer et de faire eux aussi leur petit bout de chemin pour aider cette merveilleuse cause.

Un gros merci à Lucienne Rioux-Morency et à vous tous réunis pour le lancement de la campagne de financement. En espérant vous croiser à la prochaine occasion.

Avec beaucoup d’humilité,

François Trahan

Yannick Nézet-Séguin, promotion 1992

Le Collège Mont-Saint-Louis a mené, en 130 ans d’existence, des milliers d’élèves vers la réussite et le dépassement de soi. C’est tout un honneur d’y avoir étudié !

Yannick Nézet-Séguin.jpg

À l’intérieur d’une éducation de haute qualité et à la fine pointe des changements sociétaux multiples, le Mont-Saint-Louis a su réserver une place au rêve. C’est l’éducation, très certainement, mais aussi le rêve, qui propulsent les jeunes vers la réalisation de leurs idéaux !

Pour ma part, 25 années de rêve se sont écoulées depuis l’étude du Vaisseau d’or de Nelligan, en passant par le Vaisseau fantôme de Wagner… durant lesquelles je suis chaque jour reconnaissant au Collège Mont-Saint-Louis et à mes professeurs formidables.

Félicitations et merci à tous !

Yannick Nézet-Séguin, C.C; O.M; D.H.C.

Music Director, The Philadelphia Orchestra

Music Director, The Metropolitan Opera of New York

Directeur artistique et Chef principal, Orchestre Métropolitain de Montréal

Honorary Conductor, Rotterdams Philharmonisch Orkest

Honorary Membre, Chamber Orchestra of Europe

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Olivier Marchand, promotion 1947

C’est à titre de poète que me voilà associé à cet événement Nelligan.  Ce qui n’est pas mince affaire, puis-je dire.  Mais le Mont-Saint-Louis, en 130 ans, n’est pas là pour s’en étonner.  Déjà, il avait accueilli Nelligan.  Pourquoi pas Olivier Marchand?  Pourtant, la vocation du collège était plutôt scientifique et commerciale, quand j’y suis entré, mais le gros bataillon de Frères était en mesure de ne rien négliger sur le plan de la culture générale.Olivier Marchand 2

La bibliothèque du collège était un lieu privilégié et les cours de littérature occupaient une place importante.   Donc, tout en maniant l’algèbre et les cornues, j’ai pu, rue Sherbrooke, donner libre cours à mes élans poétiques et la revue MSL était là pour diffuser mes écrits.

Et j’étais peut-être stimulé par les mânes d’Émile et autres grands esprits hantant les corridors du vieux collège.  Si bien, qu’en 2013, dans le bel ouvrage résumant les 125 ans d’histoire du MSL, j’eus droit à une place de choix, au détriment de Nelligan.  Mais, cinq ans après, l’équilibre est rétabli. Nelligan est célébré comme il se doit en tant qu’Ancien.

À mon arrivée au Mont-Saint-Louis, en 1940, le collège avait à peine plus de 50 ans mais, à mes yeux de 12 ans, il paraissait déjà bien vénérable.

Partout, des escaliers monumentaux aux marches creusées par les pas impatients de centaines de jeunes gens.

Les vieux murs avaient quelque chose de rassurant, prenant exemple, si l’on peut dire, sur nos maîtres si dévoués.

C’est là, rue Sherbrooke, au coeur d’un quartier qui n’a pas tellement changé que j’ai écoulé sept années.

Nelligan vécut comme moi dans ce quartier et j’ai été habité, comme lui, de phantasmes que les bons frères surent contenir en me faisant réfléchir par l’étude de la philosophie et des grandes oeuvres de la littérature mondiale.

Aujourd’hui, pour bien des raisons, je suis honoré de m’associer à ce moment de la vie d’une grande institution d’enseignement, en compagnie d’un grand poète que je salue bien bas…

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018

Hugo Bélanger, promotion 1990

En 1989, le Mont-Saint-Louis célébrait son 100e anniversaire. J’étais à l’époque en quatrième secondaire et j’ai eu la chance de participer au spectacle commémoratif. Ce fut pour moi un moment important dans ma vie. C’est lors de cette soirée que j’ai eu la piqûre définitive pour l’art vivant. J’ai décidé d’en faire mon métier. Parce qu’on ne quitte jamais complètement le MSL, j’ai décidé à ma sortie de l’école de théâtre de redonner ce que j’avais reçu en animant la troupe de théâtre du Collège pendant sept ans.

Hugo Bélanger 2

Ces sept années furent autant, sinon plus marquantes que mes années d’étudiant. J’ai eu à ce moment-là une nouvelle piqûre déterminante dans ma vie : j’ai découvert la mise en scène. Et plus encore, j’ai décidé de créer la troupe de théâtre étudiante que j’ai toujours rêvé d’avoir. Un endroit où tout le monde était inclus et accepté. Une véritable famille où le timide et le rejeté avaient autant leur place que l’extraverti et l’élève populaire. Une troupe où on s’amusait énormément, mais où on travaillait fort et où on ne se contentait pas que du minimum. Rigueur et plaisir étaient au cœur de cette troupe. Et un fort sentiment de fierté et d’appartenance habitait chacun des élèves à un point tel que les anciens de la troupe revenaient nous voir, et ce, même s’ils avaient quitté le Collège depuis plusieurs années. Ces sept années furent des années marquantes pour ces élèves autant que pour moi. Elles m’ont donné le goût de reproduire professionnellement la même expérience humaine et riche que j’avais vécue alors.

Ces années au MSL ont façonné l’artiste et le créateur que je suis devenu, mais, d’abord et avant tout, elles m’ont rendu un meilleur humain. Un de mes anciens élèves -l’un de mes plus « tannants »-  m’a écrit un jour « merci pour l’homme que je suis devenu ». Merci au Collège Mont-Saint-Louis pour les hommes et les femmes que nous sommes devenus.

Joyeux 130e anniversaire!

Hugo Bélanger

Metteur en scène depuis plus de 20 ans pour le théâtre, le cirque et l’opéra, Hugo Bélanger a créé des spectacles qui ont été acclamés autant sur nos plus grandes scènes telles que le Théâtre du Nouveau Monde, le Théâtre Jean-Duceppe et la salle Wilfrid Pelletier, que sur des scènes étrangères en Amérique, en Asie et au Moyen-Orient. Il fera en 2019 la mise en scène du premier spectacle permanent du Cirque du Soleil en Chine.

Texte publié dans le programme-souvenir du spectacle Nelligan de retour au MSL présenté le 8 novembre 2018